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En ces temps de crise de bonnes nouvelles ne nous feront pas de mal. Les voici :

1) L'espérance de vie mondiale a augmenté de 10 années depuis 1970,

2) L'obésité tue plus de personnes que la malnutrition et la sous-nutrition : 3 millions contre 1 million

3) L’hypertension artérielle, souvent due à une mauvaise alimentation, au tabagisme et  l’alcool a tué plus de 20 millions de personnes en 2010, soit 20 fois plus que la malnutrition et la sous-nutrition et et presque 7 fois plus que l'obésité.

Evidemment si en plus d'être obèse, vous mangez trop, trop gras, trop salé, trop sucré, trop salé/sucré, si vous fumez, si vous buvez vous n'améliorez pas votre espérance de vie. En ce qui vous concerne vous êtes libre mais songez à votre reponsabilité nous concernant, en réduisant votre espérance de vie vous réduisez la notre puisque vous influez sur la moyenne de l'espérance de vie mondiale en la faisant baisser ?! 

 

Puisque les nouvelles sont bonnes, que la fin du monde n'est pas pour aujourd'hui, ni pour demain, (on peut le regretter), vous supporterez un nouvel épisode de mon modeste petit récit policier.

Résumé de l'épisode précédent. La vie du grand peintre de la renaisance Ulisse del Valle nous a été révélée dans ses mystères.

 

 

 

 

Le soir, lorsque Borme rentre, après son interrogatoire par les inspecteurs Bouchard et Hèmery où il a nié, sans être vraiment cru, avoir eu des rapports autres qu' épisodiques avec Marie Toulouse, Esther lui annonce que Simone Montmorin est revenue vivre avec son mari.

- Après toutes ces années, tu te rends compte...

- Il doit être content...

- Il n'en revient pas...

- Cela ne m'étonne pas …

- J'ai l'impression que c'était hier...

- Mais c'était hier... Je vous revois lors de votre intervention en faveur de ces deux argentins...

- Ruben Washington et Angel Desperanza...

- Vous rédigiez la lettre que vous deviez envoyer aux militaires argentins à leur sujet. Ils avaient été arrêtés depuis plusieurs mois et leurs familles étaient sans nouvelle. Ruben Washington était trompettiste d'une formation de jazz. La police avait trouvé dans son étui plusieurs lettres d'exilés. Angel Desperanza c'était ce jeune ingénieur, soupçonné d'appartenir à un syndicat clandestin passionné de mécanique et d' électronique, spécialiste dans la conception des bras et jambes artificielles. Tout enfant, il avait perdu ses mains dans l'explosion d' une bombe. Les premières mains artificielles qu'il avait possédées, l'avaient rapidement déçu. Avec l'aide de son frère sur qui il exerçait un ascendant sans faille à cause de ses moignons étranges, il les avait perfectionnées et il était devenu un spécialiste de renommée mondiale.

- Oui, pendant son arrestation, une de ses mains avait été arrachée. On l'avait retrouvée, disloquée sur la chaussée. L'autre avait été envoyée à sa famille par colis postal un peu plus tard. Angel Desperanza était donc démuni de ses mains. Sa compagne, Carmen San Sulpicio, avait essayé vainement de savoir où il était emprisonné pour lui en expédier une nouvelle paire. Il en avait de très simples et d'autres très complexes qui, paradoxalement, l'avantageaient par rapport à tous ceux qui avaient gardé leurs mains biologiques. Elle avait supplié la police de venir les choisir puisque les autorités ne voulaient pas lui fournir d'adresse. Les agents n'auraient qu'à prendre les plus rudimentaires pour ne favoriser en rien ses velléités d'évasion si tenté qu'il en eût. Un officier était bien venu. Il avait longuement inventorié les mains, les avait essayées sur elle. Elle s'était laissé faire en espérant une issue positive. Muni de certaines mains, il l'avait caressée, lui demandant ce qu'elle ressentait. Terrorisée, elle avait répondu qu'elle appréciait ce contact. Il avait paru satisfait. Brusquement, il avait cessé ses attouchements et l'avait saisie à la gorge. « Mira me», avait-il ordonné. Le souffle coupé, chaque fois qu'elle était sur le point de s'évanouir, il relâchait un peu l'étreinte des mains, la giflait et demandait : «Te gusta, digame !» Il ne se contentait pas de son hochement de tête, il voulait entendre ses paroles. «Si me gusta...», «Como ?» Dit d'une voix doucereuse. «Me gusta mucho...». Il l'avait violée. Il n'avait pas emporté de mains... On n' a toujours pas retrouvé son corps...

 

Esther frissonne.

- J'ai froid. Prends-moi dans tes bras...

- Oui.

Il la prend dans ses bras.

Mais c'est insuffisant pour la réchauffer, insuffisant pour qu'il n'essaie pas de se perdre ailleurs que dans les souvenirs de cette jeune femme qui répète inlassablement « si me gusta, me gusta mucho» devant son bourreau, comme il a pu l'imaginer par son témoignage devant les juges en charge du jugement des crimes commis par les officiers argentins durant la dictature.

C'est pourquoi, quand Esther enfin apaisée s'est endormie, il s'installe devant son ordinateur et se plonge dans la publication électronique des pensées de pascal.

Sur l'écran il a affiché la transcription du fragment 33 de la liasse Vanité:

 

 

 

 Letemps qui nous a portez Jusq Jcy par   lSa Succession continuelle ns asibien * accoustumez au

                                                                                                                       lepassé

   bransle que Nousne nous ten ons Jamais autemps   present  Ns . rapelons lauenir ,  Ns anticip ons

                  l auenir comme trop lent ou 1 rappelo auenir comm pr haster soncours ou no us rapelons lepassé   pour l arrester

comme trop promptLauenir ,    Et  Voyons 2,  errantons   dans   letemps que neSont point nostres , EqueSo n??, Et somes Si

                              si Jmproud ens que ns

                   Et                                                                     Et Sivains que

Jmprudents que  ne  pensons  point auSeulqui ns appartient,   nous Songeons aCeux qui neSont neSont

                        rien , Et eschapons Sans reflexion  leSeul quisubsiste   .    Cest quelepresentnd ordinaire

                        nousblesse  Ns . leCachons a nostre Veue par CequJl nous afflige , Et SJl nous

                        plait est agreable nous regrettons deleVoir  eschaper  Ns taschons deleSoustenir

                       par   l auenir. , . Etpensons   a disp ser   les Choses qui neSontpas en nostre puissance pour

                         Vn temps ou nous n’auons   aucuneasseurance d’arriuer .

                              QueChacun examine Ses penseés Jl les trouuera toujtes occupées   aupassé oulaa

                                                                presque po int

                      lauenir ,  nousNe pensons quasi Jamais   au present, Et Si nous y pensons Ce nest que

                       pour   en prendre La lumiere pr disposer delal’auenir ,     Lepresent nestJamais  nostre fin 3

                        Le passé Et lepresent Sont   Nos moyens ,   LeSeul auenir est nostre fin ,   ainsy

                       nostre, nous neViuons Jamais mais ns Esperons deViure ,  Et Jamais deNous Nepouuons

                       Jamais estre heureux Ns . disposants toujours aestre heureux      ns neleSomes S

                       Jl est JneuitablequeNs   neleSoyons Jamais .

 

 

Ainsi, il peut voir le travail de Pascal, de suppression et d'addition (en rouge) pour arriver au texte qu'il retiendra pour son apologie dont il sait qu'il ne l'achèvera pas mais qu'au moins ses arguments les plus importants pourront être l'objet de copie en vue d'une publication future.

Il essaie de se représenter Pascal corrigeant rapidement de son écriture penchée son texte pour arriver à la version qu'il retient:

 

Nous ne nous tenons jamais au temps présent. Nous anticipons l’avenir comme trop lent à venir, comme pour hâter son cours, ou nous rappelons le passé pour l’arrêter comme trop prompt, si imprudents que nous errons dans les temps qui ne sont point nôtres et ne pensons point au seul qui nous appartient, et si vains que nous songeons à ceux qui ne sont rien, et échappons sans réflexion le seul qui subsiste. C’est que le présent d’ordinaire nous blesse. Nous le cachons à notre vue parce qu’il nous afflige, et s’il nous est agréable nous regrettons de le voir échapper. Nous tâchons de le soutenir par l’avenir et pensons à disposer les choses qui ne sont pas en notre puissance pour un temps où nous n’avons aucune assurance d’arriver.

Que chacun examine ses pensées, il les trouvera toutes occupées au passé ou à l’avenir. Nous ne pensons presque point au présent, et si nous y pensons, ce n’est que pour en prendre la lumière pour disposer de l’avenir. Le présent n’est jamais notre fin. Le passé et le présent sont nos moyens, le seul avenir est notre fin. Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre, et nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais.

 

Mais cela ne peut empêcher ces mêmes mots de continuer à rouler dans sa tête : «Si me gusta, me gusta mucho»...

 

 

vie-copie-1.jpg

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