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Comme chaque année depuis 11 ans France culture retransmet les cours de Michel Onfray sur sa contre-histoire de la philosophie. Michel Onfray en est arrivé aux philosophes du XX ème siècle. C'est l'occasion pour lui de s'en prendre aux tenants du freudisme et du marxisme, plus particulièrement du marxisme cette année. Il montre comment ce marxisme fonctionne comme une arme à double tranchant, très aiguisée pour pourfendre le libéralisme, très émoussée pour dire la vérité du communisme et plus particulièrement, notamment en ce qui concerne Sartre, la vérité du stalinisme. Nos plus grands philosophes n'en ressortent pas indemnes et c'est tant mieux ! Nous n'avons que faire de maîtres à penser qui nous dicteraient comment nous devons penser.

Par la même occasion en sortent grandis des philosophes comme Raymond Aron ou Albert Camus, non contaminés par cette lunette marxiste dont la particularité était de grossir les défauts des sociétés démocratiques liberales, bien entendu exécrables et d' atténuer les crimes des sociétés communistes où l'herbe poussait plus verte surtout pour le prolétariat. Comme sortent pour moi grandis les grands philosophes américains ( Je sais je suis impardonnable et plus encore incorrigible!) John Rawls et Francis Fukuyama pour qui la démocratie libérale est un système politique éminemment respectable pourvu que non seulement l'égalité des droits y règnent mais aussi l'équité et l'intervention d'un Etat en faveur des plus faibles, de telle sorte que eux aussi soient bénéficiaires de ce système. Banale réhabilitation d' un Etat Providence me direz-vous ! Plutôt que de penser à révolutionner le monde et à créer l'homme nouveau de ce monde parfait où l'herbe sera plus verte, tâche bien plus exaltante et qui a la bénédiction de nos coteries parisiennes politiquement bien-pensantes, bien carrées dans leur moelleux fauteuil de leur bien-pensance en sirotant un pur malt de 20 ans d'âge après avoir sniffé un rail de coke pour aiguiser leur bien-pensance à sens unique.

Voici le lien de ces conférences :

Mais cessons ces propos si peu estivaux. L'été est propice au farniente et à la lecture de gros pavés, c'est pourquoi je vous livre un nouvel épisode de mon modeste récit policier, dont voici les principaux personnages :

Nice city, une ville qui s'alanguit autour d'une baie, éventrée par une voie ferrée et une voie rapide qui ne réussissent pas la nuit à lui ôter toute sa séduction.

Blaise Pascal, dont les « Pensées » surplombent un grand nombre des personnages de ce récit.

Myriam, une rom en rupture avec sa communauté et la société qui s'est décidée à vivre avec Chaval qui l'a séduite par sa désespérance narquoise.

Chaval, médecin légiste abandonné par sa femme Marthe qu'il aimait à cause de sa profession de médecin légiste.

Bouchard, capitaine de police aspire à devenir le compagnon de Sarah Rouihi.

Sarah Rouihi, juge d'instruction très attirée par Bouchard mais perturbée par la tentative d'assassinat perpétrée contre elle par son ancienne compagne Marcia Nogueira.

Mohand Rouihi, ancien officier de l'armée Française vit seul depuis la mort de sa femme. Il est le réconfort de sa fille, Sarah.

Monsieur Avrahamsky, lit le passé et l'avenir dans les nombres, mort mystérieusement en apprenant la mort de son frère.

Madame Avrahamsky, son épouse aux requêtes de laquelle il ne pouvait résister.

Marie Toulouse, une jeune femme, dont la police finit par conclure qu'elle ne s'est pas suicidée mais qu'elle a été assassinée ainsi que d'autres jeunes femmes par un tueur en série.

Madame et monsieur Toulouse, parents de Marie et Mireille Toulouse.

Madame Espérandieu, la concierge qui apporte du réconfort à Marie Toulouse enceinte et abandonnée par son ami.

Le docteur Jean-Dominique Merveille, qui accepte de pratiquer une IVG sur Marie Toulouse. Un temps l'amant de celle-ci.

Gorf, un cracheur de feu, un temps soupçonné et arrêté pour le meurtre de Marie Toulouse.

Ulisse Del Valle, un peintre de la Renaissance, auteur notamment du chef d'œuvre qui représente l'intérieur de la bibliothèque de la tour de Babel à Babylone, qui possédait, affirmait Plotin de Carthage au VIème siècle de notre ère, la multitude des livres qui rassemblaient le savoir non seulement de l'époque mais de toutes les époques où grâce à son génie de la perspective il réussit à donner une image grandiose de ce que pourrait être l'infini.

Marcia Nogueira, croit avoir tué Sarah Rouihi, son ex-compagne et veut mourir. Elle croise la route de Marc Colondriand qui la «tue».

Marc Colondriand, pdg d'une entreprise d'informatique vit avec Claire Marfaly. Il est devenu par «ennui» un tueur en série.

Claire Marfaly, conseillère financière dans une agence bancaire, était la victime potentielle choisie par Marc Colondriand, responsable de la mort de Marie Toulouse et des meurtres d'Amanda Estébez, alias Alejandro Estébez, de Juliette Tancrédi une jeune serveuse d'un bar sur le port de Nice, ainsi que de celui de Marcia Nogueira.

Hèmery, capitaine de police sorte de Don Juan perpétuel est tombé sous le charme d' Esther Landin.

Esther Landin, alias Esther Karsky, vient de se séparer de Borme alias Pierre Karsky. Elle tente de « retenir » Hèmery.

Pierre Karsky, alias Borme professeur de lettres, spécialiste de Pascal vit à présent avec Hélène Santiago, ne peut s'empêcher de se sentir responsable de la mort de Marie Toulouse.

Hélène Santiago, professeure de sports, vit avec Borme, elle est une victime potentielle de Marc Colandriand qui a planifié son assassinat.

Gorbes, un ami de Borme a accepté d'aider sa femme, atteinte de myopathie à mourir.

Le juge Etienne Serbais, vit avec Bernard Danglois. Il est responsable de la rétrogradation des capitaines Bouchard et Hèmery au grade de lieutenant et d'une erreur judiciaire qui l'a profondément atteint.

Bernard Danglois, journaliste au quotidien Nice Soir, en charge des affaires de grande délinquance.

Le procureur Le Cairn, ami de Chaval, Hèmery et Bouchard a obtenu la réintégration dans leur grade de capitaine de Hèmery et Bouchard, première condition pour ensuite se suicider, la deuxième étant l'élucidation des meurtres mystérieux de jeunes femmes dont nous savons à présent qu'ils ont été commis par Marc Colandriand.

Mireille Toulouse, la sœur de Marie Toulouse, vient d' obtenir de Charles Trossimo le bras droit du chef du gang de «l'Atlandide » la possibilité de le quitter en l' aidant à s'évader.

Charles Trossimo, fiché au grand banditisme bras droit du chef du gang de « l' Atlantide » André Barcelmas

André Barcelmas, chef du gang de « l' Atlantide » ami d'enfance de Pierre Noglarimo

Pierre Noglarimo, inamovible maire de Nice city

André Lornois, le nouveau patron du quotidien NICE SOIR

***

Tu ne peux pas lui faire ça.

Elle ne pouvait pas lui faire ça.

Tu ne peux pas ! Tu ne peux pas !

Elle ne cessait de se le répéter pour arriver à enrayer ce désir qui grondait en elle, dont le grondement ne cessait de s'amplifier.

Tu ne peux pas ! Tu ne peux pas !

Pourquoi ? Pour aller où ?

Tout allait bien ! Elle était heureuse !

Chaval la tenait dans la paume de sa main. Elle s'y sentait à l'abri. Il la tenait dans la paume de sa main, de telle sorte qu'elle se sente protégée et libre. Libre de s'envoler. Libre de partir. Pour aller où ?

Tu ne peux pas lui faire ça ! Tu ne peux pas le quitter ! Si tu le laisses seul, c'en sera fini pour lui !

Tu ne peux pas le quitter ! Tu ne peux pas partir ! Pour aller où ? Si tu le laisses seul, c'en sera fini pour lui ! Il te tient dans la paume de sa main. Il te serre sans t'étouffer ! Il te serre mais en te laissant libre !

Elle ne pouvait pas lui faire ça !

Tu ne l'aimes pas ,donc !

Non ! Non ! Non ! Elle était sûre, elle l'aimait !

Donc, tu ne peux pas lui faire ça ! Tu ne peux pas ! Tu ne peux pas !

Tu es sûre que tu l'aimes ? Oui ! Oui ! Oui !

Elle se regardait dans le miroir le soir avant de s'allonger à ses côtés, de lover son corps contre le sien pour qu'il comprenne son désir de faire l'amour. Elle scrutait son visage pour y déceler l'ombre d'un doute, pour vérifier qu'elle l'aimait vraiment. Elle le vérifiait dans son regard assombri. Elle l'aimait ! Elle avait envie qu'il entre en elle, qu'il lui fasse l'amour avec cette douceur qui muait son corps en miel.

Donc tu ne peux pas lui faire ça ! Ça quoi ? Le quitter, partir ! Mais j'étouffe ! J'étouffe ici, avec lui, à mener cette vie !

Tu ne peux lui faire ça !

Elle ne pouvait pas, mais son désir d'ailleurs grondait en elle. Son désir de tout planter là !

Tout quoi ?

Cette vie là !

Tu ne peux pas ! Pour aller où ? Vers quelle autre vie ! Une autre vie d'errance, d'incertitude !

Comme avant lui, avec ce vide au cœur qui remontait dans sa gorge. Mais son désir grondait en elle. Depuis ce maudit matin où ce désir s'était levé en elle comme le soleil déjà vif au-dessus des collines.

Tu ne peux pas le quitter ! Tu n'en as pas le droit ! Tu es son dernier fil de vie !

Tu ne l'aimes pas donc !

Oui je l'aime ! Elle scrutait son visage ! Elle n'y trouvait pas l'ombre d'un doute ! Elle en avait la certitude. Il était son homme ! Elle l'aimait ! Parce qu'il savait la prendre dans la paume de sa main, parce qu'il savait la protéger, la rassurer, parce qu'il avait réussi jusque là à enfouir au plus profond d'elle, ce désir qui soudain avait resurgi, elle ne savait pourquoi, qui l'obsédait, qu'elle tentait de juguler sans y arriver, qu'elle ne connaissait que trop.

Pourquoi ? Pourquoi ?

Pour aller où ? Parce que tu es une rom ?

Oui parce que je suis une rom, la fille du vent ! Partir pour quel ailleurs ? Partir pour mener de nouveau cette vie là ! Quelle vie ?

Ta vie d'errance ! Ta vie d'autrefois ! A te vendre ! A faire la pute ! Pour donner raison à qui ? À ton salaud de père !

Tu n'es qu'une pute ! Pute ! Fous le camp !

Mario laisse-là ! Toi ferme-là ! Sale pute ! Sale pute ! Sale pute ! Et ne me regarde pas comme ça !

Elle recevait les coups qui la meurtrissaient mais sur le moment elle ne les sentaient pas !

Ce n'est qu'après, effondrée sur le sol d'où elle ne pouvait plus se relever de douleur qu'elle en sentirait la douleur paralysante qu'elle ressentait maintenant dans cette chambre.

Tu ne peux pas lui faire ça !

Tu ne dois pas partir ! Sa vie ne tient qu'au fil que tu as tendu entre lui et toi ! Il te doit sa vie. Tu en es comptable. Tu ne peux pas faire ça ! Tu es responsable de lui, de sa vie !

Elle essayait jour après jour de refréner ce désir qui serrait son cœur. Mais il était toujours là !

Elle scrutait son visage et elle y décelait l'amour qu'elle avait pour lui. Aucune pitié, de l'amour. Elle savait qu'il était son homme. Elle lui devait la fin de ses incertitudes. Il lui devait la vie. Si elle le quittait, elle coupait le fil de sa vie.

Mais son désir de partir était toujours plus fort ! Tu ne peux pas ! Tu ne peux pas !

Elle ne pouvait pas ! Pourquoi avait-elle en elle ce désir d'ailleurs, de partir qu'en même. Parce qu'il l'étouffait ? Non pas lui. Il la tenait dans la paume de sa main sans serrer de telle sorte qu'elle se sentait entièrement libre de s'envoler.

Elle ne désirait pas le quitter ! Elle désirait seulement partir !

Pars avec lui ! Dis-lui ! Demande-lui !

Mais ce n'était pas ça ! Elle désirait partir pour aller ailleurs, pour une autre vie. Donc sans lui ! Sinon, ce serait la même vie, seulement dans un ailleurs illusoire qui serait le même qu'ici !

Elle avait saisi une lame de rasoir et elle se tailladait la cuisse. Elle regardait le sang qui coulait sur sa jambe. Mais son sang qui ruisselait de ses coupures n'emportait pas son désir !

Elle pressait ses coupures pour que le sang jaillisse plus fort !

Puis elle a une idée qui lui paraît évidente ! Comment se fait-il qu'elle n'y ait pas pensé plus tôt ?

Elle va vers la baignoire, ouvre en grand les robinets d'eau, règle la température avec le thermostat. Quand la baignoire a commencé à se remplir, elle s'y installe.

Elle se déchire les poignées avec la lame de rasoir. Le sang commence à rougir de plus en plus son bain. Juste avant de sombrer dans l'inconscience, elle songe qu'elle le quitte définitivement. Cela elle ne le voulait pas. Ce qu'elle désirait c'était simplement partir, pour revenir, oui c'est ça, partir pour revenir. Où est-il ? Il faut qu'il arrive. Elle s 'est trompée. Elle lui dira qu'elle s'est trompée. Cette idée évidente n'était pas ce qu'elle désirait au fond. Elle désirait simplement partir pour revenir. Chaval où es-tu ? Je me suis trompée, ce n'est pas cela que je voulais...

Voila c'est fini. Son corps a glissé sous la surface rougie de l'eau rouge.

***

Pour lire le récit dans sa continuité :

Non, l'herbe n'est pas plus verte ailleurs
Non, l'herbe n'est pas plus verte ailleurs
Non, l'herbe n'est pas plus verte ailleurs
Non, l'herbe n'est pas plus verte ailleurs
Tag(s) : #Nice city, #Philosophes

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