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Je voudrais aujourd'hui vous faire partager  mon "amitié" avec Pierrot le vagabond céleste. Il s'agit d'un poète québecois dont je viens de faire la découverte et dont vous pouvez aussi faire la découverte "merveilleuse" en suivant ce lien : link


Vous pouvez lire sa chanson du camionneur dans le commentaire de mon article  Chroniques de l'empire des sombres : le rêveur 2.


Je ne résiste pas à la tentation de vous citer quelques vers de sa chanson " la chanson du poële à bois "


ma mère faisait des toasts su l’poêle à bois
quand j’t'ais p’tit gars, quand j’t'ais p’tit gars
à m’disait le bonheur, c’est comme le beurre
ça fond dans bouche aussitôt qu’on y touche

mais si tu me tiens ben la main
pis qu’tu me donnes un gros câlin

m’en va t’serrer si fort
que dans vie
tu manqueras jamais de rien

y aura d’mon poêle à bois
dans chacun d’tes chagrins


Et je vous recommande particulièrement  : "Monte me voir mon gars" entre autres, que je dédie à mes fils.

 

Grâce à ces chansons de Pierrot, peut-être supporterez vous mieux un nouvel épisode de mon modeste petit récit policier inachevé :

En suivant ce lien : vous pouvez lire tous les épisodes précédents : link

 

Le juge Serbais avait acquis au cours de sa carrière de magistrat une notoriété de magistrat raide, obstiné voire obsessionnel. En tant que juge d'instruction il avait contracté une méfiance sans cesse accrue vis à vis de la police et de ses agents. Il était un peu inéluctable qu'il finisse par devenir juge des libertés et de la détention même si cela avait été une surprise pour une majorité de ses collègues . Au moins, avait-il pensé, pourrait-il contrôler le travail de la police puisqu'en quelque sorte il devenait une sorte d'arbitre entre le procureur, défenseur de la société dont l'argumentaire se fondait sur ce travail et l'avocat de l'inculpé défenseur des libertés chargé de démontrer les failles dans leurs investigations. Il se montrait particulièrement ouvert aux observations de l'avocat, fut-il commis d'office, avant de prendre sa décision de détention et de motiver celle-ci par écrit.

Dans le cas des meurtres de Marie Toulouse et Alejandro Estèbez il avait été d'autant plus minutieux qu'il savait que la plus grande partie de l'enquête avait été menée par les lieutenants Bouchard et Hèmery dont il restait persuadé qu' ils auraient dû être expulsés de la police depuis belle lurette. Mais face au procureur Le Cairn dont il avait appris les liens avec ces derniers, il n'avait pas osé faire part de ses doutes d'autant qu'il les savait fondés sur son préjugé à leur encontre.

Néanmoins, lorsqu'il avait eu connaissance de la disparition de cette jeune serveuse du bar «L'Escale mystérieuse» il avait insisté auprès du procureur Le Cairn pour que des recherches plus précises fussent entreprises.

-Vous avez une idée derrière la tête avait demandé le procureur.

- Oui, avait-il répondu.

- Peut-on savoir laquelle, si ce n'est pas trop indiscret ?

- Oui. Je pense, je soupçonne que cette disparition a à avoir avec les meurtres de Marie Toulouse et d'Alejandro Estébez.

- Vous avez conscience que nous avons un meurtrier qui a avoué ces crimes.

- Vous savez très bien que je ne porte guère en estime cette fâcheuse tendance de notre police à extorquer des aveux au premier malheureux venu.

- Il faut lui laisser le temps de s'habituer à cette nouvelle venue dans la recherche de la vérité qu'est la police scientifique.

- Si elle peut s'y habituer. Vous savez comme moi que lorsque le pli est pris il est difficile de l'effacer !

- Je soupçonne que vous soyez quelque peu de parti-pris à l'encontre des lieutenants Bouchard etHèmery.

- C'est possible mais avouez que ce ne sont pas des as de la criminelle.

- Ils ne le prétendent pas, mais ils font leur travail ainsi que tout bon fonctionnaire doit le faire, sans excès de zèle.

- C'est le moins que l'on puisse dire...

- Pourtant Serbais vous êtes assez bon juge, ce me semble, pour savoir à quoi peut conduire un excès de zèle... pardonnez-moi d'évoquer cet épisode douloureux pour nous tous magistrats !

- Si vous faites allusion à mon erreur de jugement dans l'affaire Mortagne, vous n'ignorez pas justement qu' elle est la part prise par la police dans cette erreur. C'est mon absence suffisante de méfiance vis à vis de ses agents qui nous a conduit tous, je dis bien tous au désastre de la mort de ce malheureux innocent.

- Vous avez raison Serbais, je vous présente toutes mes excuses. Je vais faire activer les recherches mais je crains que nous soyons tout simplement devant une disparition comme il y en a tant de nos jours, sans autre motif que la fantaisie, la liberté que s'octroie les individus dans notre société du bon plaisir de faire ce que bon leur semble...

- L'autre solution serait que nous soyons en présence d'un meurtrier en série et que Gorf ne soit pas le criminel supposé et arrêté par nos fameux Hèmery et Bouchard...

- Nous se sommes pas tout de même encore complètement subjugué par la société américaine avec ses criminels en série! Cela reste chez nous tout à fait exceptionnel...

- Je ne suis pas le seul à partager cet avis...

- Et qui d'autre ?

- Chaval...

- Vous en êtes sûr ?

- Oui.

- Dans ce cas...

 

- Tiens Chaval. Comment allez-vous.

- Bien Serbais.

- Alors vos amis et vous avez résolu les crimes de ces jeunes femmes...

- Résolu est un bien grand mot.

- C'est-à-dire ?

- Que je ne suis pas persuadé que Gorf soit l'assassin.

- Et vos amis ?

- Pour le moment ils sont tout à la satisfaction d'avoir rempli leur contrat vis à vis de Le Cairn...

- Je ne comprends pas. Quel contrat ?

- De trouver l'assassin sous les 72 heures. Ils ont couru au plus pressé... Peut-être comptaient-ils sur vous ?

- Sur moi ?

- Et sur l'avocat commis d'office pour montrer la légèreté des preuves étayant les aveux de Gorf.

 

Serbais se remémore cet entretien dans le laboratoire glacial de médecine légale et ce malaise qui l' a soudain envahi, qui depuis quelque temps l'empêche de dormir.

- Mortagne s'est suicidé !

- Ne me dites pas cela ! 

- Mortagne s'est suicidé !

- Il n'a pas supporté l'acte ignoble qu'il a fait subir à cette jeune femme !

- Il a toujours nié.

- Ils nient tous ! Nous nions tous !

 

- Mademoiselle lairignac, vous êtes sûre de ce que vous déclarez...

Elle pleure.

Serbais ne peut que répéter sa question :

- Mademoiselle Lairignac, vous êtes sûre de ce que vous déclarez...

Elle pleure. Elle ne dit rien. Il lui reste un petit espoir, celui qui nous reste jusqu'au dernier moment, quand nous savons qu'il est déjà trop tard, que la flèche du temps va se ficher dans sa cible.

Il répète sa question :

- Mademoiselle lairignac, vous êtes sûre de ce que vous déclarez...

Elle pleure. Il ne peut se résoudre à ces pleurs qui confirme les propos de la jeune femme. Il lui faut entendre une nouvelle fois ses aveux.

- Mademoiselle Lairignac, vous êtes sûr de ce que vous déclarez...

Il n'obtiendra pas autre choses que ses pleurs. Elle est responsable de la mort de cet homme innocent. Mais peu lui importe sa responsabilité. C'est la sienne qui lui importe, qui l' insupporte. Il doit démissionner...

 

Il est dans les bras de son compagnon. Il sanglote.

- Etienne, ne pleure pas... Tu vas me faire pleurer...

Il fait un effort pour se maîtriser. Il s'en veut de s'être laissé aller ainsi, comme une midinette. Il se ressaisit.

- Je vais démissionner. Je dois assumer mes erreurs...

- Mais tu n'es pas seul responsable...

- Oui.

Plus tard dans la nuit, dans la chaleur des bras de Bernard, il réussit à se calmer. Il prend sa décision. Il ne démissionnera pas. Il fera front. Il assumera sa responsabilité. Il sait qu'il aura à ses côtés son ami qui ne lui ménagera pas son amour.

 


 

amour.jpg

 

Tag(s) : #Poésie, #Nice city

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