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Nous sommes tous, si nous ne le sommes pas déjà des malades somatiques, sous la menace de tous les cancers possibles, de toutes les maladies cardio-vasculaires, de tous les nouveaux virus et retro-virus possibles que l'évolution invente quand ce ne sont pas les laboratoires de recherche , et nous sommes tous si nous ne le sommes pas déjà des malades mentaux : la nouvelle mise à jour de la cinquième version du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, DSM-5 ( Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) porte le nombre des troubles mentaux à plus de 400, ce qui s'avère une bénédiction à la fois pour les laboratoires pharmaceutiques qui auront la possibilité d'inventer toute sorte de nouvelles molécules qu'ils pourront chèrement vendre et en même temps pour tous les citoyens qui comme aux USA dépendent des assurances médicales qui ne veulent bien rembourser un trouble mental que dans la mesure où il figure dans le DSM, au contraire de la France.

la principale critique qui est faite au nouveau manuel est l'augmentation du nombre de diagnostics et l'abaissement de certains seuils qui pourraient entraîner des surdiagnostics et des surtraitements, alors que déjà une proportion importante d'enfants se voit prescrire des médicaments psychotropes et que près de 10% des adultes, chaque année, se font prescrire des antidépresseurs.

Dans le nouveau manuel "les termes autisme et syndrome d'Asperger disparaissent. Les troubles qu'ils désignent sont désormais regroupés sous une seule appellation de trouble du spectre autistique qui inclut aussi les diagnostics actuels de trouble désintégratif de l'enfance et de trouble envahissant du développement non spécifié."

http://www.psychomedia.qc.ca/autisme/2012-12-04/dsm-5-syndrome-d-asperger-trouble-du-spectre-autistique

Les nouveaux diagnostics seraient ceux d'hyperphagie boulimique ("Binge eating disorder") et de trouble d'accumulation compulsive ("hoarding"). Les traductions qui seront adoptées restent à voir.

http://www.psychomedia.qc.ca/sante-mentale/2013-01-30/trouble-accumulation-compulsive-dsm-5

Une nouvelle organisation des diagnostics est proposée pour cette nouvelle édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, le DSM-5 , publié par l'American Psychiatric Association (APA) et utilisé internationalement,

La nouvelle organisation des catégories de diagnostics (chapitres) proposée est la suivante:

Troubles neurologiques du développement
Troubles du spectre de la schizophrénie et autres troubles psychotiques
Troubles bipolaire et connexes
Troubles dépressifs
Troubles anxieux
Troubles obsessionnel-compulsif et connexes
Troubles liés au traumatisme et aux stresseurs
Troubles dissociatifs
Troubles de symptôme somatique
Troubles des conduites alimentaires
Troubles de l'élimination
Troubles du sommeil-veille
Dysfonctionnements sexuels
Dysphorie liée au genre
Troubles perturbateurs du contrôle des impulsions et des conduites
Troubles d'abus de substance et d'addictions
Troubles neurocognitifs
Troubles de la personnalité
Paraphilies
Autres troubles ( magnifique entrée qui laisse la porte ouverte à ce que nous soyons tous des malades mentaux, par exemple chez moi le trouble de l'hyperactivité pendant le sommeil et celui de l' hyperméfiance à tout ce qui approche de près ou de loin les religions monothéistes, particulièrement la dernière en date, notez ma prudence existentielle qui correspond à un trouble profond lié à l'anxiété d'exploser à cause d'une bombe placée sous mon lit, ce qui me force à me lever au moins 2 fois chaque nuit, à moins que ce ne soit mon envie d'uriner, adénome de la prostate oblige) ?!)

http://www.psychomedia.qc.ca/dsm-5/2013-05-22/guide-psychomedia

Ci-dessous trois liens qui vous permettront de satisfaire votre curiosité scientifique et d'approfondir mes propos sommaires :

http://www.universcience.tv/video-dsm-5-la-bible-des-psychiatres--5746.html

http://www.franceculture.fr/emission-du-cote-de-chez-soi-demain-tous-fous-le-manuel-psychiatrique-americain-de-reference-dsm-5-e

http://societe.blogs.liberation.fr/laplumeetlebistouri/2013/05/dsm5-lentretien-int%C3%A9gral-avec-le-professeur-bruno-falissard.html

Voici quelques extraits de l'entretien de Bruno Falissard qui complètent son intervention vidéo citée plus haut dans le premier lien d'universscience.tv.

Peut-on parler de nouvelles maladies mentales, voire des évolutions sensibles ces 20 dernières années dans le paysage de la santé mentale?

Si l’on prend les grandes maladies, il y a peu de changements. La schizophrénie? C’est stable, peut-être d’ailleurs cela diminue-t-il un petit peu. L’hypothèse de cette baisse renvoie à une meilleure prise en charge des grossesses : meilleure protection contre les virus par des vaccinations, moins de traumatismes du cerveau lors de l’accouchement..

L’anorexie mentale: elle augmente, mais la surprise est que cela augmente beaucoup moins qu’on ne le dit: en écoutant les médias, ou en répondant aux familles, on aurait pu parler d’une explosion. En fait, c’est l’expression publique qui a explosé: les données épidémiologiques font état certes d’une augmentation, mais elle est limitée. L’anorexie n’est pas devenu la maladie du XXI° siècle.

(...)

Il n’empêche que l’on parle de plus en plus des enfants super agités?

Les USA nous ont renvoyé, là aussi, une situation particulière. Dans les congrès, dans les articles, la notion d’enfant « hyperactif » est devenue incontournable à partir des années 1980... Et ils ajoutaient: «En plus il y a un traitement qui marche très bien» et les prescriptions sont monté en flèche à partir des années 1980.

En France, on a répondu qu’un symptôme n’est pas une maladie... On a dit que diagnostiquer un enfant d’hyperactivité est réducteur, on oublie de regarder le contexte et la trajectoire de vie du patient. Néanmoins, il faut être honnête, le traitement médicamenteux peut être très efficace, c’est même parfois très impressionnant. .

Du coup, la machine s’est peut être emballée, aux USA, dans certains états 10% des garçons en fin d’école primaire sont sous Ritaline.

Et en France?

C’est dix fois moins en France.

Bref, tout cela concourt au risque de surdiagnostic.

A un moment donné, il faut bien trancher: à partir de quand y a-t-il un trouble, ou n’y en a-t-il pas? C’est compliqué: qu’est ce qui fait qu’il y a un trouble? En France, c’est lorsque quelqu’un sonne à la porte d’un médecin et vous dit «je souffre». Et cela, ce n’est pas le DSM qui décide, c’est le patient. Le problème de l’enfant, c’est qu’il ne vient pas, il est conduit par d’autres, ce sont les autres qui le trouvent malades.

Enfin, les addictions: le boum?

Non, c’est plutôt l’inverse. En France, nous constatons même une baisse, avec la forte diminution de la consommation d’alcool et de tabac, même si, à côté, il y a l’augmentation au cannabis, et que s’ouvre aussi la question des addictions comportementales, mais ce n’est pas tranché. Donc, une situation épidémiologique qui va plutôt dans le bon sens.

Pourtant, donc on évoque, avec les DSM 4 et maintenant 5, une inflation de diagnostic. Avec un risque: tout le comportement humain serait sous la menace d’un diagnostic psychiatrique?

Soyons prudents, ce n’est pas si caricatural que cela: dans le DSM 5, il devait y avoir, par exemple, l’addiction à l’internet, ils l’ont retiré pour éviter ces considérations complexes sur ce qui est normal et sur ce qui est pathologique. Et puis attention au faux débat: les maladies sont avant tout des concepts de médecin, pas toujours pertinentes pour le patient concerné. Un exemple: en ce moment, peut-être que j’ai une cellule du pancréas entrain de muter et de devenir cancéreuse. Mais voilà, je suis en pleine forme, par définition je ne suis donc pas malade, et cette cellule va peut-être disparaître sous l’action de mon système immunitaire. On peut bien me dire que j’ai une maladie, mais cela reste une pure construction bio médicale

Dans le DSM5, le seuil pathologique était avant de 3 mois, maintenant de 15 jours. A quoi cela rime?

A rien. Certains disent que toute souffrance ne doit pas être médicalisée : dans la vie il est normal d’être malheureux, voire de souffrir, par exemple après un deuil ou une rupture sentimentale. Ce serait même un élément essentiel de la vie humaine. D’autres font remarquer que certains sujets endeuillés souffrent terriblement et que, s’ils le souhaitent, il n’y a pas de raison de leur refuser un traitement pour les soulager.

(...)

Le diagnostic, n’est-ce la fin du sujet?

Je l’entends beaucoup de la part de mes collègues : une fois que l’étiquette est posée, on oublie la personne qui est derrière. En fait on observe peut être en ce moment le contraire, et curieusement c’est la génétique qui a été le déclencheur. Maintenant, avec les puces à ADN, on est capable de préciser finement les caractéristiques des maladies. Si j’ai un cancer du colon je serai peut être le seul à avoir précisément cette forme de cancer. On parle de médecine personnalisée. Les conséquences vont être très importantes. Un collègue économiste, Claude Lepen dit à ce propos qu’ «en ce moment, on observe un échec de la moyenne», avec la médecine personnalisée.

Qu’est-ce que cela veut dire?

Nous avons été trop loin dans la médecine, basée sur les preuves. Cette médecine reposant sur des études statistiques, elle concerne en fait un patient moyen. La médecine basée sur des preuves a permis de rationaliser les prises en charges, mais on a conditionné les médecins à penser que derrière leur patient il y avait un cas d’école, un patient moyen. En santé mentale, c’est encore plus lourd, et encore plus en pédopsychiatrie où il y a toute une famille que l’on accueille généralement en consultation. Et la notion de « famille moyenne » est quasiment vide de sens.

En fait, pour dire les choses simplement, le patient moyen n’existe pas. La moyenne, permet de simplifier les problèmes, ce qui peut être utile voire nécessaire, mais en face de vous, vous n’avez jamais de patient moyen.

Vous craignez l’arrivée de ce DSM5?

Pourquoi avoir peur ? C’est vrai que pour être publié dans de grandes revues internationales, il faut passer par le DSM-5, mais c’est plutôt le bon coté, au moins on parle tous de la même chose même si c’est réducteur.

(...)

L’épidémiologie vous a-t-il appris quelque chose?

Elle nous aide, elle permet de mettre à plat les problèmes avec une certaine neutralité. même si ce n’est pas toujours spectaculaire. Elle nous interroge, en tout cas. Par exemple, il y a dix fois plus de filles anorexiques que de garçons, pourquoi? Il y a deux fois plus de femmes déprimées que d’hommes, c’est aussi une question. Le fait qu’il y ait un tout petit peu plus d’hommes schizophrènes que de femmes, pourquoi? Le fait, par exemple, que les patients schizophrènes, ne sont pas nés de façon égale durant l’année, comment l’expliquer?

(Recueilli par Eric Favereau)

Bonnes questions n'est-ce pas ? Plus intéressantes que celles du sexe des anges, ou de la virginité des "houris aux grands yeux" du paradis musulman qui sont des femmes anges promises aux croyants dont ne sait pas si elles sont aussi promises aux hommes mariés et dans ce cas quel sera le statut de leur épouse, non vierge ?

Nous serons tous, si nous ne le sommes pas déjà, des malades mentaux
Nous serons tous, si nous ne le sommes pas déjà, des malades mentaux
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Tag(s) : #Santé

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