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Peut-on éviter que l'autopsie soit cette boucherie qui dans les séries télévisées soulèvent le coeur même des policiers? Essaie-t-on de le faire? 

En France, s'il s'agit d'une autopsie judiciaire, aucune disposition légale relative à la restauration et à la restitution du corps n'est prévue. Certaines dérives ont en conséquence été observées. Le Médiateur de la République, averti de ces problèmes, a demandé au Ministère de la Justice de combler ces lacunes juridiques. En effet,  Il existe un réel vide juridique sur les autopsies judiciaires. "Elles ne font l'objet d'aucune disposition particulière dans le code de procédure pénale", écrit le médiateur. "L'autopsie est déjà une atteinte à l'intégrité du cadavre, on ne peut pas ajouter de l'insulte à la blessure", souligne Loïc Ricour, directeur du pôle santé et sécurité des soins. "Le corps est souvent restitué dans des conditions déplorables, choquantes pour les parents, ce qui ajoute à la douleur du décès", ajoute Martine Timsit, conseillère pour les réformes auprès du médiateur. link

D'autre part les moyens modernes d'investigations médicales, radiographie, scanner et autres ne pourraient-ils pas avantageusement remplacer les fameuses incisions du crâne, du thorax, de l'abdomen ? 

- Cela coûterait trop cher ! Un corps mort est un corps mort !

- De la viande, direz-vous ?

- Non! Non! 

- Donc...

 

 

Pour vous permettre de surmonter cette longue introduction, je reprends le cours de mon modeste petit récit policier. Dans l'épisode précédent, les inspecteurs Bouchard et Hèmery ont procédé à l'interrogatoire de leur premier suspect, Philippe Ménard, en même temps nous avons appris comment Pascal a rédigé la pensée qu'il a finalement intitulée "Disproportion de l'homme".

 


 

C'est au bout du cinquième verre de vin que Chaval se sentait bien. Il savait d'expérience qu'avant midi il ne devait pas dépasser ce nombre, en gros une bouteille de rouge, le plus souvent du Bordeaux, ce qui lui permettait de procéder à ses autopsies, en commençant d'abord par l'examen externe du corps afin de décrire les caractéristiques de la victime, la présence ou l'absence de signe pathologique de lésions traumatiques , les signes positifs de la mort, de mesurer la taille, le poids de la victime, son index de masse corporelle pour savoir si elle était bien bâtie, bien nourrie/mal nourrie, dénutrie, cachectique, déshydratée, mince, obèse… , de déterminer son âge apparent, la coloration de ses cheveux, de ses yeux, la présence de pétéchies, la coloration anormale de la peau, de déceler la présence d' éléments d’identification : tatouages, cicatrices…pour en préciser l’aspect, la topographie, de découvrir les traces de ponction veineuse récente, puis d' arriver à la description des phénomènes cadavériques: tache verte, lividités, rigidité, circulation posthume , degré de décomposition avec la description de la tête, du cou, des membres inférieures, du thorax, de l'abdomen, des organes génitaux externe, du périnée, de la région anale, des téguments du dos, des membres inférieurs avec l' exposé précis de chaque lésion et son origine : arme à feu, arme blanche, brûlures, asphyxie, noyade, putréfaction, passer à l' examen du cou et de la face, et, en cas de traumatisme facial, disséquer la face, rechercher des fractures,- pour la bouche, vérifier s'il n'y avait pas de traumatisme labial, gingival, examiner la langue, l'os hyoïde, le cartilage de la thyroïde, la thyroïde, les carotides,- et pour l' œsophage constater son aspect : normal, ou avec présence de varices, d' ulcérations…

Enfin en arriver à l'autopsie proprement dite avec la description des incisions effectuées, en commençant par le crâne pour rechercher les hématomes, les fractures éventuelles, les traces d'hémorragie, le couper à la scie pour déterminer le poids du cerveau, l'aspect des hémisphères pour voir s'il y avait des aplatissements de sillons, - l' apparence du cervelet, rechercher à la base du crâne d'éventuelles fractures, puis disséquer la moelle, passer ensuite à l'incision du thorax pour examiner les cavités pleurales et péritonéales, vérifier s'il y avait des épanchements, s'assurer en ce qui concerne le cœur qu'il n'y avait pas d'hypertrophie du ventricule droit puis du gauche, de l'épaisseur des parois, apprécier l'état des coronaires, constater qu'il n' y avait pas de lésion d'infarctus, étudier les poumons droit et gauche, mesurer leur poids, vérifier la présence d'œdème, - puis examiner les vaisseaux, l'œsophage, son contenu, la présence de fractures des côtes, passer à l' analyse du foie, pour mesurer sa dimension, constater sa couleur, sa consistance, ses plaies, - de la vésicule biliaire, de la rate avec vérification de l'éventuelle présence de plaie, d'hématome, puis des ganglions lymphatiques, de l'estomac, de l'intestin et son contenu, de l'appendice présent ou absent, du pancréas, des surrénales, des reins avec chaque fois la prise du poids, des dimensions, de l'aorte abdominale, des veines cave et iliaques, rénales, de la vessie, de l'utérus et des ovaires...

Et comme toute autopsie doit comporter un échantillonnage minimum pour toxicologie et anatomie pathologique, prélever des échantillons de sang périphérique et cardiaque, d' urine,de bile, du contenu gastrique, de mèches de cheveux entre autres...

Parvenir enfin au mode de décès: homicide, suicide, accident, mort naturelle, indéterminée dans certain cas difficile et à la cause du décès.

Puis reconstituer le corps pour lui redonner autant que faire se pouvait son aspect naturel.

Dans le cas de Marie Toulouse, Chaval avait essayé de minimiser ses incisions, ses prélèvements, désolé de s'acharner ainsi sur un corps aussi jeune qui lui semblait plus il avançait dans son autopsie, vivant , et lui refuser de révéler pourquoi il faisait mine de ne plus vivre et en même temps lui raconter une histoire de cicatrices, de fractures anciennes qui ne lui parlaient que trop...

De ce fait il avait amplement dépassé la dose de vin qu'il devait normalement boire. Il était arrivé titubant au restaurant où il avait rendez-vous avec Bouchard. Tout au long de sa marche il avait eu l'impression que le monde s'était mis à pencher de plus en plus. Il avait eu beau essayer de ne penser à rien, surtout pas à ce beau corps qu'il avait charcuté comme si ce n'était que de la viande mais il n'avait rien gagné au change parce que n'avaient cessé de bouillir dans sa tête les mots de Marthe : « Chaval, tu me fais peur! Je ne peux plus supporter cette idée que tu puisses disséquer tous ces corps ! Je n'en peux plus que tes mains se posent sur mon corps ! Vraiment je n'en peux plus! Tu me comprends! Dis! Tu me comprends!».

 

corps ame

 

 


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