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Nous sommes au pays de la plus grande égalité, autrement dit de la plus grande jalousie sociale, autrement de la plus grande haine sociale renouant avec la tradition révolutionnaire de l'aristocrate à la lanterne. Que n'a-t-on pas dit sur NS et sa volonté de dresser les français les uns contre les autres et notamment les travailleurs contre les chômeurs. Avec FH nous allions avoir la paix sociale, la fin de la haine des uns contre les autres, de ceux qui travaillent contre ceux qui ne travaillent pas. En fait comme c'était à prévoir ( voir mon modeste petit traité politique, loi n° 4, pages 7 et 8, link ) la recherche de plus d'égalité s'est d'abord traduite par la dénonciation des patrons avec leurs salaires mirobolants et leurs stocks options scandaleuses puis des riches avec leur richesse volée aux autres citoyens, puis des acteurs et actrices touchant des cachets obscènes grâce à notre argent, maintenant des cadres avec leurs indemnités de chômage scandaleuses , concomitamment des intermittents du spectacle et des directeurs de théâtre abusant d'un système justifié par notre fameuse exception culturelle qui fait de nous le peuple élu qui guide les autres peuples vers la lumière miraculeuse où tout devient luxe, calme et volupté, à venir dans quelques jours, les retraités avec leurs honteuses pensions de retraite et leur espérance de vie à n'en plus finir...

 

Et tout cela parce qu'il faut trouver des boucs émissaires pour éviter de faire les réformes nécessaires pour sauver notre système d' État providence. S'il est en déficit c'est à cause des autres. La solution est simple faire payer ces autres mais pas nous. Alors que c'est nous tous qui devons faire un effort puisque nous tous nous bénéficions de cet Etat providence. Bien entendu cela sera douloureux mais je nous rappelle à nous citoyens français qu'il n'est pas encore question de baisser par exemple nos retraites de 40 % comme en Grèce pour le tirer de la mauvaise passe où l'ont placé des politiciens pusillanimes et notre égoïsme bien calculé de boutiquier : je te donne ma voix mais tu me donnes une nichette fiscale...

Heureusement il y a notre ministre du travail, non non je ne ferai pas un jeu de mot sur son patronyme qui a déclaré que la faute sur la situation déficitaire de notre système social incombe à nos partenaires européens qui pratiquent des politiques de réformes et d'austérité contre-productives au contraire de la France qui sait parfaitement que l'on s'en sortira non pas en serrant notre ceinture d'un cran mais par la relance qui viendra après la crise comme après la pluie le beau temps . Il nous suffit de prendre patience et non de la perdre...

 

Pour ne pas perdre patience je vous livre un nouvel épisode de mon modeste récit policier inachevé :

 

 

 

Nice city et ses «et si»

 

 

Lorsqu'elle voit arriver à « L'intolérance » Marcia avec une autre femme, Sarah Rouihi se glace. Tout de suite elle s'en veut à cause de Bouchard et de sa prévenance qu'elle froisse. En même temps, elle lui est reconnaissante de ne manifester aucune contrariété et de reprendre en douceur son quant à soi afin de la laisser libre de retrouver ses esprits.

Elle croyait en avoir fini avec elle. Elle croyait qu'elle ne ressentirait en sa présence plus aucun sentiment, qu'elle pourrait la considérer sinon comme une étrangère du moins comme une relation. Elle se reproche de n'avoir pu faire comme si de rien n'était. D'autre part trois années de relation heurtée, de pleurs, de cris, de reproches, d'amour dévorant, d'épuisement des sens, de tendresse attentionnée ne peuvent s'envoler comme une feuille à l'automne. Il faut qu'elle en prenne son parti. Elle croyait déjà l'avoir pris en faisant ses premiers gestes de séduction envers Bouchard. Elle a tout gâché. Elle n'ose même plus croiser son regard.

Celui-ci a senti qu'elle n'était pas bien. Il propose de partir.

- Je suis fatigué. Vous pouvez rester si vous voulez, fait-il.

Hèmery comprend qu'un événement a dérangé son ami. Il se tourne vers Esther en lui demandant si elle désire rentrer . Elle répond négativement.

- Bon, nous restons, dit-il à Bouchard qui se lève.

Sarah se décide à partir avec lui. Elle ne veut pas l'abandonner. Elle espère pouvoir lui expliquer que son changement d'humeur ne l'implique pas, mais qu'il est le résultat d'un passé englouti.

Lorsqu'ils se retrouvent dehors, Elle ne sait par où commencer. Bouchard attentif lui déclare :

- J'espère que ce n'est pas moi qui vous gâche votre soirée.

Sarah fait non de la tête. Elle n'arrive pas s'excuser, à s'expliquer. Plus elle se débat plus elle s'enfonce dans un silence têtu.

Ils parviennent à la voiture de Sarah.

Elle fouille dans son sac et sort ses clefs. Il lui dit :

- Rentrez bien.

Elle s'assoit dans son véhicule.

Il faut qu'elle lui parle, qu'elle s'excuse, qu'elle s'explique. Elle n'a pas le droit de le quitter comme cela, planté sur le parking, attentif et en même temps s'efforçant de faire comme si de rien n'était entre eux.

Elle actionne le démarreur.

Il s'écarte de la voiture et s'éloigne. Elle a compris qu'il désire lui laisser le plus de liberté possible, ne pas la forcer.

Elle accélère, le rattrape, freine et ne trouve qu'à lui dire :

- A bientôt.

Il sourit et hoche la tête en un signe d'assentiment. Elle s'en va.

Un peu plus tard, elle prend sa décision. Elle arrête sa voiture sur la promenade, sort son téléphone et l'appelle.

- Excusez-moi, lieutenant, c'est encore moi, Sarah Rouihi.

- Oui ?

Elle ne perçoit ni surprise ni agacement dans sa voix, ce qui l' encourage.

- Je, je ne veux pas que cette soirée se termine comme ça...

- Comme ça ?

- Oui de manière aussi abrupte... de ma faute... je... Je suis prête à tout pour que nos relations ne soient pas perturbées par ma manière... désinvolte...

- Écoutez Sarah....Vous permettez que je vous appelle ainsi...

- Oui.

- J'ai passé une excellente soirée... Je sais qu'il vous est arrivé quelque chose qui vous a perturbé... j'espère que cela n'est pas trop grave. En ce qui me concerne cela ne change rien à mes sentiments à votre égard. Si vous désirez qu' on en restent là, je le regretterai mais je saurai prendre sur moi pour ne garder que le meilleur...

- Non, lieutenant, non. Il n'y a rien de grave. Je suis prête à tout pour … Je vous dois des explications...

- Si vous voulez Sarah, mais vous ne me devez rien. Le seul fait que vous disiez que vous êtes prête à tout pour que nos relations se poursuivent me comble...

- Merci lieutenant... Laissez-moi un peu de temps... Mais avant de nous quitter je me sens obligé de vous dire ce qui s'est passé et qui m'a chamboulé...

- Encore une fois Sarah vous n'êtes pas obligée...

- Merci, lieutenant, mais j'ai besoin que vous sachiez.

- Oui?

Sarah lui raconte ce qui lui est arrivé à « L'intolérance » quand elle a aperçu Marcia accompagnée d'une autre femme. Elle sort avec elle d'une relation difficile qu'elle croyait enfouie à tout jamais dans un recoin de sa mémoire et pourtant elle s'est sentie glacée, ce qui explique son changement d'attitude. Elle est sûre que c'en est fini avec elle, mais la voir ainsi lui a provoqué un choc auquel elle n'a pas su faire face. C'est pourquoi elle s'en veut. C'est pourquoi elle est prête à tout pour qu'il lui pardonne, pour qu'il ne se détourne pas d'elle tout en lui laissant un peu de temps.

- Vous comprenez, lieutenant...

- Oui.

- Vous me comprenez?

- Oui.

- Je ne vous importune pas ?

- Non. Comment pouvez-vous penser cela, Sarah.

- Je, je ne sais pas... Je suis tellement désolée...

- Il ne faut pas Sarah.

- J'ai tout gâché.

- Non, Sarah. Vous avez besoin de reprendre vos esprits. Vous m'avez demandé un peu de temps...

-Oui.Sachez que j'ai tout mon temps. Que je suis disposé à attendre le temps qu'il faudra...

- Merci, lieutenant. Et moi que je suis prête à tout si vous le désirez... Je ne vous demande qu'un peu de temps...

 

Borme remarque une silhouette familière devant lui. Elle vient à sa rencontre d'une démarche assurée. Sur le moment, son sentiment de familiarité ne le conduit qu'à une incertitude. Il connaît cette personne sans savoir qui elle est exactement. Ce n'est que lorsqu'ils sont à quelques mètres l'un de l'autre que Borme constate qu'il a devant lui Gorbes. Celui-ci, ou qu'il soit perdu dans ses pensées ou plus étrangement qu'il ne le reconnaisse pas, le croise sans lui accorder la moindre attention. Ce qui plonge Borme dans une grande perplexité parce que non seulement Gorbes semble ne l'avoir pas reconnu mais surtout ne plus boiter. Il a la tentation de se lancer à sa poursuite pour savoir s'il ne s'est pas trompé, s'il est bien en présence de Gorbes, mais d'un Gorbes qui ne boiterait plus. En ce cas qu'elle est l'infirmité qui a remplacé son boitement si l'on se réfère à la légende d'un Neustein maudit lui et sa descendance pour avoir défié YHWH, en n' acceptant pas Sa décision de faire mourir le vrai Gorbes lors de l'occupation nazie. Un autre détail intrigue Borme qui concerne le visage de Gorbes. Il s'avère que celui-ci a taillé sa barbe, ce qui le rend non pas méconnaissable mais avec la disparition de sa claudication beaucoup moins caractéristique.

A-t-il rêvé ? Était-ce vraiment Gorbes ? Celui-ci aurait-il un frère jumeau ? Ou bien Gorbes a-t-il décidé de changer de physionomie ? Dans ce cas dans quel but ? Tout simplement pour être un autre homme. Mais alors pourquoi n'a-t-il pas complètement rasé sa barbe ? D'autre part être un autre, mais pour quelles raisons ? Pour cacher ses activités ? Pourquoi ? Aurait-il plongé dans une sorte d'illégalité , ou tout simplement dans une sorte de clandestinité pour rompre avec une ancienne vie devenue trop répétitive ? Par désœuvrement ? Par jeu ? Parce qu'il désire être plus séduisant ? Parce qu'une femme est entrée dans sa vie la rendant différente au point qu'il a éprouvé le besoin de se construire une nouvelle personnalité ? Il faudra qu'il en ait le cœur net.

Mais alors comment a-t-il pu se débarrasser de sa claudication ? A-t-il subi une opération ? Quand ? Dans quelle clinique spécialisée ? Ou bien porterait-il dorénavant des chaussures orthopédiques, à moins que cela ne soit une prothèse, les progrès techniques ayant permis de lui rendre cette démarche assurée, un peu mécanique justement !

Et si tout platement, ce n'était pas Gorbes mais une sorte de sosie. Ne sommes-nous pas des structures avant d'être des individus? Même si YHWH est omnipotent n'a-t-il pas par économie, limité le nombre de patrons pour créer son humanité, n'est-ce point ce que nous constatons tous les jours ?

C'est sur cette idée que Borme décide de clore ses interrogations ne sachant que trop son penchant pour elles pour ne pas voir le plus souvent l'évidence en la parant de voiles qui la rendent plus mystérieuse.

 

Dans un premier temps Pascal a écrit : «Nous courons sans souci dans le précipice pourvu qu'il y ait quelques chose devant nous qui nous empêche de le voir, et si »

Il ne garde pas le «et si» ni d'ailleurs «pourvu qu'il y ait» qu'il remplace par « après que nous avons mis».

C'est cet «et si» supprimé que Borme regrette le plus, qui l'a toujours plongé dans un abyme dont son esprit aime à mesurer la profondeur comme aujourd'hui parmi cette foule de passants avec ce Gorbes et sa multitude de «et si».

 

coeur

 

Le lien pour lire les épisodes précédents : link

 

Tag(s) : #Haine sociale, #Nice city