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climat22 

 

 

Je reprends aujourd"hui mon modeste petit récit policier. Pour être moins perdu en suivant ce lien vous pouvez lire l'ensemble des différents épisodes jusqu'ici publiés y compris celui de ce jourd'hui : link     

Et en suivant cet autre lien l'épisode immédiatement précédent :  La prise d'otages en Algérie

 


Ce coup de téléphone Esther l'espérait et le redoutait. L'espérait parce qu'il s'agissait de revoir l'homme qui lui avait complètement révélé que ce qu'elle sentait depuis des mois, à savoir que Pierre ne tenait plus à elle, était d'une aveuglante certitude et qu'elle devait en prendre son parti parce que elle aussi avait dérivé loin de lui. Il lui avait donc ouvert une nouvelle vie. Elle lui en était reconnaissante, mais en même temps elle redoutait une confrontation avec lui. Lorsqu'elle se remémorait ce qu'elle avait fait avec lui, comment elle s'était livrée à ce qui n'était qu'un inconnu pour elle, non pas un sentiment de honte mais une gêne l'envahissait parce qu'elle savait qu'elle ne désirait pas qu'il soit uniquement ce « bon coup » mais l'homme avec qui elle reconstruirait un avenir. Pendant tout le trajet vers « L'Artifice » elle n'avait cessé de ruminer son regret, une fois de plus de ne pas avoir su dire non, comme sa mère n'avait cessé de le lui reprocher tant qu'elle avait été en vie.

Arrivé devant le restaurant elle avait garé sa voiture, mais elle ne se résolvait pas à en sortir. Elle avait commencé par s'ausculter dans le miroir du pare-soleil. Elle avait essuyé toutes traces de maquillage de ses yeux, de ses lèvres, avait dénoué puis renoué puis dénoué ses cheveux. Elle avait fumé à moitié une cigarette. Maintenant elle était sortie de sa voiture. Elle s'appuyait sur le capot du véhicule. Elle avait rallumé une cigarette. Elle attendait elle ne savait quoi. Un homme était passé et l'avait regardé avec insistance. Elle avait compris qu'il l'avait prise pour une putain. Un court moment, elle avait pensé qu'il avait raison. Elle avait pris alors son portable et s'était résolu à téléphoner à ce lieutenant de police dont elle venait d'apprendre le nom.

- Allo, lieutenant.

- Hèmery, oui.

- C'est moi... C'est Esther Landin...

- Esther landin ?

- Oui, lieutenant j'ai repris mon nom de famille...

- Où êtes-vous ?

- Je vous téléphone pour vous dire que je ne pourrais pas venir...

- Vous avez un empêchement ?

- Non...oui... c'est-à-dire... comprenez-moi...

- Oui... mais expliquez-vous si je ne suis pas trop indiscret...

- Voilà... Je ne crois pas que cela soit... comment dire... Aidez-moi, s'il vous plaît, lieutenant...

- Esther, où êtes-vous?

- Je suis ici, devant le restaurant...

- Vous ne voulez pas entrer? Nous vous attendons, nous n'avons pas encore commencé...

- Je ne sais pas.. Je suis trop gênée... Vous me comprenez...

- Oui, oui, je vous comprends Esther... Vous ne voulez pas que je vienne vous chercher...

- Ce n'est pas utile, lieutenant... vraiment je suis désolée...

Au visage d'Hèmery, Bouchard a compris que son ami a un problème et que contrairement à son habitude, il ne sait pas comment l'affronter.

- Hèmery passe-moi ton portable, lui dit-il.

Hèmery s' adresse à Esther :

- Vraiment je suis désolé Esther, autant que vous je crois... Je vous passe le lieutenant Bouchard...

- Allo, bonsoir, ici le lieutenant Bouchard... Je vous demande pardon de m'immiscer ainsi dans votre conversation , mais je crois comprendre que vous avez un problème...

- Non, non... pas vraiment lieutenant.

- A la bonne heure... Dans ce cas, nous vous attendons... Non, mieux je viens vous chercher... J'ai besoin d'un avocat parce que je suis sous les feux de l'interrogatoire de la juge Sarah Rouihi et vraiment je ne m'en sors pas...

- Vous croyez...

- Je vous assure c'est une juge redoutable...

Il s'est levé et tout en dialoguant avec Esther, il se dirige vers l'entrée du restaurant.

-Vous savez lieutenant je suis une avocate spécialisée dans les sociétés, la fiscalité... Je ne vous serez pas d'un grand secours...

 

Bouchard est arrivé devant Esther. Il continue de lui parler par le truchement du portable.

- Ne croyez pas ça... justement j'ai besoin d'une avocate qui saura présenter mes affaires sous un jour convenablement calculé... Moi je m'y perds... j'en suis au point de ne plus savoir si 2 et 2 font 4 ou 22, pour un flic c'est un comble...

Esther sourit et répond toujours au moten de son téléphone:

- Vous comprenez alors mes hésitations à l'idée de me retrouver en compagnie de flics ...C'est déjà bien de ne pas avoir encore pris mes jambes à mon cou..

- je vous le concède bien volontiers, fait-il en riant en la prenant par le bras.

Ils rentrent dans le restaurant.

Esther se sent soudain illuminée et en s'asseyant elle a le courage, lui semble-t-il de dire à Hèmery :

- Vous avez un excellent avocat...

- Je n'en changerai pas pour la vie...

- Je suis heureuse que vous vous soyez décidée à me porter assistance, je commençais à avoir fort à faire avec ces deux policiers... machissimes...Mesdames, on ne tergiverse plus, on se met à table pour de bon, fait Hèmery comblé par la seule présence pourtant discrète d'Esther. Autant Sarah Rouihi a choisi le rayonnement autant Esther a choisi la discrétion Mais il n'a d'yeux que pour elle. Pendant le repas, Bouchard a la surprise de ne lui voir rien tenter pas même une cour discrète contrairement à son habitude quand une femme lui plaît. Quant à lui, convaincu de sa maladresse et malgré l'euphorie qui s'empare de lui quand il est devant un bon plat en compagnie d'êtres qui lui conviennent, il se cantonne à des allusions si évanescentes qu'il faudrait que Sarah Rouihi soit dotée d'un sens spécial pour les percevoir, ce dont elle semble pourvue puisque vers la fin du repas, elle met sa main sur celle de Bouchard qu'il a posée sur la table dans sa direction en espérant qu'elle comprendrait qu'il ne pouvait aller au-delà dans ses préliminaires. Surpris et ravi il propose de continuer leur soirée dans un pub.

- Il y a d'excellents groupes qui y jouent, commente-il pour rendre sa proposition plus attrayante.

Tout le monde acquiesce. Ils se rendent dans la voiture de Bouchard au « Free Jazz café ». Le groupe qui donne son spectacle est un ensemble de guitaristes de jazz manouches qui accompagne une chanteuse tout en velouté.

Puisqu'il conduit Bouchard se contente d'un seul cognac à l'inverse des autres. Cela lui permet de garder suffisamment de lucidité pour se rendre compte qu' Hèmery ne cherche absolument pas à engager Esther à se départir de sa réserve attentive et qu'à un certain moment Sarah Rouihi change d'attitude à son égard. Au lieu de continuer à se rapprocher petit à petit de lui, elle s'en écarte d'un coup, comme si elle avait reçu un appel mais quand ou entrevu quelqu'un qui l'aurait poussé à changer de comportement à son égard, mais qui ?

Bien entendu, il est déçu, mais il ne se faisait guère d'illusion. Que pouvait trouver une femme comme la juge à un policier comme lui...

Peu importe, la musique est bonne, les guitaristes d'une grande virtuosité qui transporte et la chanteuse d'un engagement qui émeut.

 

Voilà, il a fini. Il place des branches, des feuilles sur l'endroit où il vient d'enterrer sa victime. Cette fois-ci, il n'y aura pas de problèmes. Avant que l'on retrouve les restes, de l'eau aura coulé sous les ponts. Tout le monde le sait, sans corps pas de crimes. C'est d'ailleurs ce qui le chagrine un peu et tempère cette euphorie qui l'a gagné lorsqu'il a constaté le décès de sa victime. Plus que de l'euphorie, un sentiment de domination, comme de surhumanité. Ils ne sont pas nombreux ceux qui sont capables d'agir de la sorte. Le manque de courage de la majorité des êtres est sans appel. Au fond, il n'a que mépris pour cette humanité déplorable. Plus particulièrement dans cette ville de vieillards rampants qui encombrent de leur présence interminable le monde. Ne devrait-il pas changer de type de victimes et se rabattre sur ces vieux ? L'idée l'écœure. Toucher ces chairs flasques ! Quelle horreur ! De toute façon malgré leur acharnement à survivre, ils n'en ont plus pour très longtemps. Et puis ce qu'il cherche ce n'est pas tant à tuer qu' à jouir de cette puissance que lui donne cette domination sans retour sur une femme jeune et nue. Pour combien de temps en a-t-il avant que ses digues cèdent et qu'ils se remettent en quête d'une nouvelle proie ? Il espère que cela ne sera pas avant plusieurs semaines. Mais rien n'est moins sûr. Sa jouissance a été trop forte. Cette fois-ci, il a encore mieux apprécié l'élimination de cette jeune femme. Il a à peu près tout maîtrisé. Bien mieux que la fois précédente. Il n'avance plus en terre inconnue. Il est certain que cela sera encore mieux la fois prochaine, qu'il n'aura plus ces moments de panique, cette peur de lui-même, de ne pas pouvoir garder son secret.

 

 

Et pour vous évader de toute cette noirceur je vous rappelle cette délicieuse chanson, ainsi qu' à nos chers amis djihadistes pour leur montrer le comportement de ces "croisées" qui ne peut être celui de leurs "soeurs" :

 

Fuck Me In The Ass Because I Love Jesus - Vidéo

 

Et ce dessin : 

 

interdit_inter.jpg

 


Tag(s) : #Nice city

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