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Voici une photo du catalogue de la firme Allemande playmobile qui concerne les footballeurs.

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Vous constaterez que pour les allemands le footballeur français n'est pas blanc! Je crois qu'ils ne font que tirer cette conclusion d'une réalité réelle, à savoir que comme les USA la France est un saladier de salade niçoise qui incorpore différents ingrédients mais qui les conservent en l'état. D'où ce sentiment d'inquiétude que la France n'est plus la France pour un grand nombre de Français d'origine européenne qui accepte l'idée du melting pot qui est le fait pour des gens d’origines complètement différente, de vivre ensemble en essayant de faire disparaître leurs différences.  mais pas du saladier  qui insiste sur le caractère mutuellement complémentaire de ses différentes communautés ethniques qui conservent leur identité culturelle en même temps qu'elles s'insèrent dans la mosaïque sociale, leur dessein n'étant pas de s'assimiler à la norme française. 


Pour nous remettre de cette découverte bouleversirenversante que le Français moyen n'est plus ce qu'il était, je reviens à nos inspecteurs ( Je ne peux me résoudre à leur donner leur vrai grade de lieutenant, car cela ne sonne pas à mes oreilles, police mais armée) - nos inspecteurs, dis-je, Bouchard et Hèmery dans la poursuite de leur enquête sur le décès de cette jeune professeure dont nous ne savons pas si elle s'est suicidée ou si elle a été assassinée. Précédemment Bouchard et Hèmery ont interrogé Karsky que nous n' arrivons pas à ne pas appeler Borme.

 

Après la sortie de Borme, Bouchard et Hèmery entreprirent d'interroger les élèves de Marie Toulouse. Ils tenaient à se faire une idée précise de la professeure qu'elle avait été. Ils espéraient ainsi mieux cerner sa personnalité et comprendre les motifs de ce qui leur apparaissaient de plus en plus non comme un suicide mais un crime, même s'ils n'avaient pas encore les constatations des experts de la police scientifique.

 

Au début, ses élèves avaient été déconcertés. Ils avaient jugé son cours trop ardu, donc ennuyeux. Ses exigences trop hautes. Ils l'avaient isolée dans un bavardage continu. Puis, elle leur avait dit sa déconvenue de leur réaction alors qu'elle se faisait une joie d'être enfin face à eux. Elle avait pris la décision de démissionner. Des larmes glissaient sur ses joues. Elle avait saisi ses affaires et avait quitté la classe. Ils avaient été bouleversés. Ils avaient couru après elle. Il ne la trouvait pas. L'inquiétude les avait envahis. Sa deux CV était toujours garée sur le parking.

Ils l'avaient trouvée, accroupie dans un recoin du bâtiment des cuisines, les écouteurs de son baladeur sur les oreilles, le front sur les genoux. Ils ne savaient quelle attitude adopter. Ni que dire. Geneviève Dirac s' était approchée, lui avait effleurée les cheveux. Elle avait levé la tête. Elle pleurait encore. Elle avait pris sa main et avait essuyé ses larmes avec. Ils étaient revenus en classe au moment où la sonnerie retentissait. Elle ne pleurait plus. Ils étaient soulagés.

Son cours sans gagner en rigueur était devenu intéressant par sa liberté de ton et son imprévisibilité même. Il y avait eu des rechutes, où, de nouveau plus rien ne semblait aller entre elle et eux. Cela résultait toujours d'une maladresse de Marie Toulouse qui interprétait mal telle ou telle remarque ou attitude, se hérissait, devenait cinglante et blessante. Tout le monde était glacé, elle aussi. Elle se lançait alors dans des excuses qui confinaient à la haine de soi, à une rage d'autodestruction inextinguible.

- Comme si elle se haïssait...

- A ces moments, elle nous faisait peur.

- On ne savait comment faire pour l'aider...

- On ne pouvait que l'aimer un peu plus....

Ce «On ne pouvait que l'aimer un peu plus» avait frappé Bouchard et Hèmery. Ils avaient voulu avoir des précisions parce qu'ils avaient compris que les rapports entre Marie et ses élèves avaient pris un aspect qui dépassait la simple relation professeur à élève.

Ils confirmèrent que Marie était plus qu'un professeur pour eux. Ils étaient plus que des élèves pour elle. Ils allaient au cinéma, à la piscine, au théâtre...

Leurs souvenirs se bousculaient...

Le week-end, au printemps, ils firent des randonnées en montagne. L'air était bleu. Ils virent des marmottes. Elle avait un ami qui se sentait mal à l'aise avec eux. Il s'appelait Philippe Mérard. Il était en admiration devant elle, comme étonnée qu'elle fût avec lui. Il était sombre avec eux. Il n'était pas jaloux, affirmait-il, il l'aimait. Il était maladroit. Brusquement il avait voulu imposer à Marie de choisir entre lui et eux. L'eau des torrents était glaciale. Ils glissaient sur les blocs moussus. Il était jaloux en fait. Elle avait promis de choisir. Pour gagner du temps. Elle l'aimait moins. Ils avaient eu des scènes de plus en plus violentes. Les étoiles craquaient dans le ciel noir. Philippe ne savait comment faire. Il l'avait frappée. Il regardait son visage tuméfié sans comprendre. La lune se faufilait parmi les épicéas. Il s'enfuyait. Elle le défendait contre leurs accusations. Tout était noir. Le feu était éteint. Elle frissonnait. Ils étaient glacés. Sur l'autre versant, Philippe criait. Il y avait du doute partout. L'herbe était coupante. Ils l'aimaient. Après une ultime scène où Philippe, dans son amour amer avait démoli sa 2 CV, ils avaient cessé de vivre ensemble. Philippe avait fait réparer sa voiture sans chercher à la revoir. Toute cette période avait été très sombre pour Marie. Il y avait toujours l'un d'entre eux qui dormait chez elle. Elle ne supportait pas de rester seule. Ils sentaient qu'elle vacillait dans son désir de vivre. Les étoiles étaient des étincelles qui pouvaient à tout moment s'éteindre. Ils apercevaient Philippe Mérard qui, le soir, se dissimulait dans une des entrées d'immeubles, de l'autre côté de la rue. Il devait y rester une partie de la nuit, aux aguets. Ils avaient tous le cœur gris. Elle s'était remise à fumer. Elle trempait ses cigarettes dans de la liqueur de cannabis. La vie battait mieux en elle, après. Ils s'inquiétaient de son pessimisme, de son autocritique exacerbée, de sa haine de soi. Ils étaient sensibles à l'intensité qu'elle mettait à vivre. Ils avaient peur de la constance avec laquelle revenait dans ses propos l'idée qu'elle n'en pouvait plus, que c'était trop dur. Ils appréciaient sa faculté d'être à l'écoute de chacun, sa disponibilité pour tous. Sa capacité à trouver et faire ce qu'on espérait d'elle, était acérée. Tout était possible. C'en était trop. Des parents avaient fini par trouver dangereux cette professeure qui tenait une si grande place dans leur vie. Ils étaient intervenus...

- Vous ne le saviez pas ?

- Non.

Ils étaient convaincus du lien entre cette intervention et le non renouvellement de son affectation au lycée. Le pire était que Marie, du jour au lendemain, les avait quittés. Sans explication. Ils ne lui en voulaient pas. Ils étaient tristes. Ce n'était pas une trahison. Ils étaient immensément tristes. Mais ils comprenaient.

Pendant l'été, Daniel Gibarre l'avait aperçue sur une plage, accompagnée de deux enfants. L'un d'eux, peut-être âgé de six ans, l'avait appelée maman. Jamais, elle n'avait mentionné l'existence de cet enfant.

- Oui, il avait bien entendu. Il s'en souvenait parfaitement, du fait de sa surprise.

Aujourd'hui, devant Bouchard et Hèmery il a un doute.

- Non, Marie ne l'avait pas vu. Il n'avait pas osé l'aborder.

Elle avait l'air bien. Heureuse.

Mais il avait perçu à de certains moments, une ombre fugitive sur son visage.

- Oui, comme si... la réalité présente n'était pas la réalité... mais un mirage … qui allait disparaître...

- Étrange, tu ne penses pas? Lui avait demandé Hèmery, dont la voix avait perdu sa raucité.

- Je ne sais pas... Oui quand même...

Gilberte Scrime, elle, l'avait rencontrée à la sortie d'un cinéma. Marie l'avait reconnue. Elle avait souri. Elle était accompagnée d'un homme qu'elle ne connaissait pas. Une quarantaine d'années. Un regard noir. Caverneux.

Elle avait revu cet inconnu quelques jours plus tard. Il présentait un numéro de cracheur de feu en zone piétonne. Il était interpellé par des policiers municipaux parce qu'il enfreignait l'arrêté qui interdisait cette activité. Il s'appelait Gorf avait-il précisé aux agents.

- Vous dites Gonfr ?

- Non, Gorf !

Il n'avait pas protesté. Il se contentait de sourire d'un air navré aux badauds qui exprimaient leur réprobation. Gilberte Scrime avait-elle aperçue dans la foule Marie? Non, mais elle ne l'avait pas cherchée.

C'est dans un restaurant avec ses parents et des amis, qu'Aline Benveniste avait revu Marie. Elle ne l'avait pas d'emblée reconnue dans un tailleur élégant et strict. Elle avait aussi changé de coiffure. A présent, ses cheveux longs, d'un blond cendré étaient organisés en deux torsades qui dégageaient son cou élancé.

- Bonjour, avait-elle dit d'une voix accueillante et distante à la fois.

Elle semblait travailler comme hôtesse de salle. Elle les avaient placés et avait pris leur commande.

Aline avait eu tout loisir de l'observer. A aucun moment, Marie n'avait délaissé son masque de bienveillance professionnelle. Elle savait être chaleureuse sans être familière. Lorsque monsieur Pouchou, l'associé de son père, qui avait un peu trop bu, s'était enhardi à lui lancer une remarque à sous-entendu, elle avait souri et l'avait esquivée avec un «malheureusement» aussi à sous-entendu. Monsieur Pouchou en avait été tout émoustillé au grand dam feint de madame Pouchou qui connaissait son mari. Autant qu'elle pouvait l'affirmer, Marie paraissait avoir pris son parti d'être ce qu'elle était ou ce que les autres voulaient qu'elle fût. Aline avait eu la sensation de la perdre une deuxième fois. Elle avait renversé son plat sur les genoux de monsieur Pouchou. Marie accourue, avait aidé celui-ci à réparer les dégâts. Il l'avait remerciée pour la douceur de ses mains. Elle avait plaqué sur son visage «son sourire numéro trois».

- A votre service, monsieur, avait-elle répondu avec cette voix accueillante et distante à la fois. Aline avait haï ce pauvre Pouchou tout rond, tout rubicond. Elle lui aurait volontiers mis du persil dans ses escalopes d'oreilles !

Lorsqu'ils furent enfin sur le point de partir, Marie s'était tournée vers elle.

- Au revoir, Aline avait-elle prononcé de sa vraie voix, sans ce «sourire numéro trois».

Aline, la gorge nouée, n'avait su que répondre.

C'était tout. Jusqu'à cette nouvelle...

 

Bouchard et Hèmery étaient satisfaits. Ils se retrouvaient avec au moins trois suspects potentiels, Borme dont ils n'étaient pas persuadés qu'il n'ait pas eu de rapports plus étroits avec Marie, Philippe Ménard son ex-petit ami et ce nouveau venu Gonfr.

- Gorf avait corrigé Hèmery, de nouveau avec sa voix rauque.

- Tu ne trouves pas Hèmery que cela sent son petit crime passionnel ? Avait demandé Bouchard.

- Va savoir avait dit Hèmery. Tu t'emballes toujours trop vite Bouchard. Souviens-toi de l'affaire Manurond...

- Ne m'en parle pas...

- Transformer un meurtre prémédité en crime passionnel faut le faire.

- Bon je l'ai fait. On va pas en faire un fromage...

- N'empêche. Et toi t'envoyer en l'air avec la première pute venue...

- Parle pas de Juliette comme ça...

- Et comment tu veux que j'en parle...

- Pas comme d'une pute. C'était une honnête ménagère. ..

- Qui faisait des attaques à main armée! Tu parles d'une honnête ménagère!

- C'est pas parce qu'elle a braqué un chauffeur de taxi...

- Pas qu'un chauffeur de taxi! Et le bijoutier de la rue Tancrède et le boulanger de la rue Alfort et le boucher du boulevard Michelet et le marchand de tabac de la cité des Merveilles... J'en passe et des meilleures et monsieur a fermé les yeux...

- Oui je sais, n'empêche, quand Abdallah lui a demandé de descendre parce qu'il ne croyait pas en ses menaces, elle a obtempéré sans insister, soulagée elle m'a déclaré.

- Et quand Abdallah en contrepartie, après le premier casse réussi de madame, a couché avec elle parce qu'il refusait qu'elle le rembourse autrement elle a pas dit non!

- Tu peux le comprendre, au moins lui, gironde comme elle est, Hèmery écarte les bras dans un geste qui laisse deviner qu'elle est un peu plus que gironde.

- C'est pas d'Abdallah que je te parle c'est de la grosse Bertha!

- Arrête elle enrageait de ce surnom des journalistes. «Ils pourraient au moins utiliser stéatopyge ou mieux callipyge!», elle me disait. «Mais puisque tu me jures que ce n'est pas toi !» Je lui disais. «Quand même !». Elle me disait.

- C'était pas une raison pour coucher avec elle et fermer les yeux sur les autres casses....

- Elle était trop bonne...

- Et toi trop con!

- Je dirais même plus, toi aussi!

Ils se tapent les mains en un geste de complicité en s'esclaffant:

- Et voilà comment de capitaine on se retrouve lieutenant!

 

continuer son chemin


 

 

 

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