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Avant de vous livrer un nouveau fragment de mon modeste récit policier, un court commentaire avant l'allocution présidentieille.

Avec la complicité d'une majorité de citoyens, un président a été élu dont on perçoit aujourd'hui l'erreur stratégique dramatique du point de vue économique. Je ne prends même plus la peine de vous soumettre les liens vers mes articles avant l'élection présidentieille qui indiquaient quelle devait être non pas les mais LA priorité des priorités dans la mesure où gouverner c'est choisir. Se poser la question de plus de justice sociale ( je ne dis pas qu'elle n'est pas importante) était inadéquat, mais diablement efficace, voir mon modeste traité politique, link du point de vue électoral, du fait aussi de notre sens inné de l'égalité qui n'est  en fait que de la haine sociale. la seule question était donc, comment réduire le chomage de masse dans notre pays étant donné que bien entendu "on a tout essayé sauf ce qui marche". Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ! Il n'y a qu'à entendre aujourd'hui, le dénigrement systématique du modèle allemand fait par des économistes plus ou moins "atterrés" qui feraient bien d'atterrir. Comme Clemenceau le faisait remarquer, la conduite de la guerre ne peut être abandonnée aux seuls militaires, la conduite de l'économie aux seuls économistes, fussent ils crypto-marxistes ( A la lanterne les patrons!) ou keynésiens avérés ( Il nous faut plus de pouvoir d'achat...  pour acheter les produits fabriqués ailleurs qu'en france).

La démocratie est un système politique dangereux pour des peuples peu raisonnables, qui ne peut aboutir qu'à la catastrophe, ( voir la Grèce, Chypre...) puisque très vite elle devient un concours de démagogie gauche /droite qui reporte systématiquement sur les générations futures le paiement des dettes contractées, par exemple pour construire des ronds-points, des hôtels de région ou distribuer toute sorte d'allocations et de ni-niches pour nos chien-chiens...

La démocratie Athénienne n'a pu exister un temps que parce que ( le fameux siècle de Péricles),  Athènes s'était dotée d'un empire maritime et qu'elle faisait payer ses dépenses par ses colonies. Quand elle a perdu son empire ( la ligue de Délos) elle a sombré dans la démagogie, et la tyrannie.

Vive la république ! Vive la France !    

 

Vous trouverez en suivant le lien ci-dessus, le récapitulatif des principaux personnages de mon modeste récit policier dont voici un nouvel épisode. 

Le lien pour replacer cet épisode dans la continuité du récit : link

 

 

 

Brûlures mêlées sur les hauteurs de la ville

 

 

 

 

Pendant que le juge Serbais procède à l'audition de celui qui est considéré par la police comme le bras droit du chef du gang de l'Atlantide, Mireille Toulouse arrive avec un fourgon au palais de justice. Elle regarde sa montre une ultime fois. Elle est pile à l'heure. Elle gare le véhicule sous la fenêtre du bureau du juge Serbais. Elle descend et marche vers la puissante moto rangée un peu plus loin avec deux casques à la main. Elle a à peine actionné le démarreur de la moto qu'un grand fracas de fenêtre brisée retentit. Un homme vient de passer à travers elle. Il rebondit sur le toit du fourgon et atterrit sur le trottoir. Il court vers la moto. Mireille lui tend un casque. Elle démarre. Elle conduit vite mais avec sûreté , se faufilant dans les rues de la vieille ville pour déboucher sur le port. Ils sont très vite sur la voie rapide qu'ils quittent presque aussitôt pour se perdre vers les hauteurs de la ville.

En quelques minutes, ils sont sur les collines du côté du versant qui domine la vallée du var.

Un 4X4 les attend sur un chemin qui conduit aux serres. Ils laissent la moto à un complice qui s'éloigne sans délai. Ils s'installent dans le tout-terrain qui démarre sur les chapeaux des roues.

- Ralentis Georges, inutile de nous faire repérer. Tout s'est bien passé. La petite a été à la hauteur.

- Tu sais ce que je pense de son intervention...

- C'était la meilleure solution... Nous sommes tous surveillés. Pas elle, elle a pu mettre en place tout le dispositif sans problème. La preuve nous sommes la !

- Ok. c'est vrai qu'elle a assuré...

- Je te l'avais dit. Je l'ai bien dressée...

Il se retourne et saisit la cuisse de Mireille et y exerce une pression très forte. Elle ne bronche pas.

- Je suis quitte, demande-t-elle en le regardant droit dans les yeux?

- Baisse les yeux ! Ordonne-t-il en serrant plus fort la cuisse de la jeune femme qui se résous à baisser les yeux.

- C'est bien tu es obéissante... constate-t-il en desserrant son étreinte. Je n'ai qu'une parole... Tu as racheté ta liberté... Je ne veux plus te voir... Approche-toi.

Mireille obtempère. Il lui serre le visage à hauteur de la bouche de toutes ses forces en plongeant son regard glaçant dans ses yeux.

- Tu sais ce qui t'attend si tu l'ouvres... Tu as des vêtements à côté de toi. Met-les.

Mireille se déshabille. Quand elle est nue, les deux hommes la jaugent.

- Belle salope quand même ! Fait celui qui se nomme Georges.

L'autre acquiesce.

- Tu vas pas la regretter ?

- Un trou c'est un trou ! Tu connais la chanson, un de perdu...

- Ouais, quand même, Charles...

Celui-ci s'adresse à Mireille puis à son compagnon :

- Allez fous le camp ! Arrête la voiture ! Madame descend.

- Ici ?

- Oui ici. Elle se démerdera... C'est une grande fille...

Georges arrête le véhicule. Mireille descend.

Tandis que le 4X4 s'éloigne, un immense sentiment de soulagement l' envahit. Jusque là, elle craignait que Charles Trossimo juge plus prudent de l'éliminer. Il a compris qu'elle ne dirait rien. Depuis deux ans qu'elle vit avec lui, il a eu le temps de savoir ce qu'elle valait. Ne lui a-t-il pas même cassé un bras pour qu'elle accepte enfin de céder et de ne plus le défier du regard. Elle avait vu qu' elle avait gagné un peu d'estime à ses yeux même si elle ne restait «qu'une salope qu'il tirait».

Elle s'était laissé piéger par sa prestance, par sa dureté, par son faste pendant la réception après un défilé de mode auquel elle participait en tant que modèle. Il l'avait subjuguée d'autant qu'elle avait trop bu et absorbé une boisson sans doute avec du GHB. Elle avait senti qu'elle s'embarquait dans une aventure avec un voyou notoire dans laquelle elle prenait de gros risques. Ce qui l'avait plutôt poussé dans ses bras. Elle avait rapidement compris son erreur. Comme elle résistait, qu'elle désirait garder sa liberté, ce qu'il n'admettait pas, il la battait avec une brutalité, une sauvagerie qu'elle n'avait pas cru possible. Il lui avait même cassé sciemment un bras et menacé de lui casser l'autre. Elle avait cédé, non par peur mais parce que dès ce moment elle n'avait plus eu qu'un seul souci, le quitter. Mais il n'était pas question qu'elle puisse quitter le grand Charles Trossimo, de quoi aurait-il eu l'air ? Ce n'était que lui qui déciderait quand il la quitterait et, comme elle le désirait, il prenait un malin plaisir à faire durer son attente, même s'il avait déjà une autre maîtresse... En attendant, elle travaillerait à l'Atlantide comme hôtesse, point ! «Même avec mon bras plâtré ?», «Oui, même avec ton plâtre». Heureusement pour elle, elle s'était tenue à l'écart de tout ce qui se tramait à l' Atlantide qui était le quartier général des gardes du corps et hommes de main du député maire de la ville et du gang qui défendait pied à pied son territoire contre la mafia russe nouvellement implantée sur la côte. Elle n'en savait que ce que révélait par ses articles, Etienne Danglois, dans le quotidien régional; au fond pas grand chose, la direction du journal étant bien connue pour sa prudence et sa volonté de conserver les bonnes grâces du député-maire dont on connaissait les liens supposés avec le milieu. Elle commençait à s'impatienter quand l'opportunité s'était enfin présentée de se sortir de ce piège où elle s'était volontairement laissée entraînée. Charles Trossimo venait d'être arrêté à la suite d'un certain nombre de renseignements parvenus à la police. Il avait fait savoir à ses complices qu'il avait la volonté de s'échapper le plus vite possible des griffes du juge Serbais en charge du dossier. Une pression sur ledit juge avait été envisagée en découvrant son homosexualité et ses liens avec Etienne Danglois, mais cela n'avait pas convenu à Charles Trossimo qui désirait garder cette carte sous la manche. Le plan de s'évader lors d'une audition chez le juge avait été échafaudé. Il fallait que Charles puisse se réceptionner en sautant du deuxième étage et disparaître le plus rapidement possible dans le dédale de la vieille ville. Il avait eu l'idée de demander à Mireille de s'occuper des préparatifs de son évasion, d' amener la moto pour disparaître le plus vite possible et le fourgon pour réduire la hauteur de sa chute en échange elle y gagneraitsa liberté. Il savait qu'elle n'avait pas froid aux yeux et qu'elle avait son permis moto. Dans la semaine précédent son évasion, un fourgon et une puissante moto avaient été volés. Mireille avait soigneusement minuté son trajet et répété les différentes phases de ce qu'elle devrait accomplir. Elle n'était pas sûre que Charles Trossimo tiendrait sa parole, mais elle avait pensé que le jeu en valait la chandelle. De toutes façons, c'était sa faute. Elle savait quels risques elle prenait en sortant avec un truand de la pire espèce, de ceux qui n'hésite pas à torturer et à tuer. Mais justement c'est ce qu'elle aimait, les risques, l' adrénaline qui en résultait. Elle avait eu comme une révélation quand elle avait connu l'expression attribuée à Turenne avant la bataille de Salzbach, « Tu trembles carcasse mais tu tremblerais bien davantage si tu savais où je vais te mener ». Même si elle savait que Turenne s'adressait plus probablement à sa jument Carcasse qu'à sa propre carcasse, à son proprecorps, ce dédoublement entre le corps et l'esprit lui avait fait découvrir ce qu'elle savait qu' elle était, ce qu'elle ressentait à propos de son corps. Cecorps n'était pas elle. C'était une sorte de pantin, qu'elle pouvait observer se comporter, réagir comme s'il n'était pas le sien ou comme s'il n'était que sa marionnette, qu' unobjet. Ce qu'il pouvait ressentir, éprouver était bien ce qu'elle ressentait, éprouvaitmais toujours comme si ce n'était pas elle même qui le ressentait, l'éprouvait. Quand elle l'observait dans une glace, elle le trouvait mystérieux, sa vulvela fascinait plus particulièrement. elle y introduisait toute sorte d'objets et observait avec curiosité le plaisir qu'elle en éprouvait. Dans ses jeux avec Marie, elle était toujours celle qui pouvait introduire le plus long, le plus gros, le plus inapproprié des objets, comme elle était celle qui pouvait résister le plus longtemps au foulard serré autour de sa gorge. Plus tard, elle avait voulu éprouvé quels étaient ses limites à toutessortesde douleurs : de l'incision au rasoir, en passant par les brûlures à la cire de bougie, le cinglement d'une ceinture ou d'une cravache ou toute une variétéde percement, des seins, de la langue, des joues, des fesses et de la vulve. Sa conviction en était sortie renforcé:son corps n'était pas elle. En même temps il lui fournissait un ensemblede sensations qui lui apportait lajouissance qu'elle désirait. Quand Charles Trossimo avait posé son bras en porte à faux pour le lui casser. Elle avait attendu avec de l'appréhension mais aussi de la curiosité ce qui se passerait. Elle avait senti le craquement des os et la douleur fulgurante qui parcourait son corps, mais elle avait été comme déçue. Ce n'était que cela,un craquement, une douleur, un membre qui pend devenu inutile. Pas de quoi fouetter un chat. Du coup ce corps pouvait être le truchement qu'il lui permettrait de vivre comme bon lui semblait, c'est-à-dire de le plier aux désirs des hommes, en sachant que plus ces désirs étaient hors normes plus elle pouvait en obtenir de l'argent. Elle se disait qu'elle était comme le souteneur de ce corps. Comme un souteneur vis à vis de la putain qu'il soutient, elle le méprisait, ne lui accordait aucun amour et lui soutirait tout ce qu'il arrivait à gagner. Sa notoriété d' escort girl tendance BDSM était grande. Ce qu'elle avait toujours désiré, avoir beaucoup d'argent pour le jeter par les fenêtres s'était réalisé. En même temps, elle s'était rendu compte que ce n'était que cela, un moyen d'échange pour accumuler les robes, les chaussures, les rouges à ongle et autres qui n' effaçait pas cette sensation de vide qui remplissait son corps et débordait sur son esprit, lui rendant l'instant à vivre subséquent sans saveur ni couleur. D'où sa recherche parfois crépusculaire de comblerce vide, en commençant par le vide de son corps en lui enfournant tout ce qui était possible dans l'espoir que son trop plein envahirait son esprit ce à quoi elle parvenait parfois dans une sorte d'anéantissement complet de sa personne et d'abord de ce corps qui n'était pas elle mais qui lui permettait de se débarrasser d'elle.

Pour le moment, elle est soulagée. Elle va pouvoir reprendre son enquête sur l'homme dont elle pense qu'il est responsable de la mort de sa sœur, c'est-à-dire d'une partie d'elle-même, et même de la partie pour qui elle avait le plus de tendresse. Ce salaud va payer. Mais en attendant, elle doit rentrer chez elle.

Même si elle ne fait pas de stop, une voiture s'arrête à sa hauteur. Elle accepte de monter. La femme qui conduit lui demande où elle va. Elle répond qu'elle se rend au centre ville.

- C'est justement ma destination.

La conductrice doit avoir une bonne quarantaine d'année. Elle est habillée d'un tailleur dont la jupe remontée, dévoile des cuisses opulentes. Elle est enchâssée dans un parfum capiteux qui pense Mireille est certainement «Opium» d'Yves Saint-laurent.

- Pourquoi vous êtes-vous arrêtée lui demande-elle au bout de quelques minutes?

- Je... Cela m'a paru évident...

- Alors que je ne le sollicitais pas ?

- Oui... Cela m'a paru évident... Une femme seule sur le bord d' une route déserte des collines de la ville...

- Je comprends...

- Et puis je n'aime pas rouler seule... Cela m'angoisse quand il y a aussi peu de monde...

- Merci de vous être arrêtée...

- Il n'y a pas de quoi... cela m'a paru évident.

- Vous faites quoi ? La questionneMireille après un silence.

- Je suis avocate.

- Vous êtes mariée ?

- Oui, non, en instance de divorce.

Mireille décide de continuer son interrogatoire, cette femme est trop tentante dans ce qu'elle a de capiteux et de fragile.

- Vous avez des enfants ?

- Oui. Deux enfants.

- Vous avez un amant ?

Elle ne s'attend plus à des réticences, à une remarque du genre «  de quoi je me mêle ». Elle ne s' est pas trompée, cette femme a besoin de dire ce qu'elle est, de se dévoiler, pour peut-être savoir où elle en est, pourquoi pas.

- Oui.

- Cela vous satisfait ?

- Oui et non.

- Expliquez ?

Au fond il suffit de poser des questions pour que l'autre se sente dans l'obligationde répondre, vérifie une fois de plus Mireille.

- Oui, parce qu'il me comble.. Non parce qu'il hésite...

- Il hésite ?

- Il hésite à franchir le pas...

- Oui ?

- A franchir le pas d'une vie commune, d'une vie à partager...

- Il est un peu immature ?

- Je le pensais... Mais c'est plus grave...

- Plus grave ?

- Oui... il ne sait pas quoi faire d'une femme qui se donne à lui... surtout si elle est devenue plus qu'un corps pour lui... une vraie compagne...

- Vous pensez qu'il a peur de quoi...

- De me blesser... je pense...

- Vous l'avez trop acculé à un choix définitif ?

- Non, au contraire... Je n'ai voulu être pour lui qu'un corps dont il puisse se servir pour sa propre jouissance et la mienne... Je vous jure... rien d'autre...

- Il s'en est servi ?

- Oui... mais il s'est rendu compte que nous sommes des corps mais pas que... dansnos corps il y a nous dans notre totalité...

- Je ne crois pas.

- Vous ne croyez pas que nos corps soient entièrement nous, que ce corps pantelant c'est nous.

- j' ai vérifié, nous ne sommes pas nos corps. Je ne suis pas mon corps. Je le vois assis près de vous, je vois votre corps assis près de ce corps qui n'est pas moi. Si vous prenez votre allume-cigare et vous le posez sur ce corps, il aura de la douleur, je sentirai cette douleur mais elle ne m'atteindra pas comme elle atteint le corps. Essayez !

- Vous me faites peur !

- Vous ne voulez pas essayer ?

- Non, cela m'angoisse trop.

- Vous voulez que j'essaye sur vous ?

- Mon dieu non !

- Je peux essayer sur moi ou plutôt sur mon corps...

- Non, je vous en prie.

- Bon, je n'essaierai pas. Je ne veux surtout pas vous angoisser. Je vous aime...

- Je ne comprends pas...

- Oui, je vous aime... j'aime votre corps mais surtout je vous aime vous !

- Comme ça, tout d'un coup ? Sans me connaître ?

- C'est votre corps que je ne connais pas, je peux seulement le deviner à travers vos vêtements... Vous je vous connais.

- Ce n'est pas possible...

- Oui c'est possible, je sais bien qui vous êtes.

- Vous le supposez.

- Comme vous voulez. Je vois bien que vous avez peur que je dise la vérité.

- Non... pas vraiment peur... Je trouve cela incroyable... Moi je ne vous connais pas du tout. Vous êtes opaque pour moi.

- Vous, pas pour moi. Par exemple vous êtes une femme qui n'hésite pas à arrêter sa voiture pour demander à une autre femme si elle peut l'aider. Vous êtes entièrement vous dans ce geste. C'est-à-dire quelqu'un de tourner vers les autres, qui a le goût des autres, qui n'a pas peur de s'offrir, qui n' a pas peur de répondre à des questions d'ordre personnel,...qui a peur de voir le corps de quelqu'un souffrir comme si la souffrance d'un corps avait quelque importance... Vous êtes une vraie entre guillemet bonne femme. Tenez... Vérifiez...

Mireille a saisi l'allume-cigare et veut le plaquer sur sa cuisse. La conductrice tente de l'en empêcher.

- Vous voyez... je crois que vous préféreriez que cette allume-cigare brûle votre corps plutôt que le mien... Au fond parce que vous savez que votre corps n'est pas vous et que cette brûlure n'atteindra que votre corps et pas vous.

- Peut-être... Mais je vous en prie... renoncez à vous brûler et reposez cet allume-cigare dans son emplacement.

- C'est bien parce que je vous aime que j'obéis.

- Vous m'aimez ?

- Je n'ai pas d'autres mots à ma disposition pour dire combien je suis bien en votre présence, pas en présence de votre corps mais de votre esprit...

- Pourquoi ne serait-ce pas de la sympathie, seulement...

- Mais c'est aussi de la sympathie, mais le mot est insuffisant pour dire que vous ne m'êtes pas seulement indifférente, que vous me plaisez, pas votre corps... oui aussi votre corps, mais votre esprit surtout, vous.

- Mais aimer quand même … je ne m' y fais pas...

- Vous voulez que je vous dise : je vous sympathise, je vous affinitise... je vous aime... c'est mieux...

- c'est trop lourd aussi vite... un peu inapproprié...encore...déjà...

- Parce que vous mettez dans ce je vous aime trop de corps. Ce je vous aime ne veut pas dire, d'abord je veux faire l'amour avec vous, ou s'il veut le dire, il veut dire je veux faire l'amour avec votre esprit, le corps suivra ou pas. En général il suit parce qu'il est à notre disposition comme la jument Carcasse était à la disposition de Turenne et tremblait déjà de ce qui allait lui arriver, de l'endroit où Turenne laconduirait...

- Donc, moi aussi je vous aime ?

- Oui.

- Et qu'est-ce que je fais de mon compagnon ?

- Voila vous retombez dans les clichés. On peut aimer deux esprits à la fois, aussi deux corps. Les hommes plus libres que nous dans la société n'ont jamais été monogames ou exceptionnellement. C'est vrai que ce qu'il désirait c'était surtout du corps...

- De la chair...

- Oui au sens de chair fraîche... Vous voyez nous sommes sur la même longueur d'ondes... nos esprits...

Esther range la voiture le long d'un trottoir. Elle se penche sur Mireille.

- Prenez-moi dans vos bras.

- Descendons, ce sera plus facile. Les deux femmes descendent.

- Vous voulez toujours que je vous prenne dans mes bras ?

- Oui.

Mireille prend Esther dans ses bras. Elles restent ainsi enlacées un long moment. Esther a réglé sa respiration sur celle de Mireille, dans ses bras, elle se retrouve très loin de la ville, du moment présent si son corps reste blotti dans les bras de Mireille mais elle ne le sent plus.

- Remontons fait-elle, troublée.

- Tu as senti demande Mireille.

- Oui. Je sais que tu as aussi raison. Nous ne sommes pas que nos corps...

- Que ?

- Oui que … fait Esther en souriant.

Dans la voiture Mireille lui dit :

- Je peux te faire un cadeau ?

- Cela dépend duquel ?

- Je me brûle et je pose ma brûlure sur ta peau.

- Non.. Tu me brûles, tu te brûles et on mélange nos brûlures comme les indiens mélangeaient leur sang.

- Oui.

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Tag(s) : #Politique, #Nice city, #Démocratie