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Ma petite chatte est morte

Je ne sais pas voir que les êtres que j'aime sont en partance

Ou bien je ne peux

Ou bien je ne veux

Ma petite chatte est morte

Je regrette de l' avoir transportée dans cette clinique

Cette clinique vétérinaire à l'ouest de la ville

Ce soir là

Parce qu'elle vacillait sur ses pattes

Qu'elle n'était plus en mesure de franchir sa chatière 

Je ne sais pas voir que les êtres que j'aime sont en partance

Ou je ne veux

Ou je ne peux

Je regrette de ne pas avoir laissé ma petite chatte au fond de ma table de chevet

Où enfouie dans sa fourrure de longs poils taby

Elle désirait s'endormir paisiblement  pour se débarrasser de cette douleur qui lui rongeait le corps

Je ne sais pas voir que les êtres que j'aime sont en partance

Ou je ne peux

Ou je ne veux

Je regrette d'avoir chassé une ultime fois de mon bureau ma petite chatte

Qui venait y chercher le réconfort de se blottir contre moi

Je regrette de l'avoir transportée dans cette clinique vétérinaire à l'ouest de la ville dans la nuit tombée

Pour qu'elle subisse cette prise de sang inutile

Et qu'elle meure sur cette table grise dans cette lumière de vivisection

En exhalant trois râles de douleur et d'agonie déchirants dans un grand flot de bile

Je ne sais pas voir que les êtres que j'aime sont en partance

Ou bien je ne veux

Ou bien je ne peux

C'est aujourd'hui que je me rends compte que depuis plusieurs jours

Quand elle venait s'allonger de tout son long sur ma cuisse pattes pendantes

Elle ne ronronnait plus

Parce que sans doute elle bandait toutes ses forces pour lutter contre cette douleur qui la rongeait

Je ne sais pas voir que les êtres que j'aime sont en partance

Ou je ne  veux

Ou je ne peux

Je regrette de ne pas l'avoir laissée là blottie au fond de ma table de nuit et de l'avoir transportée

Dans cette clinique vétérinaire au bout de la ville dans la nuit tombée

Où sur cette table grise et dure elle a poussé ces trois déchirants râles de douleur que je continue d'entendre

la nuit au plus profond de mon coeur

Du moins lui ai-je épargnée une intubation inutile

Je ne sais pas voir que les êtres que j'aime sont en partance

Ou je ne peux

Ou je ne veux

Du moins lui ai-je épargnée à cette petite chatte dont le corps amaigri

Flottait dans sa fourrure de longs poils taby

Ce dont je me rendais compte lorsque je la caressais

Cette inutile intubation

Pour lui permettre de reposer enfin en paix

Avec comme seul signe irrémédiable qu'elle était partie

Ses yeux qui de leur bleu très clair avaient viré au noir de la nuit la plus noire

Je ne sais pas voir que les êtres que j'aime sont en partance

Ou je ne veux

Ou je ne peux

Du moins fais-je parfois les gestes qui leur donne un peu de plaisir ou de réconfort

Comme d'acheter de la pastèque

Ou pour ma petite chatte toute sorte de nouveaux mets

Ou de leur essuyer la bouche pour enlever je jus qui a coulé sur leur menton

Vraiment

Vraiment

Je crois que

Je crois que

Je ne sais pas voir que les êtres que j'aime sont en partrance

Ou je ne veux

Ou je ne peux

 

 

 le-doute.jpg

 chemin de Damas

 

 

 voyage nouveau

 

En suivant ces liens vous trouverez la célébre réplique d'Agnès dans "l'école des femmes" de Molière : 

 

http://clicnet.swarthmore.edu/litterature/classique/moliere/ef/ef.II.5.html

 

http://www.youtube.com/watch?v=3QTO_iPmjQo&feature=related

 

http://www.dailymotion.com/video/x25dlw_l-ecole-des-femmes-galabru_creation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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