Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Ce qui me peine le plus c'est qu'en restant à Fukushima city, je ne peux plus faire les gestes du quotidien, aller au jardin avec ma fille, cueillir une fleur

Au fur et à mesure que nous nous éloignons dans le temps de Fukushima la méfiance des Français vis à vis du nucléaire qui avait grandi diminue.

Pour se concilier les écologistes et tous ces Français inquiets François Hollande avait promis une mesure emblématique la fermeture de la plus ancienne des centrales françaises celle de Fessenheim qui date de 1977 et la recomposition de ce que l'on appelle notre mix énergétique,visant à y faire passer le % du nucléaire de 75 à 50. Pour montrer l'audace de notre président, rappelons qu'Angela Merkel a décidé de l'abandon du nucléaire en Allemagne parce qu'elle désirait couper l'herbe sous le pied des écologistes qui la talonnaient dangereusement dans les sondages pré-électoraux, en profitant de l'émotion créée dans son pays par la catastrophe de Fukushima. Si Paris vaut bien une messe , une réélection vaut bien 17 centrales qui seront progressivement arrêtées d'ici 2022.

Mais voilà en France ce n'est pas le gouvernement qui décide de la fermeture d'une centrale nucléaire, mais

1) soit l' Autorité de Sécurité Nucléaire, totalement indépendante du pouvoir politique et du pouvoir économique, pour des raisons de sécurité. Paradoxe pour un pays qui passe pour être très centralisé !

2) soit l'exploitant ( EDF) pour des raisons économiques.

Comment arrêter cette maudite centrale puisque l'ASN a autorisé la prolongation de la durée de vie de Fessenheim pour 10 ans, pour peu que le renforcement du radier sous le cœur nucléaire soit effectué, ce qu'a entrepris de faire EDF. Donc ni pour des raisons de sécurité, ni pour des raisons économiques, Fessenheim ne peut être arrêtée.

Seule solution, créer une loi qui redonnerait au gouvernement le droit de fermer une centrale en tenant compte de la politique énergétique par lui décidée, donc en introduisant en plus du critère de sécurité, du critère économique, un critère de politique énergétique, ici de faire passer le nucléaire dans notre mix de 75 % à 50 %, ce qui permettrait en désaccouplant la mise à l'arrêt définitif moins lourde administrativement de la phase de démantèlement de fermer Fessenheim en 2016 comme promis. La procédure actuelle de mise à l'arrêt définitif et de démantèlement d'une installation nucléaire impose la constitution d'un dossier détaillé et son instruction avec enquête publique. « Entre le moment où l'opérateur commence à préparer son dossier et le décret d'autorisation, il faut compter cinq ans: deux ans pour l'élaboration des documents et trois ans pour leur analyse », rappelle Jean-Christophe Niel, directeur général de l'ASN.

Le risque de ce dispositif, que ne soit pas respectée ce que préconise l' ASN le « démantèlement au plus tôt » d'une centrale pour des raisons de sécurité, après la décision de fermeture définitive.

1) parce qu'une centrale à l'arrêt présente des risques et

2) parce que le mieux placé pour procéder à ce démantèlement est le personnel de cette centrale qui la connaît dans ses moindres recoins.

Parions que notre président fera preuve d'autorité, et puisqu'il s'agit d'accroître les dépenses de l' Etat ( Il faudra verser des indemnités à EDF) l'arrêt définitif de Fessenheim interviendra bien en 2016 d'autant que l'on sera déjà en pleine campagne présidentielle et que la chasse à toutes les voix sera engagée et que l'on n' attrape pas les mouches citoyennes avec du vinaigre nucléaire.

Quant au démantèlement ?!

Ce qui me peine le plus c'est qu'en restant à Fukushima city, je ne peux plus faire les gestes du quotidien, aller au jardin avec ma fille, cueillir une fleur

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :