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Contribution au grand débat national : La nouvelle arme redoutable du citoyen contre l' Etat : les réseaux sociaux
Contribution au grand débat national : La nouvelle arme redoutable du citoyen contre l' Etat : les réseaux sociaux

Ce qui fait la force d’ une dictature c’est :

 

1) le cynisme du dictateur qui n’hésite pas à mentir, la fin ( son maintien au pouvoir sans partage) justifiant à ses yeux les moyens

2) l’ utilisation d’une violence sans limites contre les « ennemis » de l’intérieur à la solde de l’ étranger, avec des parodies de procès où l’accusé avoue ses crimes ou l' assassinat pur et simple dans une quelconque ambassade

3) Le contrôle de tous les médias

4) le contrôle de tous les corps intermédiaires, partis, syndicats, associations dont les dirigeants sont des séides, ce qui atomise le citoyen :

soit il est membre d’un de ces corps intermédiaires et lui fait allégeance

soit il se refuse à adhérer à un de ces corps et il se retrouve seul : son voisin d’ à côté partage-t-il ses convictions contre le régime, celui du dessous, celui du dessus ? Comment le savoir ? Il peut aller les voir et tenter de savoir ce qu’ils pensent, tâche longue et difficile qui l’ expose à une dénonciation, d’ autant plus que ceux-ci ne le soupçonneront-ils pas de les sonder pour les dénoncer et se faire allouer leur appartement plus grand par exemple…

c’est cette atomisation qui rend le citoyen impuissant.

Dans une démocratie ce sont ces corps intermédiaires, les syndicats, les partis politiques qui lui font connaître qu’il n’est pas seul à partager ses convictions, qui l’ appellent à manifester, à faire grève pour satisfaire ses revendications.

Les mouvements populaires des « printemps » arabes et le mouvement des gilets jaunes ont fait la démonstration que le citoyen dispose dorénavant d’ une nouvelle « arme » contre l’ État, les réseaux sociaux grâce auxquels il connaît qu’il n’est pas seul à partager ses convictions, grâce auxquels il peut décider de participer à telle ou telle action, par exemple occuper les ronds points pour faire entendre sa voix au gouvernement.

La découverte de cette arme puissante pousse notre citoyen à exiger le pouvoir, à vouloir une démocratie directe à rejeter tous les corps intermédiaires qui lui permettaient jusqu’ici de se faire entendre, à ne pas voir que cette démocratie directe n’est pas viable, qu’elle conduit au chaos, à la division de tous contre tous et à rejeter injustement la démocratie représentative en lui refusant un quelconque mérite, en ne voulant y voir que le système qui permet aux riches, à l’élite de les dominer, sans jamais se poser cette question de savoir pourquoi leurs droits sociaux n’ont cessé de progresser depuis qu’elle a été mise en place, sans reconnaître la grande force du citoyen dans ce système :

Voir mon traité politique dans ses parties qui démontrent cette force :

https://fr.scribd.com/document/191807375/Traite-politique-sur-la-difference-entre-democratie-et-totalitarisme

Je cite :

" Partie IV : la force des citoyens en démocratie :

« Loi n° 5) La peur du citoyen est le sentiment fondamental de tout gouvernement en démocratie.

Corollaire1) L'inaction est le mode de gouvernement en démocratie.

Corollaire2) La création de commission d'experts pour résoudre les problèmes son alibi.

Loi n°6) Cette peur est alimentée par les corps intermédiaires arc-boutés sur la défense des droits de leur mandants.

Commentaire: Les syndicats sont un bon exemple de ces corps intermédiaires. La France vieux pays de corporations donc de corporatismes est un terrain privilégié pour l'action de ces corps intermédiaires.

Loi n°7) L'opposition en démocratie s'oppose.

Corollaire1) Pour elle le gouvernement ne prend que des mesures néfastes. Il n'est pas question de lui reconnaître le moindre mérite.

Corollaire 2) Lorsque l'opposition gagne les élections et revient au pouvoir, elle commence donc par défaire tout ce qui a été fait par le précédent gouvernement.

Corollaire3) l'ancien gouvernement revenu dans l'opposition s'oppose au nouveau gouvernement.

Corollaire 4) Pour elle ce nouveau gouvernement ne prend que des mesures néfastes. Il n'est pas question de lui reconnaître le moindre mérite.

Commentaire: ce jeu de massacre systématique explique l'alternance gauche/droite.


Partie V : Du mécontentement généralisé en démocratie

Loi n° 8) En démocratie le citoyen ne peut être que désenchanté de la politique.

Commentaire: D'autant qu' au jeu de massacre présenté avec la loi n°7 et ses quatre corollaires deux théorèmes viennent aggraver ce désenchantement:

Théorème1: A l'épreuve du pouvoir le nouvel élu se voit rapidement contraint au renoncement des promesses irréalistes faites aux électeurs.

Théorème2: Tenir ses promesses si celles-ci étaient mesurées ne sert en rien au nouvel élu.

Commentaire du théorème 1: Comme les promesses de campagne étaient irréalistes en essayant de les tenir, le nouvel élu conduit son pays au bord du gouffre comme en France en 1981, ce qui entraîne une désapprobation massive de son action gouvernementale puisqu'il est obligé de renoncer à celles qui n'ont pas été mises en œuvre, d' amputer celles déjà mises en œuvre ou pire de les annuler. D'où l'inaction d'un gouvernement qui a perdu toute crédibilité voir le corollaire1) de la loi n°5.

Commentaire du théorème 2: Soit ses promesses étaient mesurées, par exemple une augmentation du salaire minimum de 1% ( ou 2 % pour François hollande) qu'il réalise, mais qui déçoit tous ceux qui ont voté pour lui parce qu'ils avaient bien compris qu'il y aurait une augmentation du salaire minimum et n'avaient pas voulu entendre qu'elle serait limitée parce que l'une des raisons essentielles qui a conduit cette majorité de citoyens à voter pour lui est que littéralement elle a pris ses désirs de jours meilleurs pour une réalité. donc qu' elle espérait au minimum du minimum une augmentation de 20 %. de ce salaire.

C.Q.F.D.

Corollaire1) D'où le recours à la manifestation de rue.

Corollaire 2) Le recours à la manifestation de rue est donc une remise en cause du suffrage universel.

Corollaire3) Tout gouvernement qui cède à la manifestation de rue, à la fois se maintient au pouvoir, se discrédite, et accélère le mépris du citoyen pour le fonctionnement de la démocratie.

Corollaire4) le suffrage universel est dévalorisé.

Corollaire5) Aux élections le parti des abstentionnistes ne cessent de gagner des voix.

Axiome 4) La déception est le fondement de la démocratie.

Commentaire: Que l'on se souvienne du fameux slogan «élections piège à cons».

Théorème N ° 1 : En démocratie les partis politiques ne divisent pas mais ils unissent les citoyens en plus ou moins grandes familles politiques que l'on peut regrouper en deux :

1) la famille de gauche, autrement dit les réformistes, les partisans du mouvement, qui réunit les citoyens qui pensent que la situation actuelle n'est pas satisfaisante et qu'il faut l'améliorer, voire la transformer et même la révolutionner.

2) La famille de droite , autrement dit les conservateurs, les partisans de l'ordre établi qui réunit les citoyens qui pensent que la situation actuelle est acceptable et qu'elle ne peut être ni améliorée si ce n'est à la marge, ni transformée , encore moins révolutionnée.

C.Q.F.D.

Commentaire: Si nous sommes devant un pays qui a le génie de la division, ces deux grandes familles vont se diviser au moins en 6 partis:

1) Le parti de la gauche de la gauche qui désire la révolution. Exemple autrefois du PCF (Parti Communiste Français) en France.

2) Le parti de gauche qui désire de grandes réformes. Exemple du PS ( Parti Socialiste) en France.

3) Le parti de la droite de la gauche qui désire des réformes surtout sociétales et qui se veut le grand défenseur de la laïcité. Exemple du parti radical, aussi dénommé parti radical de gauche.

4) Le parti de la gauche de la droite qui désire des réformes surtout sociétales et qui se veut le défenseur du fédéralisme à l'intérieur comme à l'extérieur. Exemple le parti dit du centre sous différente dénomination y compris parti radical de droite.

5) Le parti de droite, conservateur et favorable au libéralisme économique, sous différentes dénominations où le mot central est celui non de parti mais d'union ou de rassemblement. Exemple de l'UMP.(Union pour un Mouvement Populaire) qui a succédé au RPR (Rassemblement Pour la République).

6) le parti de la droite de la droite, qualifié d'extrême droite, nationaliste, chauvin si ce n'est ouvertement raciste. Exemple du Front national.

Loi n° 1: Les parti de la gauche de la gauche et de la droite de la droite, tant que les élections sont libres voir loi n°2 de l'axiome 1 ne peuvent accéder au pouvoir.

Commentaire: A chaque élection, leurs partisans sont donc déçus, ce qui rend corrobore l'axiome 4.

Théorème 1 : Si les partis de gauche gagnent les élections, il faut ajouter aux déçus des partis extrêmes les déçus des partis de droite.

Théorème 2: Si les partis de droite gagnent les élections, il faut ajouter aux déçus des partis extrêmes les déçus des partis de gauche.

Commentaire: A chaque élection, on a donc en démocratie, à peu de chose près, à quelques milliers de voix, au mieux à quelques dizaines de milliers de voix près, une moitié des citoyens déçus, ce qui corrobore l'axiome3, d'autant qu'il faut ajouter très vite les déçus des partis de gauche ou de droite du fait d'une action gouvernementale qui ne correspond pas aux espérances qu'ils avaient eu en votant pour les dits partis. Voir les lois n°15 et n°16 avec son corollaire et ses commentaires .

La déception est bien le fondement de la démocratie (axiome3) et les partis y contribuent fortement parce que pour s'assurer de leur direction puisqu'ils sont un tremplin pour accéder au pouvoir, des luttes féroces sont menées par leurs dirigeants pour en contrôler l'appareil. Ils démontrent par là-même que ce n'est pas l'avenir de leur pays qui est leur principale préoccupation mais le leur.

C.Q.F.D.

Scolie

Depuis 2017 la France a à sa tête un homme, Emmanuel Macron et un parti LREM (La République En Marche) qui ayant analysé le désenchantement des citoyens vis à vis de la démocratie représentative, des corps intermédiaires, plus particulièrement les partis politiques et les syndicats, compris ce rêve des citoyens d' un gouvernement réunissant les meilleurs quelque soit leur parti, se sont voulus différents en promettant une autre politique s’éloignant de la coupure droite gauche devenue obsolète et prônant « en même temps » une politique de droite et de gauche ainsi qu'une gouvernance moins verticale et plus horizontale.

Profitant de l’ état de grâce qui accompagne toute nouvelle élection, Emmanuel Macron s’ est hâté de mettre en place la réforme qu’il considérait comme celle qui lui permettrait de réaliser les autres réformes nécessaires au pays :

la réforme du marché du travail, de la formation professionnelle et de l’ assurance chômage

Derrière le voile de cet état de grâce et l' assurance qu'il appliquait le programme pour lequel il avait été élu, il n’ a pas vu monter en France une exaspération contre sa politique d’ autant que cette réforme s’est accompagnée d’une première mesure à caractère hautement symbolique et contre intuitive, la suppression d’une grande partie de l’ISF afin de rendre les investissements productifs attractifs pour mieux lutter contre le chômage de masse.

Exaspération aggravée par :

1) des médias hypercritiques plus soucieux de petites phrases que de présenter les informations dans leur contexte ou ne les présentant dans leur contexte qu’une fois annoncées dans leur brutalité première rendant leur présentation conceptualisée peu évidente du fait de la loi de Brandolini qui stipule que la quantité d' énergie pour réfuter une fausse nouvelle, dans notre cas cette première nouvelle sans son contexte, est dans un rapport de 1 à 10. Et comme le noyau dur de ces médias est formé par les chaînes d’ information en continu qui ont un effet de grossissement qui abouti à faire d’ une manifestation diffusée en direct de quelques citoyens mécontents comme un raz der marée du peuple tout entier, cette aggravation est renforcée.

2) les partis politiques de l’ extrême droite à l’ extrême gauche en passant par le centre eux aussi hypercritiques selon le principe du tous contre un en espérant une revanche sur leur défaite politique de 2017 jugée par eux notamment par Mélenchon comme illégitime sinon comme un vol

3) Les réseaux sociaux où du fait du discrédit des médias et des partis politiques, les seules informations recevables sont celles répandues par les internautes sans aucune garantie sur leur véracité avec un effet boule de neige sinon virale.

Le mouvement des gilets jaunes est le résultat de cette hypercritique sans fin de la politique d’ Emmanuel Macron et de cette nouvelle arme dont dispose le citoyen contre l’État avec son effet mouton de Panurge induit. Emmanuel Macron dont le succès reposait sur ce sentiment de ras le bol, de rejet d’une « élite » médiatique, politique et syndicale, qu’ il avait analysé et qui avait fait la promesse d’une gouvernance moins verticale et plus horizontale, mais qui dans un premier temps avait semblé s’en détourner a immédiatement réagi en octroyant

1) aux français disposant des revenus les plus bas une hausse de leur pouvoir d’ achat,

2) en remettant sine die les augmentations de fiscalité pour réduire nos émissions de carbone et

3) en convoquant tous les citoyens à un grand débat national assorti d’ un questionnaire de 35 questions les mettant à sa place et en les plaçant devant cette véritable quadrature de tout gouvernement:

augmenter les services publiques en baissant les impôts

tout en continuant les réformes de l’ assurance chômage, des retraites, de notre mode de vie trop carboné, d’un meilleur fonctionnement de notre démocratie, Sans oublier réduction de la dette publique;

Quadrature qu’il semble possible de résoudre aux yeux d’ un grand nombre de citoyens en faisant payer les riches (rétablissement l’ISF), en réduisant le train de vie de l ‘État, le nombre des parlementaires ce qui bien entendu ne résout qu’ à la marge cette quadrature puisque sur 1000 euros de dépense publiques,

la protection sociale ( retraites, assurance maladie, allocations familiales, chômage, aide au logement, RSA) représente 578 euros,

les dépenses sectorielles ( aides aux entreprises, pour les transport, pour la culture …) 143 euros,

les services publics régaliens ( police armée, justice) 60 euros,

l’ enseignement 96 euros,

la recherche 23 euros,

les administrations publiques 66 euros et la charge de la dette 37 euros.

En rappelant à ces mêmes français épris de justice fiscale, toujours prêts à augmenter les impôts sur les riches dont la définition est éminemment relative que « le niveau de vie des 20% des Français les plus pauvres est augmenté de près de 75% grâce à la redistribution. Leur revenu mensuel moyen passe de 560 euros à 960 euros sous l'effet de la redistribution » qui prouve que notre système fiscal a évolué vers toujours plus de justice si ce n'est d' équité.

 

Mais une fois, mobilisés contre grâce aux réseaux sociaux, la démocratie directe tant désirée devient un chaos sans un parti pour traduire politiquement et électoralement les demandes nombreuses et contradictoires des citoyens mobilisés.

Contribution au grand débat national : La nouvelle arme redoutable du citoyen contre l' Etat : les réseaux sociaux
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Tag(s) : #gilets jaunes,, #Démocratie, #Fiscalité, #Fracture sociétale, #Haine sociale, #Populisme

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