Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

 

 

Dans mon article précédent Des racines et des ailes sur la possibilité dans les écoles primaires Françaises d'étudier d'autres langues et cultures que la langue et la culture Française, je m'aperçois que j'ai oublié un grand nombre de langues et de cultures à enseigner, mais surtout une qui me tient à coeur si vous avez lu de précédents miens articles, Paradis entrevu : Dialogue avec une bohémienneDes Roms , la langue et la culture des Roms.

 

 

La mer se jette avec furie vague après vague sur la route du bord de mer. Elle fait voler les galets comme comme un essaim de moineaux. La chaussée va être bientôt impraticable, mais ce n'est pas ce qui inquiéte Hèmery dans sa voiture. Ce qui l'inquiéte est sa relation avec Esther. va-t-il donner à sa vie jusqu'ici bringuebalante, un cours plus régulier ? En est-il capable ?

Le désire-t-il vraiment ? Ou bien, malgré ses dénégations, Bouchard a raison, dans quelques jours il se préoccupera de faire une autre conquête ? L'important n'étant pas pour lui de posséder mais de conquérir pour se prouver qu'il maîtrise sa vie, qu'il est un homme libre que pas une femme ne peut dominer, s'attacher. Un vol de galets rebondit sur son pare-brise qui s'étoile. Il jure et accélère pour quitter le plus vite possible cette traversée de la plaine de la Brague si exposée aux coups de mer.

Esther a compris cette hésitation d'Hèmery, c'est pourquoi elle s'efforce de lui faire comprendre qu'elle ne désire rien d'autre que d'être entièrement à lui, corps et chair sans monnayer en échange l'assurance que leur relation sera de plus long terme. Elle espère qu'il comprendra qu'il a entièrement à lui une femme dont il peut disposer selon son bon plaisir, d'autant que cette femme a déjà eu une vie et que ce qu'elle attend ce n'est pas de recommencer une autre vie de couple, au fond la même avec quelqu'un d'autre, mystérieux seulement pour quelque temps. Elle aspire à ce qu'il comprenne qu'il est sorti de son adolescence, qu'il n'a plus besoin de faire la démonstration qu'il est un homme en multipliant les conquêtes. Elle doute d'y arriver. Cela lui plaît parce que cela donne à sa vie une imprévisibilité dont elle s'aperçoit qu'elle a besoin. Cela lui permet quand ils se voient de se livrer entièrement à lui, de savourer son corps en elle, de s'anéantir pour se retrouver après sur un rivage où règne le calme et la certitude qu'elle est en vie puisqu'elle est capable d'atteindre ce paroxysme d'intensité de vie qui confine à l'anéantissement.

Chaque fois, Hèmery est ébloui par Esther, par sa liberté, par sa disponibilité, par cette prescience qu'elle a, d'aller au devant de ce qu'il désire qu'elle fasse. Cela le renforce dans le fait qu'il est possible de mener avec elle une vie au long terme. Quand il la quitte, il se jure à leur prochaine rencontre de le lui dire et de lui demander de vivre en couple. Puis il sort de son éblouissement, de son ivresse et régresse vers ses doutes. Quand ceux-ci deviennent trop fort, il lui téléphone pour savoir si elle est libre et si elle veut bien sortir avec lui. Chaque fois, il est un peu anxieux de sa réponse. Il lui semble qu'il ne mérite pas qu'elle réponde affirmativement donc qu'elle va dire « non »  logiquement. Chaque fois, elle lui dit « oui », comme si elle n'avait attendu que cela, comme si elle n'a attendu depuis la dernière fois que cette nouvelle fois.

Il ne la mérite pas...

Il arrive à l'hôtel de police à temps. Le vent rage et projette la pluie dans tous les sens. Il court vers l'entrée. Dans le hall, il s'égoutte en se balançant d'avant en arrière puis il gagne la salle de réunion où lui, Bouchard, Chaval, Sarah Rouihi et Le Cairn doivent faire le point sur leur affaire en cours. Sarah Rouihi, Bouchard et Chaval sont déjà là. Le procureur Le Cairn ne va plus tarder.

C'est la juge d'instruction qui prend la parole.

- Où en est-on en ce qui concerne la disparition de cette jeune femme ?

- Au point mort, fait Hèmery. Elle a quitté son travail vers onze heures. D'après l'autre barmaid elle avait rendez-vous avec un homme. quelqu'un l'a vu passer vers onze heures devant l' église Notre dame du port. Puis plus rien.

- Et sur sa personnalité ?

C'est Bouchard qui prend la relève.

- Quitte ses parents à sa majorité. Avait tout prévu. En dispute constante avec eux qui lui reprochaient d'accumuler les aventures. Effectivement c'était une fille pas farouche qui n'avait pas froid aux yeux. Travailleuse et sérieuse au travail. Une courte relation avec son patron, sans plus.

- Vous avez regardez de ce côté là ?

- Oui. Alibi pour tous ou à peu près.

- A peu près, lieutenant ?

- Oui. Encore une ou deux vérifications à faire.

- Qu'est-ce que vous en pensez Chaval ? Y-a-t-il un lien avec les affaires Marie Toulouse et Amanda Estébez ?

Le procureur Le Cairn arrive.

- Continuez, fait-il en s'asseyant sur une chaise devant l'écran du rétroprojecteur où les principaux éléments de ces trois affaires sont représentés.

Chaval semble presque à jeun. Il s'exprime d'une voix moins pâteuse que d'habitude.

- Je crois que nous pouvons relier les deux meurtres avec cette disparition. Entre parenthèses , je remercie le meurtrier pour ses progrès...

Seule Sarah Rouihi hausse les sourcils en signe d' objection.

- Voilà comment je vois les choses. Pour Marie, notre assassin ne se maîtrise pas, s'affole sans doute et s'enfuit en abandonnant le corps...

- Pas mal pour un assassin affolé. Pas d'empreintes, pas de traces de sperme, et une quantité d'éléments pour relever les différents ADN, telle qu'inexploitable...dit Hèmery.

- Pour le moment, fait Sarah Rouihi qui regarde Bouchard pour quêter une approbation et renouer entre eux une relation un peu plus chaleureuse. Il est sensible à ce regard et approuve d'un hochement de tête. Elle lui semble rassurer. De quoi ? Elle sait qu'il ne lui en veut pas. Croit-elle que lorsqu'il lui a dit qu'il avait tout son temps, il parlait en l'air ? Il comprend son incertitude ? Comment la lui ôter ?

Chaval continue :

- Pour Amanda, il se sent mieux. Il et plus à l'aise. Lorsqu'elle est morte. Il ne s'enfuit pas. Il comprend qu'il doit se débarrasser du corps, le charge dans une voiture et tente de le brûler pour le faire disparaître. Il n'est quand même pas rassuré, puisqu'il ne prend pas garde que le cadavre reste au bord de la route au lieu de dévaler dans les ronces en contrebas. Il n'a pas de, entre guillemets, chance, un cycliste trouve le corps très peu de temps après.

Troisième meurtre, celui de Juliette Tancrédi, il maîtrise si je puis dire tout le processus. Il fait disparaître le corps, Sans corps pas de meurtre mais une disparition...

Le procureur Le Cairn intervient :

- Dans ce cas, l'individu sous les verrous n'est pas l'assassin ?

- Non.

- Nous devons le libérer sans tarder conclut Le Cairn.

La juge d'instruction le reprend confirmant ce que Chaval ainsi que Serbais pensent, les juges d'instruction ont tendance à considérer la détention comme une facilité à leur disposition et non pas comme ce qu'elle est en réalité une privation de liberté d'autant plus inadmissible qu' elle est souvent un moyen pour confondre plus vite un présumé « coupable » en exerçant sur lui une pression pour le faire avouer.

- On pourrait le maintenir encore quelques jours en détention pour tromper l'assassin et lui faire croire qu'il ne risque rien, que la disparition de Juliette Tandrédi est une disparition parmi toutes celles qui se produisent...

Elle regarde Bouchard une nouvelle fois pour obtenir son soutien et toujours dans l'espoir de renouer leur relation dénouée.

- La juge a raison fait Bouchard. Qu'est-ce que tu en penses Hèmery ?

- Pas moins.

- Et toi Chaval ?

- Tu sais ce que je penses de vos pratiques, Bouchard...

Le procureur intervient.

- Vous avez 72 heures, puis je préviens Serbais...

- Ce ne sera pas suffisant, dit Hèmery.

- En effet monsieur le procureur. Nous sommes bloqués par l'absence de corps, par l'absence d'éléments concrets... Si le hasard n'est pas avec nous, nous n'éluciderons pas cette affaire...

- Peut-être pas, rétorque Chaval. Notre assassin prend de l'assurance. C'est vrai qu'il est de plus en plus méthodique. Il va recommencer à tuer et éventuellement commettra-t-il une erreur qui nous mettra sur sa piste.

- Oui, parce que le hasard jouera de plus en plus en notre faveur. Plus il tue, plus il a contre lui les probabilités de ne pas laisser derrière lui une preuve, ajoute Bouchard.

 

 

 Et toujours en suivant ce lien, vous pouvez lire tous les fragments de mon modeste récit policier : link

 

 

chat_noir.jpg

 


Tag(s) : #Nice city

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :