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Voici la huitième chronique de l'empire des Sombres. Les autres sont disponibles sur mon site si vous désirez les lire ou les relire. Elles sont toutes centrées sur un des grands thèmes classiques de la science-fiction, le monde après l'apocalypse nucléaire. Il s'agit dans cette huitième chronique de montrer entre autre l'impossibilité pour un homme dans un système totalitaire du genre de celui du Stalinisme si bien dénoncé par G. Orwel dans  "1984", de s'unir à d'autres pour s'opposer à l'oppression dont il/s est/sont victime/s, réduits qu'ils sont à l'état d'atome ou de monade séparée par la méfiance et la suspicion qui sont les fondements du totalitarisme.

 

 

Chroniques de l' empire des Sombres : Le guetteur du commencement de la fin

 

 

 

L'auteur profite du gouffre de la nuit

 

Qui a englouti toute vie

 

Pour rédiger cette chronique

 

D'évènements qu'ils remarquent depuis plusieurs semaines

 

 

Qui lui paraissent les signes d'une pente sur laquelle glisse notre monde

 

Sans que pour le moment il soit en mesure d'en dire plus

 

Parce qu'il y a un interdit dans l'empire des Sombres

 

C'est celui de l'évocation d'une fin possible de l'empire sinon probable

 

 

Les derniers adeptes de la secte de l'apocalyse-maintenant

 

Ont été jugés et éxecutés il y a plusieurs lustres

 

Comme les chroniques nous le rappellent

 

Pourtant il semble à l'auteur que puisque l'empire a eu un commencement

 

 

Il aura une fin comme a eu une fin la civilisation des machines arborescentes

 

Certes celle-ci a été justement caractérisée par la démesure

 

Et la place insensée laissée aux machines surtout aux machines arborescentes

 

Capables de se perfectionner elles-mêmes

 

 

Mais il semble évident que le responsable de la catastrophe qui a englouti celle-ci

 

Ce ne sont pas ces machines arborescentes

 

Mais leurs initiateurs qui ne leur ont pas laissé le temps

 

De prendre en main son complet contrôle

 

 

En effet puisque ces machines étaient capables de se perfectionner

 

Elles auraient mis au point les dispositifs empêchant le dérèglement du système

 

Notamment celui de l'utilisation de la physique nucléaire à des fins militaires

 

Et pourquoi pas comme dans notre civilisation à des fins civiles son interdiction

 

 

Ces propos sont hérétiques nous le savons bien

 

La vulgate met la destruction de cette civilisation qui a précédé l'empire

 

Au compte des machines

 

Et non des hommes

 

 

Pourtant si l'on parcourt un des textes retrouvés aujourd'hui interdit

 

Une étude sur l'origine des catastrophes

 

Nommées poétiquement dans la civilisation des machines arborescentes

 

Cygnes noirs

 

 

Il apparaît que l'homme malgré toutes les plus grandes précautions

 

Est incapable de les prévenir

 

Et qu'en plus il les aggrave le plus souvent

 

Par des décisions inappropriées

 

 

Ce long préambule est un moyen pour l'auteur

 

De signaler son embarras

 

Devant les faits qu'il a pu observer et qu'il continue d'observer

 

Afin de le prémunir de toute accusation

 

 

Qui pourrait lui être signifiée de ne pas avoir immédiatement

 

Alerté les autorités de la contrée

 

D'autant que si ces faits continuent de se produire

 

Ils pourraient sonner le glas de la contrée

 

 

Et de proche en proche de tout l'Empire

 

Si aucune parade n'était trouvée

 

Comme elle a été trouvée en ce qui concerne

 

Les pulsations de la mer des cendres semble-t-il jusqu' à présent

 

 

Par la construction de ce gigantesque sytème de digues

 

Et de bassins de rétention

 

Qui sacrifie des contrées entières

 

Pour sauver l'essentiel de l'empire

 

 

Peut-être aussi nous ne pouvons l'exclure

 

Ces observations ne sont qu'une berlue

 

D'autant qu'il est pour le moment impossible à l'auteur

 

D'essayer de savoir si d'autres citoyens ont remarqué les mêmes phénomènes

 

 

Pour ne pas s'attirer le soupçon d'être un hérétique

 

Les autorités de l'empire se montrant particulièrement strictes

 

Toute condamnation pour ce motif d'hérésie

 

Aboutissant à la peine de mort

 

 

Une seule accusation suffisant à cette condamnation

 

Fusse-t-elle portée par un citoyen malintentionné

 

Sans obligation pour lui de fournir la moindre preuve de celle-ci

 

Tandis que l'accusé fusse-t-il le plus innocent

 

 

Est dans l'obligation de fournir non pas une preuve

 

Jugée insuffisante

 

Mais un faisceau de preuves

 

Pour démontrer son innocence

 

 

Ce qui se révèle particulièrement difficile quand on est innocent

 

En effet où trouver des preuves que l'on a pas dit ce que l'on n'a pas dit

 

Tandis que l'on est accusé d'avoir dit ce que l'on n'a pas dit

 

Parce que l'on a dit que l'on a observé certains faits

 

 

Il est possible de trouver des témoins

 

Mais qui ne feront que témoigner que tel jour à telle heure

 

Vous n'avez pas dit

 

Ce que l'on vous accuse d'avoir dit tel autre jour à telle autre heure

 

 

Sans compter la malveillance de citoyens qui s'empressent de reconnaître

 

Que oui tout compte fait

 

Ce jour là à cette heure là il vous ont bien entendu dire

 

Ce que vous n'avez pas dit

 

 

Puisque c'est le meilleur moyen pour eux

 

D'éviter tout soupçon de complicité

 

De témoins à décharge ce qui pourraient être dangereux

 

- Vous ne cherchez pas par hasard à protéger ce citoyen

 

 

- Votre voisin parce que vous êtes son complice

 

Ils deviennent accusateurs

 

Ce qui dans l'empire est une preuve de grand civisme

 

Tant l'accusation a de valeur et est considérée comme un de ses fondements

 

 

 

C'est le premier qui accuse

 

Qui a toutes les chances

 

De remporter le procès

 

L'accusé ne peut éviter le pire que par une défense consistant à reconnaître

 

 

Qu'il est coupable mais pas de tout ce dont on l'accuse

 

D'une partie seulement

 

Toute l'habileté consistant à ne pas trop amenuiser son accusation

 

Mais suffisamment

 

 

Pour rendre sa défense crédible

 

Et sa condamnation bénigne

 

Les autorités de l' Empire n'ayant rien moins de plus important que

 

De démontrer la rapidité de leur jugement et leur magnanimité

 

 

Donc aller voir son voisin

 

Pour lui dermander s'il a par hasard observé certains faits

 

Peut se révéler très dangereux

 

Et surtout si oui ce voisin a bien observé ces faits

 

 

Ne serais-je pas envoyé par le responsable du bloc

 

Pour tester sa fiabilité civique pensera-t-il

 

Afin d'être accusé d'hérésie

 

S'il révèle qu'en effet il a bien observé ces faits

 

 

Ne serais-je pas moi-même malintentionné

 

Ne serais-je pas uniquement préoccupé

 

De me dédouanner aux yeux du responsable de bloc

 

De quelque observation qu'il aurait faite

 

 

Dont il m'aurait signalée

 

Qu'elle risquerait de m'entraîner devant le tribunal de la contrée

 

Mais qu'il pourrait ne pas dénoncer

 

Dans la mesure où je me montrerai coopératif

 

 

Pour révéler l'incivisme de ce voisin

 

Mais en admettant que ce voisin me fît confiance

 

Et me révélât qu'il n'a rien observé de comparable à que j'ai observé

 

Ou cru observé

 

 

Comment pourrai-je être sûr de son affirmation

 

Et savoir qu'il ne la profère pas pour se couvrir

 

Comme évoqué précédemment

 

Ou bien

 

 

En admettant qu'il me fît confiance

 

Et qu'il me dise qu'effectivement il a observé les mêmes faits par moi observés

 

Pourrais-je à mon tour lui faire confiance

 

Comment saurais-je qu' à son tour

 

 

Il ne professe pas le faux pour savoir le vrai

 

Pour me pièger

 

Parce qu'il est sous la menace

 

D'une dénonciation aux autorités émanant du chef de bloc

 

 

A moins qu'il n'accepte de coopérer avec les autorités

 

Pour mettre à jour l'apparition d'une nouvelle secte

 

Dont ferait partie son voisin moi

 

Qu'il serait chargé de pièger

 

 

Si par aventure il ne professait pas le faux pour savoir le vrai

 

Si vraiment il avait observé des faits identiques à ceux par moi observés

 

En serais-je plus avancé

 

En serions-nous plus avancés

 

 

Que déciderions-nous

 

Ne serait-il pas mieux d'avoir un troisième avis

 

D'aller voir un commun voisin

 

Séparément ou ensemble

 

 

Ensemble cela ne risquerait-il pas d'éveiller sa méfiance

 

Et de le voir nier d'avoir constaté de tels faits

 

De penser au piège et de se précipiter chez le chef de bloc pour nous dénoncer

 

Et ainsi se mettre à l'abri

 

 

Mais séparément l'un après l'autre

 

Risquerait d'avoir un effet encore plus inquiétant pour lui

 

Et de le pousser à une dénonciation

 

Et ce d'autant plus qu'elle ne serait effectuée qu'à la deuxième visite

 

 

Pourquoi ne l'avez-vous pas entreprise cette démarche de dénonciation

 

Dès la première visite lui ferait remarquer le chef de bloc

 

Aviez-vous avez-vous quelque chose à cacher

 

Ou bien avez-vous fait preuve de cette légèreté trop commune à nos concitoyens

 

 

Qui attendent presque qu'il soit trop tard pour faire preuve de civisme

 

Ce qui finit par être très nuisible à l'empire et donc à tous

 

Mais admettons que notre voisin ne se comportent pas de la manière sus-nommée

 

Qu'ils confirment nos observations

 

 

Nous nous trouverions tout simplement trois à avoir vu les mêmes faits

 

Certes nous serions confortés dans nos supputations

 

Une menace inconnue péserait sur une partie de notre contrée

 

Nous serions devant le dilemme

 

 

Soit attendre que les faits observés prennent de l'ampleur

 

Au point que l'évidence d'une menace sur une partie de notre contrée s'imposât

 

Soit prédire la généralisation de cette menace à notre bourg notre contrée toute entière

 

Et pourquoi pas tout l'empire

 

 

Un fossé à franchir

 

Qui risquerait de compromettre comme fauteur d'angoisse

 

Tous ceux comme nous qui opteraient pour une menace générale

 

Probable si point certaine pour tout l'empire

 

 

Et de nous retrouver tous ensemble sous l'inculpation d'hérésie

 

D'être condamnés

 

Et de subir la crucifixion tête en bas

 

Peine terrible encourue par les hérésiarques

 

 

Toutes ces réflexions incitent l'auteur de cette chronique à gagner du temps

 

À laisser le temps au temps

 

Selon une phrase célèbre d'un cabaliste de la civilisation des machines arborescentes

 

Tout simplement à attendre

 

 

A continuer ses observations

 

Et si elles se confirment à laisser le cours des choses allait

 

Etant entendu selon la phrase célèbre

 

D'un talmudiste cette fois-ci de la civilisations des machines arborecentes

 

 

Que jamais le plat n'est resservi deux fois à qui suit les méandres d'un fleuve

 

Mais malgré tout à prendre toutes dispositions

 

Au cas où cette menace se généraliserait à toute la contrée

 

Pour fuir vers d'autres contrées d'autres cieux

 

 

En espérant que le processus enclenché finira par s'arrêter

 

Ou qu'une parade sera trouvée

 

Comme pour les pulsations de la mer des cendres

 

Quoique la fameuse théorie des cynes noirs

 

 

Démontre que trop souvent en croyant trouver une parade

 

Les hommes ne font qu'aggraver une situation

 

Que des machines saurait traiter

 

De la meilleure manière possible dans le meilleur des mondes possibles

 

 

Est-on sûr d'ailleurs qu'en ce qui concerne ces fameuses pulsations et leur remède

 

Nous n'avons pas aggravé le danger en croyant l'écarter

 

Qu'il n'y a pas un lien entre ce danger soi-disant endigué

 

Et les observations faites par l'auteur de ces propos

 

 

 

Qui a le sentiment qu'elles constituent une menace essentieille pour l'empire

 

Voire même pour l'humanité toute entière

 

Déjà très transformée par l'accroissement du nombre des hors normes

 

Au détriment des normaux

 

 

Et si ce monde a eu un commencement pourquoi n'aurait-il pas une fin

 

Et si notre humanité a eu un commencement pourquoi n'aurait-elle pas une fin

 

Dont l'auteur serait le premier à en discerner

 

Le commencement

 

 

Maintenant que la nuit a commencé à pencher vers le jour

 

Si ce même auteur s'extrait de la cave noire de son crâne

 

Quitte le rectangle scintillant de sa page pour celui de sa fenêtre qui flotte sur le mur

 

Et plonge à travers son brouillard de grains de lumière

 

 

Il peut voir ou entrevoir la pente du monde

 

L'encorbellement des barbelés des montagnes avec leurs miradors

 

Derrière la mer des cendres qui couve son feu mal éteint

 

Et au-delà le commencement du rien de la solitude

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

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