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Bon, je vous épargne les chiffres, les taux, les rangs, sachez que nous nous sentons plus malheureux que nous devrions en relation avec notre Produit interrieur brut par tête mais aussi notre IDH, indice de développent humain qui prend en compte la culture, la santé. Les chercheurs et notamment  Claudia Senik se perdent en conjectures : link , 

Parmi les explications de ce "Malheur Français ressenti"

1) the high rate of unemployment. ( Le taux élevé de chomage).

2) Algan and Cahuc (2007) have stressed the role of  the  vicious heavy state regulation - low trust - low  happiness nexus. ( Le rôle déficient d'un Etat trop lourd). 

3) A series of papers by the same authors has stressed the cultural dimension of trust and happiness -and the role of school- in cross-country comparisons. ( Le rôle de l'école, voir plus bas)

4) Other explanations based on culture and mentality have pointed to the possible role of  lost colonial grandeur (that France shares with Italy and Germany), anti-capitalist preferences (Saint Paul, 2010),  the conflict between egalitarian and aristocratic values exacerbated by the highly elitist school system (d’Iribarne, 1989), and the excess of hierarchy in the French society (Brulé and Veenhoven, 2011, Algan et al. 2012).

( Le rôle possible de notre grandeur coloniale déchue, nos préférences anti-capitalistes dans un monde où il triomphe, le conflit entre valeurs égalitaires et aristocratiques, exacerbé par un système scolaire élitiste où il est difficile d'avoir 20 sur 20, la note de Dieu, 19 sur 20, la note du professeur, 18 sur 20 parce que forcément il y a un plus grand écart entre un professeur et un élève et donc si la copie mérite 18 c'est qu'il y a tricherie, un élève ne peut au mieux avoir que 16 et encore.......) et l'excès des inégalités dans la société Française.

Que cela ne vous empêche pas de vivre et non de vous suicider. Là encore nous sommes en tête comme nous sommes en tête pour la consommation de calmants.

La vie en France en cette année 2012 a été un enfer, c'est pourquoi je vous souhaite une :

 

Bonne-annee_2013.jpg 

 

 

Et pour que vous la commenciez du mieux possible vous avez droit à un nouvel épisode de mon modeste petit récit policier. Dans l'épisode précédent vous avez pu prendre connaissance de l'échange d'informations sur Marie Toulouse entre sa soeur et Borme.

 

Il y a toujours ces voix qui tournent dans sa tête, celle de Marie Toulouse qui dit : «Je ne sais pas pourquoi.. j'ai cru que... ça pouvait marcher entre nous...», celle de Sélima Narandra qui dit : «I was Burning like some newspaper.. I was shouting...», celle de Carmen San Sulpicio qui dit : « Si me gusta mucho...» de una voz dulzona, llorosa, et en face, en contrebas, dans la vieille ville, un bar qui est encore ouvert. Sa vaste salle est éclairée d'une lumière jaune qui met en valeur le vert du tapis d'un billard qui en occupe la partie gauche, donne au zinc du long comptoir à droite une couleur cuivre flamboyante et fait du sol une grande flaque de rouge vermillon. Les buveurs, jusqu'ici épars, se sont soudain rassemblés et jetés sur l'un des leurs qui se trouvait au centre de la salle. Une mêlée confuse tangue de-ci de-là; des corps s'en détachent puis s'y emmêlent à nouveau, tandis que tables et chaises sont renversées et dressent leurs pattes crochues vers le plafond. Le groupe gesticulant approche de la porte d'entrée, brutalement ouverte. Un corps est projeté à travers la terrasse et s'affale sur la chaussée. Un chapeau suit. L'homme reste allongé face contre le pavé. Après un moment, il se relève péniblement, époussette ses vêtements, prend son chapeau auquel il redonne soigneusement forme et le pose sur sa tête. Il hésite, semble frissonner et d'un seul élan il plonge dans la lumière du bar. La stupeur doit être générale, puisque l'inconnu a le temps d'atteindre le comptoir et de s'y agripper. Les autres se précipitent sur lui et comme il se cramponne avec une énergie dont on ne l'aurait point cru capable, le barman frappe ses mains avec un seau à glace jusqu'à ce qu'il lâche prise et s'écroule sous la grêle de coups qui s'abat sur lui. Le patron sorte de grosse barrique rubiconde, le traîne dehors et le tenant par le col semble lui parler amicalement tout en lui administrant force gifles qui font rebondir la tête du malheureux de droite à gauche, avant de provoquer un signe d'approbation de sa part. Le patron, son discours terminé, enfonce le chapeau redevenu informe sur son crâne et d'une dernière bourrade propulse l'ivrogne sur la chaussée, où il titube et tangue comme une vieille barque au gré du flux et du reflux des flots d'alcool qui doivent noyer ses pensées.

Borme le perd de vue dans le labyrinthe des ruelles de la vieille ville. De loin en loin, il aperçoit sa silhouette ivre à la faveur d'un détour que lui impose son ivresse ou bien sa perception qu'il est dans une impasse qu'une sorte de dieu trompeur s'ingénie à dresser devant lui au dernier moment pour éprouver ses capacités d'orientation. Puis il disparaît. Soit il a échappé à son dieu noctambule et farceur, soit il a trouvé un autre établissement pour étancher sa soif inextinguible.

 

Bouchard et Hèmery arrivent en trombe dans la vieille ville. Hèmery gare leur voiture. Ils en descendent et à travers la Porte Fausse, gagnent la rue des Faux Saulnier où flotte une odeur de poissons, d'algues et d'ammoniac. Ils atteignent l'ancien lavoir, où ils trouvent enfin celui qu'il cherchait, le procureur Le Cairn qui tente de porter dignement son chapeau. Son élocution est hésitante, pâteuse. Un filet de sang coule de son nez qu'il tapote délicatement avec un mouchoir maculé.

- Bonchoir, dit-il.

- Bonsoir.

- C'est vous Bouchard ?

- Oui.

- Quelle heure peut-il être, demande-t-il en continuant de s'éponger le nez.

- Un peu plus de minuit.

- Fichtre! Comment m'avez-vous trouvé?

- Coup de téléphone du patron du Sandy's, répond Hèmery.

Comme souvent ces derniers temps, le procureur Le Cairn a trop bu et au Sandy's, il s'est mis soudain à insulter le patron et les occupants du bar, en les traitant de «pauvres cocus trompés par leurs salopes de femmes». Il avait dépassé cette limite alcoolique à partir de laquelle il se sentait invincible et capable de provoquer la terre entière et toute son humanité coupable. Le patron ne s'en était pas tout de suite aperçu et lui avait servi un double rhum qui avait abouti à l'esclandre. Il avait tenté de le raisonner puis comme il s'était aperçu qu'il n'y arrivait pas, il l'avait chassé manu militari de son bar et avait immédiatement téléphoné à Bouchard pour le prévenir comme lui et tous les autres patrons de bar de la vieille ville, fréquenté par le procureur en avait reçu l'ordre, afin d'éviter tout scandale.

- Vous restez avec moi, n'est-ce pas...

- Oui.

- Merci ...seulement pour quelques instants très brefs, je vous le promets.

Bouchard et Hèmery savent que ces «instants très brefs» risquent de s'éterniser, c'est pourquoi Hèmery propose d'appeler Chaval.

-Tu as raison. Appelle-le, dit Bouchard. Il lui évitera un coma érhylique au cas où. Dis lui de nous rejoindre à «La Salamandre».

Pendant qu'ils attendent Chaval, une fois de plus le procureur évoque sa jeunesse de «fils adultérin» d'un père gouverneur de plusieurs cercles territoriaux du temps de l'ancien empire colonial français, d'abord au Maroc puis au Tonkin, en A.E.F, en A.O.F. Bien entendu, grand chasseur devant «l'Éternel», de gazelles, d'antilopes, de buffles, d'éléphants, de tigres et par-dessus tout de femmes, qui avait connu Lyautey, Charles de Foucauld, Giap, Ho chi minh, Ben Bella. Á la différence de son père, marié quatre fois, ce qui ne l'avait pas empêché de multiplier les aventures extra-conjugales pour ne finalement n' avoir que ce fils conçu avec une caissière de «cinématographe», il avait juré de ne pas «convoler en justes noces», ce qui ne l'avait pas empêché d'avoir comme lui une foule de maîtresses «toutes aussi belles les unes que les autres.».

- Vous avez lu les «Jeunes filles» de Montherlant ? Quelle œuvre, n'est-ce pas ? Ce Costals, quel personnage!

- En effet.

- Ah ces bonnes femmes! Quelles créatures mesquines! Cependant quel merveilleux terrain de chasse pour nous les hommes !

- Vous avez raison acquiesce Hèmery en connaisseur.

De cette approbation naît un lyrisme où se mêlent «les yeux de biche» d'une telle, «les seins de marbre» d'une autre, les «fesses callipyges des négresses», «les cuisses souples des indochinoises», «la bouche voluptueuse» de la femme du général qui commandait telle ou telle région «le ventre profond» d' il ne sait plus qui, «la chevelure d'or» d'une de ses ultimes amies parmi tant et tant d'autres, avec leur odeur particulière, leur vice préféré, mais par-dessus tout «leur immense sentimentalisme niquedouille».

- Si encombrant. Ah ! La France était grande alors, avant l'arrivée du Grand Bradeur ! Vous voyez de qui je veux parler ?

- Je pense.

- Ce faux jeton que le mélange des races finit par créer dans un pays qui a perdu la notion du travail, de la famille et de la patrie !

Le Cairn s'interrompt, jette un regard circulaire, inquisiteur et reprend, mystérieux :

- Mais je n'en dis pas plus ! Vous comprenez pourquoi...

- En effet. Mais dites-moi, que vous est-il arrivé dans le bar, lui demande Bouchard pour le détourner de ses obsessions réactionnaires.

- Oh! J'ai amplement mérité la rossée qui m'a été infligée à cause de mon attitude déplorable !

- Mais encore ?

Le Cairn ne daigne en dire plus. Soudain, il se met à pleurer. Ils tentent de le consoler.

Chaval arrive.

- Nous sommes au complet messieurs, fait-il tout heureux d'avoir été tiré de chez lui par leur coup de téléphone.

L'arrivée du médecin légiste rassure semble-t-il le procureur.

- Excusez... un petit moment de faiblesse, fait Le Cairn en tendant une main tremblante à Chaval. Puis, qu'est-ce que je vous offre?

- Comme personne ne nous attend , n'est-ce pas Hèmery...

- Exact.

- Pour moi ce sera un double cognac fait Bouchard.

- Pour moi un double Bourbon, ajoute Hèmery.

- Une bouteille de rouge.

- Moi je continue au rhum, si vous le permettez messieurs. 

 

 

 

Tag(s) : #Science, #Santé, #Nice city

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