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Nos obsessions ne sont pas nos obsessions mais tout simplement le mauvais fonctionnement de notre cerveau, cette machine bio-physico-chimique. Pour nous en débarrasser il n'y a qu'à prendre les molécules nécessaires fournies par nos philanthropiques firmes pharmaceutiques qui ont pour seul but de nous rendre la vie heureuse sans aucun sentiment de culpabilité.

C'est pourquoi nous Français nous sommes un des grands consommateurs de ces molécules, malheureux que nous sommes ou plutôt malheureux qu'est notre cerveau. Donc en relisant mon article précédent,  Nous sommes malheureux  et à partir de ce que Claudia Senik appelle "The French Unhappiness Puzzle" (Le casse-tête du malheur Français) et de ses causes où elle insiste sur les causes culturelles, nous pouvons rejeter ces explications psychiques et nous en tenir aux causes matérielles.

La cause de ce malheur français est le mauvais fonctionnement de notre cerveau et plutôt que de vouloir changer la société, le mieux est de soigner ces troubles de notre machine cérébrale. par toutes sortes de pillules allant du rouge au violet en passant par le bleu le vert le jaune etc...etc...

 

Après cette bonne première nouvelle de l' année 2013, je vous soumets un nouvel épisode de mon modeste petit récit policier. Dans l'épisode précédent nous avons vu Bouchard et Hèmery venirent à la rescousse du procureur Le Cairn. Voici la suite de ce sauvetage.

 

 

 

 

Quelques doubles cognacs, doubles Bourbons, bouteilles de vin rouge et de rhum plus tard, c'est-à-dire vers six heures du matin, les quatre protagonistes se retrouvent installés confortablement à la terrasse d'un petit estaminet face à la mer où le soleil étale ses premiers feux. Ils en sont plus raisonnablement aux doubles cafés et de ce fait tentent de faire le point sur l'affaire de la mort de Marie Toulouse qui les occupe.

- Messieurs dans cette affaire il n'y a que des coupables, déclare le procureur.

- Comment ça que des coupables ? Nous ne savons même pas s'il s'agit d'un meurtre ou d'un suicide, rétorque Bouchard.

- Peu importe vous dis-je, il n'y a que des coupables à commencer par moi!

- Par vous? S'étonne Hèmery.

- Oui j'ai beau faire, requérir le maximum de la peine pour les assassins, violeurs et autres et le plus souvent l'obtenir, cela ne change rien à l'état de notre société. Ces peines ne font plus peur, elles n'ont plus aucun effet prophylactique, elles ne découragent plus personne de passer à l'acte. Donc oui, je suis coupable dans cette affaire... comme vous d'ailleurs...

- Nous? Font en chœur Chaval, Hèmery et Bouchard.

- Oui, vous, en commençant par vous Chaval...

- Je me suis contenté d'essayer de découvrir les causes de son décès.

- C'est bien vous qui l'avait autopsiée, si je ne me trompe, donc c'est bien vous qui potentiellement avait causé sa mort définitive.

- Elle ne respirait plus au moment où j'ai commencé...

- C'est bien ce que je dis. Vous n'avez aucunement vérifié si elle était vraiment morte. Ne pas respirer n'est pas un symptôme de mort complète.

- A la réflexion, vous avez raison j'ai entièrement fait confiance aux rapports de police qui me signifiaient qu'il s'agissait d'une morte sans entrer dans de plus amples recherches...

- C'est bien ce que je disais: nous sommes responsables de sa mort , moi pour ne pas avoir dissuadé son ou ses assassins de la tuer, vous en ne vérifiant pas qu'elle était vraiment morte avant de commencer votre autopsie.

- Oui mais nous font Bouchard et Hèmery.

- Vous aussi vous êtes responsables. La police doit être solidaire de la Justice. Sans police pas de justice. Or de même que l'effet dissuasif de la peine prononcée n'existe plus, de même l'effet dissuasif, préventif de la police n'existe plus. Vous êtes responsables de cette mort dans la mesure où vous n'avez pu l'empêcher. Deux raisons, le taux d'élucidation des affaires de la police est trop bas, votre présence parmi la société insuffisante pour empêcher les assassins d'assassiner, les violeurs de violer, etc...etc...

- A ce compte là, tout le monde est coupable, le père de Marie, ses amants respectifs, toute la société... remarque Chaval

- Vous avez raison Chaval toute la société est coupable, pire criminelle. Vivre est criminogène parce que nous vivons pour nous sans nous préoccuper des autres. Nous sommes tous coupables...

- Autant dire que personne n'est coupable, rétorque Bouchard.

- C'est pourquoi vous devez me trouver un coupable émissaire, sinon tout le monde saura que tout le monde est innocent et s'il reste encore un peu de peur du gendarme le seul ciment d'une société viable, il disparaîtra et nous retomberons dans l'anarchie...

- Le règne des mafias vous voulez dire...

- En quelque sorte! Donc vous avez 72 heures pour me trouver un coupable...

- Même en cas de suicide demanda Chaval.

- Même en cas de suicide. On se suicide à cause de quelqu'un ou de quelque méfait que l'on a subi...Il n'y a pas d'autre occurrence...

- Si c'est un crime, cela nous facilitera la tâche, dit Bouchard.

- En effet, messieurs et je compte sur vous trois...

Le soleil était maintenant plus haut dans le ciel et sa lumière presque aveuglante. Les quatre hommes avaient mis leurs lunettes de soleil et après un dernier double café ils se quittèrent. Devant eux un cycliste fut heurté par une auto. Il chuta lourdement et resta immobile sur la chaussée. Bouchard crut entendre « Justice est faite» de la part de Le Cairn, mais Chaval n'était pas d'accord, il avait entendu « Justice mal faite», Hèmery, lui, « Police mal faite».

Le mieux était de rattraper le procureur et de lui demander. Ils le virent qui s'engouffrait dans un taxi et ne purent connaître le fin mot de ses propos.

 

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Tag(s) : #Nice city, #Science, #Santé

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