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Malgré l'injonction de l'ONU j' ai refusé de faire droit à une demande du gouvernement Chinois concernant sa définition de la pauvreté en Chine Droit de réponse des patrons du CAC 40 , et ce parce que 1) je me suis abstenu de la qualifier puisqu'elle est inqualifiable, 2) parce que l'impuissance de cette ONU, voir ce qui se passe au Nord Mali tombé aux mains d'une poignée d'intégristes musulmans, qu'il aurait été facile de déloger dans les premières semaines de leur installation et qu'il sera de plus en plus diffcicile de déloger au fur et à mesure que le temps passe ( NS revient!), me met à l'abri de quelque représaille que ce soit, 3) parce que cela me permet une fois de plus d'attirer l'attention sur le gouvernement Algérien qui, à son incompétence économique, à sa corruption, ajoute le double jeu dans cette affaire et la courte vue (au mieux) par la volonté de détourner du pays ces intégristes en partie non négligeable algériens, en quelque sorte en exportant l'intégrisme à ses portes dans une sorte de malodorant donnant donnant. 

 

Pour me calmer et vous calmer voici un nouvel épisode de mon modeste récit policier. Résumé de l'épisode précédent : celui que nous avons appelé Borme et qui s'appellerait en fait Karsky d'après les inspecteurs Bouchard et Hèmery est arrivé sur les lieux de son travail. Il semble bien qu'il soit professeur. Il  a croisé un certain Gorbes qui en fait ne serait pas Gorbes mais Neustein officiellement décédé dans un camp nazi.  

 

Dans sa classe, Borme prononce le rituel sésame :

- Un peu de silence, s'il vous plaît !

Le brouhaha s'estompe lentement. Il commence son cours que ses élèves laissent glisser sur son erre avec désinvolture.

Une image de Marie Toulouse émerge de l'eau noire de sa mémoire qui se trouble à mesure qu'il cherche à la préciser.

Est-ce bien elle qui se tient dans un coin de la salle des professeurs, incertaine ? Est-ce elle avec ses écouteurs autour du cou ? Est-ce elle, si lointaine, qui esquisse un vague sourire ? A qui ?

L'image disparaît. Il ne reste plus à Borme que le sentiment d'une présence indéfinissable.

- Oui !

- Non !

- Oui !

L'attention de Borme revient à ses élèves et à leur soudaine véhémence. Il revêt les oripeaux d'une autorité un moment délaissée. Le calme reprend sa routine ennuyée. La sonnerie le sauve des eaux troubles dans lesquelles il barbote. Le silence réprobateur des élèves vole en éclat. Le bonheur d'échapper à un discours qu'ils posent par principe sans intérêt, dont Borme leur fournit obligeamment la démonstration se mue en désordre joyeux et ironique.

- Au revoir !

- Au revoir.

- Au revoir

- Au revoir.

- Au revoir !

- Au revoir, fait Borme point dupe de leur stratagème qui consiste à le forcer à battre son record d'une vingtaine d'au-revoir d'une affilée.

Il décide de ne plus jouer le jeu. Il change de formule. Beaux joueurs ils n'insistent pas.

Deux autres cours suivent. Le premier sur Montaigne qui laisse de glace les élèves de Borme : à sceptique, sceptique et demi ! Le deuxième sur Pascal, écoutée avec une politesse éthérée : vers où ce Pascal voulait-il nous embarquer avec ce drôle de pari où « si vous gagnez, vous gagnez tout;» et si « vous perdez, vous ne perdez rien.», «en prenant croix que Dieu est.»?

Point trop éprouvé, Borme s'installe dans un bureau pour corriger des copies. Il les pose devant lui et se perd dans ses pensées...

 

La bandelette de papier a glissé sur le parquet. Pascal ne s'en est pas aperçu. Épuisé, il a quitté son bureau. Il dort à présent enfoui dans cette pelisse de chaleur qui l'étouffe. Gilberte ramasse la bandelette. Peut-être, Blaise y-a-t-il jeté quelques mots; en ce cas elle la conservera précieusement. Pour une fois, elle n' a aucun mal à lire ce que Blaise a écrit : «Le bec du perroquet qu'il essuie, quoiqu'il soit net.».

Elle sourit et la range avec les autres brouillons...

 

La servante monte à pas de loup les marches de l'escalier qui mène à la chambre où Pascal dort. Stipendiée par le comte d'Harcourt mécontent de la conversion du duc de Roannez obtenu par Blaise, elle a ordre de le poignarder parce que Roannez a renoncé, du fait de sa conversion malgré les pressions familiales, à épouser Mlle de Mesmes, «le plus grand parti du royaume pour le bien, la naissance et la personne». Elle ne l'y trouve pas. Contre son habitude Pascal est sorti de bon matin.

Comment savoir pourquoi avec quelqu'un qui a écrit d'une plume rêveuse en contemplant les rouages de sa machine arithmétique dont la nécessité de soutenir un train de vie assez coûteux le contraint à relancer la commercialisation : «Le temps et mon humeur ont peu de liaison: j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dessus de moi. Le bien et le mal de mes affaires mêmes y fait peu.»

Comment savoir avec quelqu'un qui n'hésite pas à plonger dans la clandestinité, à quitter son domicile de la rue des Francs-Bourgeois, à se loger sous le pseudonyme de M. de Mons, dans des auberges sans confort, peu exposées aux possibles contrôles de la police et même avec humour à celle de l’enseigne du Roi-David, en face du collège de Clermont, tenu par les Jésuites contre qui il vient de publier sa «Lettre écrite à un provincial par un de ses amis sur le sujet des disputes présentes de la Sorbonne» tandis que les recherches sur l'identité de l'auteur vont bon train...

 

Borme revient à sa correction. Une nouvelle fois, André Vonelle l'a pris à parti dans son devoir. De sa grande écriture penchée, il lui a écrit sa haine, que «son masque de bienveillance lui donne envie de vomir», qu'il espère qu'il aura «le courage de l'affronter et de ne plus continuer à baisser son froc».

Une énième fois, Borme répond que puisque que, lui, le respecte, il doit aussi le respecter. Réponse qu'il sait dérisoire et qui le ramène à l'amertume de ce café noir, bu trop vite ce matin, sans son sucre.

André Vonelle est ce grand adolescent passionné de sciences occultes qui déteste le rationnel et Pascal, sur lesquels il se jette avec délectation chaque fois que Borme lui en fournit l'opportunité. Il aime Prévert, Vian, Tolkien, Cendras, l'heroïc fantasy, le cinéma japonais, Kafka. Il adore Natacha Vong qui l'exècre. Adonc toutes les filles sont des monstres maléfiques ! Il passe des heures avec sa guitare pour s'isoler. Il n'a plus d'amis. Il a perdu sa mère dans un accident d'auto. Le surlendemain, il est venu au lycée. Il n' a rien dit. Borme et les autres n'ont appris le drame que bien plus tard par

son père, désespéré de son mutisme à la maison. Bien entendu, il se proclame anarchiste. Il aime aussi les chats. Il en a deux, Trotski et Bakounine. C'est sa mère qui conduisait lors de l'accident.

Comment lui faire comprendre qu'il n'est pas seul, que, s'il a horreur de la pitié, il doit accepter la compréhension à laquelle il a droit, accepter de déposer ce trop lourd fardeau qu'il s'épuise à porter, seul, qu'il ne peut remonter le temps comme dans ses romans d'heroic fantasy, qu'il n'a, que sa mère n'avait qu'une seule vie au contraire de ses jeux électroniques et qu'il ne peut plus empêcher que ce jour-là, contrairement à l'habitude, il ait voulu qu'elle l'emmène en voiture au lycée, au lieu de prendre son scooter...

 

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