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moi_andrea.jpg 

Je remercie mon petit neveu Andrea pour ce dessin réalisé sur le bout d'une table, il y a deux dimanches et dont je n'ai pas besoin de vous dire qu'il est mon portrait tant la ressemblance est évidente, pour ceux qui me connaissent!

 

Une nouvelle fois je désire réagir en Scrogneugneu et pour ce faire vous présenter les reflexions d' un économiste Français ( nul n'est parfait! en plus du XIX° siècle, siècle honni s'il en est depuis sa dénonciation par un certain Marx Karl de son fonctionnement économique qui permettait le travail des enfants et des journées dépassant allègrement les 40 heures!) - Je veux parler de Frédéric Bastiat partisan d'un état minimaliste uniquement chargé d'assurer notre sécurité et notre liberté. Non que je partage totalement son point de vue, puisque je ne suis qu'un modeste modéré, de plus de tendance dramatiquement centriste! Mais l'impotence de notre état touche à tout, qui veut tout faire et donc fait tout mal et surtout assure très mal notre sécurité, malgré une administration compétente, m'incite à revisiter nos fondamentaux, comme il y a un certain temps dans un mien article, les différents moyens d'ouvrir une bouteille pour ne pas mourir de soif ( Made in France suite)

Le problème est simple, grâce à la mondialisation, au commerce international, nous pouvons manger toute l'année par exemple des oranges, fruits choisis justement par Bastiat pour illustrer sa défense du libéralisme dans son exemple de pétition ci-dessous.

Vous voyez déjà les écologistes bondir. Pourquoi en outre ne pas transporter du bout du monde ces oranges par avion, énorme producteur de CO2  et accroître encore plus le désastre écologiste qui se répand sur notre planète! 

Ne mangeons des oranges qu' à la saison des oranges! Et ne les transportons pas sur de longs trajets! Le bon sens.

Mais je désire manger des oranges toute l'année parce que 1) j'ai du mal en effet à fixer le calcium! 2) parce que j'aime ce fruit 3) parce que leur prix n'atteint pas ceux délirants des cerises ou des pêches en ce moment! 4) parce que j'ai pris cette  "mauvaise" habitude" et que je ne peux m'en débarrasser. Les fumeurs qui essaient d'arrêter de fumer me comprendont !

Dans ce cas, deux solutions : produire ces oranges sous serre, donc créer artificiellement un environnement climatique propice aux susdites! Vous voyez le problème écologique : Une serre à oranges va consommer une bien plus grande quantité d'énergie que si ces agrumes étaient transportés depuis, mettons, Valparaiso. Ou bien transformer ces oranges génétiquement, pour qu'elles soient en mesure de se développer toute l'année. Des O.G.M. ! des oranges génétiquement modifiés, horresco referens !

Que faire ?

Pétitionnons pour obtenir la quadrature de ce cercle, pour  obtenir le beurre, le sourire de la crémière, la gratuité du dit beurre avec une teneur en matière grasse de 0% pour nous éviter le cholestérol, ainsi allonger notre espérance de vie et profiter le plus longtemps possible de notre retraite !

En attendant prenons exemple sur cette pétition imaginée par Frédéric Bastiat :

 


Pétition

des fabricants de chandelles, bougies, lampes, chandeliers, réverbères, mouchettes, éteignoirs, et des producteurs de suif, huile, résine, alcool, et généralement de tout ce qui concerne l'éclairage

À MM. les Membres de la Chambre des Députés

« Messieurs, »

« Vous êtes dans la bonne voie. Vous repoussez les théories abstraites; l'abondance, le bon marché vous touchent peu. Vous vous préoccupez surtout du sort du producteur. Vous le voulez affranchir de la concurrence extérieure, en un mot, vous voulez réserver le marché national au travail national. »

« Nous venons vous offrir une admirable occasion d'appliquer votre... comment dirons-nous? votre théorie? non, rien n'est plus trompeur que la théorie; votre doctrine? votre système? votre principe? mais vous n'aimez pas les doctrines, vous avez horreur des systèmes, et, quant aux principes, vous déclarez qu'il n'y en a pas en économie sociale; nous dirons donc votre pratique, votre pratique sans théorie et sans principe. »

« Nous subissons l'intolérable concurrence d'un rival étranger placé, à ce qu'il paraît, dans des conditions tellement supérieures aux nôtres, pour la production de la lumière, qu'il en inonde notre marché national à un prix fabuleusement réduit; car, aussitôt qu'il se montre, notre vente cesse, tous les consommateurs s'adressent à lui, et une branche d'industrie française, dont les ramifications sont innombrables, est tout à coup frappée de la stagnation la plus complète. Ce rival, qui n'est autre que le soleil, nous fait une guerre si acharnée, que nous soupçonnons qu'il nous est suscité par la perfide Albion (bonne diplomatie par le temps qui court!), d'autant qu'il a pour cette île orgueilleuse des ménagements dont il se dispense envers nous. »

« Nous demandons qu'il vous plaise de faire une loi qui ordonne la fermeture de toutes fenêtres, lucarnes, abat-jour, contre-vents, volets, rideaux, vasistas, œils-de-bœuf, stores, en un mot, de toutes ouvertures, trous, fentes et fissures par lesquelles la lumière du soleil a coutume de pénétrer dans les maisons, au préjudice des belles industries dont nous nous flattons d'avoir doté le pays, qui ne saurait sans ingratitude nous abandonner aujourd'hui à une lutte si inégale. »

« Veuillez, Messieurs les députés, ne pas prendre notre demande pour une satire, et ne la repoussez pas du moins sans écouter les raisons que nous avons à faire valoir à l'appui. »

« Et d'abord, si vous fermez, autant que possible, tout accès à la lumière naturelle, si vous créez ainsi le besoin de lumière artificielle, quelle est en France l'industrie qui, de proche en proche, ne sera pas encouragée? »

« S'il se consomme plus de suif, il faudra plus de bœufs et de moutons, et, par suite, on verra se multiplier les prairies artificielles, la viande, la laine, le cuir, et surtout les engrais, cette base de toute richesse agricole. »

« S'il se consomme plus d'huile, on verra s'étendre la culture du pavot, de l'olivier, du colza. Ces plantes riches et épuisantes viendront à propos mettre à profit cette fertilité que l'élevage des bestiaux aura communiquée à notre territoire. »

« Nos landes se couvriront d'arbres résineux. De nombreux essaims d'abeilles recueilleront sur nos montagnes des trésors parfumés qui s'évaporent aujourd'hui sans utilité, comme les fleurs d'où ils émanent. Il n'est donc pas une branche d'agriculture qui ne prenne un grand développement. »

« Il en est de même de la navigation: des milliers de vaisseaux iront à la pêche de la baleine, et dans peu de temps nous aurons une marine capable de soutenir l'honneur de la France et de répondre à la patriotique susceptibilité des pétitionnaires soussignés, marchands de chandelles, etc. »

« Mais que dirons-nous de l'article Paris? Voyez d'ici les dorures, les bronzes, les cristaux en chandeliers, en lampes, en lustres, en candélabres, briller dans de spacieux magasins, auprès desquels ceux d'aujourd'hui ne sont que des boutiques. »

« Il n'est pas jusqu'au pauvre résinier, au sommet de sa dune, ou au triste mineur, au fond de sa noire galerie, qui ne voie augmenter son salaire et son bien-être. »

« Veuillez y réfléchir, Messieurs; et vous resterez convaincus qu'il n'est peut-être pas un Français, depuis l'opulent actionnaire d'Anzin jusqu'au plus humble débitant d'allumettes, dont le succès de notre demande n'améliore la condition. »

« Nous prévoyons vos objections, Messieurs; mais vous ne nous en opposerez pas une seule que vous n'alliez la ramasser dans les livres usés des partisans de la liberté commerciale. Nous osons vous mettre au défi de prononcer un mot contre nous qui ne se retourne à l'instant contre vous-mêmes et contre le principe qui dirige toute votre politique. »

« Nous direz-vous que, si nous gagnons à cette protection, la France n'y gagnera point, parce que le consommateur en fera les frais? »

« Nous vous répondrons: »

« Vous n'avez plus le droit d'invoquer les intérêts du consommateur. Quand il s'est trouvé aux prises avec le producteur, en toutes circonstances vous l'avez sacrifié. - Vous l'avez fait pour encourager le travail, pour accroître le domaine du travail. Par le même motif, vous devez le faire encore. »

« Vous avez été vous-mêmes au-devant de l'objection. Lorsqu'on vous disait: le consommateur est intéressé à la libre introduction du fer, de la houille, du sésame, du froment, des tissus. - Oui, disiez-vous, mais le producteur est intéressé à leur exclusion. - Eh bien! si les consommateurs sont intéressés à l'admission de la lumière naturelle, les producteurs le sont à son interdiction. »

« Mais, disiez-vous encore, le producteur et le consommateur ne font qu'un. Si le fabricant gagne par la protection, il fera gagner l'agriculteur. Si l'agriculture prospère, elle ouvrira des débouchés aux fabriques. - Eh bien! si vous nous conférez le monopole de l'éclairage pendant le jour, d'abord nous achèterons beaucoup de suifs, de charbons, d'huiles, de résines, de cire, d'alcool, d'argent, de fer, de bronzes, de cristaux, pour alimenter notre industrie, et, de plus, nous et nos nombreux fournisseurs, devenus riches, nous consommerons beaucoup et répandrons l'aisance dans toutes les branches du travail national. »

« Direz-vous que la lumière du soleil est un don gratuit, et que repousser des dons gratuits, ce serait repousser la richesse même sous prétexte d'encourager les moyens de l'acquérir? »

« Mais prenez garde que vous portez la mort dans le cœur de votre politique; prenez garde que jusqu'ici vous avez toujours repoussé le produit étranger parce qu'il se rapproche du don gratuit, et d'autant plus qu'il se rapproche du don gratuit. Pour obtempérer aux exigences des autres monopoleurs, vous n'aviez qu'un demi-motif; pour accueillir notre demande, vous avez un motif complet, et nous repousser précisément en vous fondant sur ce que nous sommes plus fondés que les autres, ce serait poser l'équation: + x + = -; en d'autres termes, ce serait entasser absurdité sur absurdité. »

« Le travail et la nature concourent en proportions diverses, selon les pays et les climats, à la création d'un produit. La part qu'y met la nature est toujours gratuite; c'est la part du travail qui en fait la valeur et se paie. »

« Si une orange de Lisbonne se vend à moitié prix d'une orange de Paris, c'est qu'une chaleur naturelle et par conséquent gratuite fait pour l'une ce que l'autre doit à une chaleur artificielle et partant coûteuse. »

« Donc, quand une orange nous arrive de Portugal, on peut dire qu'elle nous est donnée moitié gratuitement, moitié à titre onéreux, ou, en d'autres termes, à moitié prix relativement à celle de Paris. »

« Or, c'est précisément de cette demi-gratuité (pardon du mot) que vous arguez pour l'exclure. Vous dites: Comment le travail national pourrait-il soutenir la concurrence du travail étranger quand celui-là a tout à faire, et que celui-ci n'a à accomplir que la moitié de la besogne, le soleil se chargeant du reste? - Mais si la demi-gratuité vous détermine à repousser la concurrence, comment la gratuité entière vous porterait-elle à admettre la concurrence? Ou vous n'êtes pas logiciens, ou vous devez, repoussant la demi-gratuité comme nuisible à notre travail national, repousser a fortiori et avec deux fois plus de zèle la gratuité entière. »

« Encore une fois, quand un produit, houille, fer, froment ou tissu, nous vient du dehors et que nous pouvons l'acquérir avec moins de travail que si nous le faisions nous-mêmes, la différence est un don gratuit qui nous est conféré. Ce don est plus ou moins considérable, selon que la différence est plus ou moins grande. Il est du quart, de moitié, des trois quarts de la valeur du produit, si l'étranger ne nous demande que les trois quarts, la moitié, le quart du paiement. Il est aussi complet qu'il puisse l'être, quand le donateur, comme fait le soleil pour la lumière, ne nous demande rien. La question, et nous la posons formellement, est de savoir si vous voulez pour la France le bénéfice de la consommation gratuite ou les prétendus avantages de la production onéreuse. Choisissez, mais soyez logiques; car, tant que vous repousserez, comme vous le faites, la houille, le fer, le froment, les tissus étrangers, en proportion de ce que leur prix se rapproche de zéro, quelle inconséquence ne serait-ce pas d'admettre la lumière du soleil, dont le prix est à zéro, pendant toute la journée? »


Extrait de l'édition originale en 7 volumes (1863) des œuvres complètes de Frédéric Bastiat, tome IV, Sophismes Économiques, Ière série, chapitre VII, "Pétition...", pp. 57-62.

 

Scanné, numérisé, mis en hypertexte, relu et édité par François-René Rideau pour Bastiat.org.

 

Lumineux non ?

Continuons donc d'acheter nos produits textiles par exemple, fabriqués dans les usines du Bangladesh en assumant la responsabilité des catastrophes qui s'y produisent (voir mon article  Made in Bangladesh), en notant au passage que contrairement au bilan présenté dans le susdit de 1041 morts, celui-ci est de 1125 ! En suivant ce lien vous pourrez souscrire à une pétition pour que nos firmes qui ne veulent plus fabriquer en France respectent un minimum les droits des salariés au Bangladesh, et notamment celui de ne pas mourir dans l'effondrement de leur usine : link

Où veux-je en venir en fin de compte ?

Simplement à vous rappeler parce que vous l'avez déjà oublié, à cause de nos inénarrables médias, qui sont passés à des "affaires" bien plus importantes comme celle de "l'affaire Bettencourt", "l'affaire Bettencourt", comme s'il ne s'agissez pas d'une honorable dame âgée qui a droit à notre respect et non à l'étalage de sa vie privée au grand jour, - vous rappelez que "les affaires continuent" et que les salariés au Bangladesh se battent pour une amélioration de leurs conditions et que nous pouvons les aider en achetant les produits de telle ou telle firme en nous assurant que ces firmes se sentent responsables des conditions dans lesquelles travaillent leurs salariés !

Un minimum !

Après si vous désirez faire la Révolution avec son grand R, renverser le Kapitalisme avec son grand K, le Libéralisme avec son grand L, supprimez la Mondialisation avec son grand M, vous aurez tout le temps ! 

 

Terminons cet article, intitulé "Le libéralisme contre nature" ou mieux contre la Nature avec son grand N qui sent si bon "la terre ne ment pas" d' un illustre maréchal qui en son temps fit don de sa personne à la France, par un dessin, qui permet de dire mieux les choses qu' avec un long discours :

 

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Tag(s) : #Libéralisme

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