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L' adoption du référendum à initiative populaire est indispensable. ( ou du moins d'initiative partagée, mais rendu nettement plus réalisable qu'il ne l'est, puisque depuis la modification constitutionnelle voulue par le président Sarkozy qui l'a créé, il n'y en a pas eu. [Note du 6/01/2019] )

*

Je reçois d'un de mes lecteurs cette lettre dont la pertinence ne vous échappera pas, raison pour laquelle je me permets de vous la communiquer :

Cher M. Latina dans votre article du 13 décembre intitulé, Pour une 6° République

( http://fablehaikus.over-blog.com/2013/12/pour-une-6-r%C3%A9publique-et-une-vraie-d%C3%A9mocratie.html )

vous préconisez l' abandon du mode de scrutin majoritaire uninominal à deux tours pour un mode de scrutin à la proportionnelle.

Excusez-moi de vous faire cette remarque mais je crains fort si cette réforme était adoptée un retour à l'instabilité gouvernementale de la IV ° République qui se caractérisait par une durée de vie moyenne des gouvernements n'excédant guère les six mois, les deux plus longs étant celui de l' illustre Guy Mollet qui a duré 16 mois et celui de l' illustre M. Queuille qui a duré 13 mois. Durée qui rendait impossible ou, à tout le moins difficile, une politique autre qu'à court terme.

Je vous rappelle que dans votre fameux « modeste traité politique » dans le commentaire du théorème 1 de l'axiome 4 vous écriviez :

« Si nous sommes devant un pays qui a le génie de la division, ( sous entendu la France) ces deux grandes familles vont se diviser au moins en 6 partis:

1) Le parti de la gauche de la gauche qui désire la révolution. Exemple autrefois du PCF (Parti Communiste Français) en France.

2) Le parti de gauche qui désire de grandes réformes. Exemple du PS( Parti Socialiste) en France.

3) Le parti de la droite de la gauche qui désire des réformes surtout sociétales et qui se veut le grand défenseur de la laïcité. Exemple du parti radical, aussi dénommé parti radical de gauche.

4) Le parti de la gauche de la droite qui désire des réformes surtout sociétales et qui se veut le défenseur du fédéralisme à l'intérieur comme à l'extérieur. Exemple le parti dit du centre sous différente dénomination y compris parti radical de droite.

5) Le parti de droite, conservateur et favorable au libéralisme économique, sous différentes dénominations où le mot central est celui non de parti mais d'union ou de rassemblement. Exemple de l'UMP.(Union pour un Mouvement Populaire) qui a succédé au RPR (Rassemblement Pour la République).

6) le parti de la droite de la droite, qualifié d'extrême droite, nationaliste, chauvin si ce n'est ouvertement raciste. Exemple du Front national. »

 

Comment pouvez-vous penser que même après un demi-siècle de majorité stable ce « génie de la division » se soit atténué ?

D'autre part il me semble que si vous n' oubliez pas que la démocratie ne peut engendrer que le désenchantement

 

Loi n° 8) En démocratie le citoyen ne peut être que désenchanté de la politique.

Ou la déception

Axiome 4) La déception est le fondement de la démocratie.

 

Vous n'en tenez guère compte dans vos propositions, ignorant superbement ce véritable fossé qui s'est creusé entre les citoyens et leurs représentants. A quoi peut servir une réforme si elle n'apporte pas de remède à cette méfiance vis à vis de la classe politique.

Je pense que vous espérez que le mode de scrutin à la proportionnelle et le septennat unique de 7 ans portent en eux-même ce remède. C'est possible, cependant je voudrais vous faire une suggestion qui permettrait de le rendre plus efficace.

Le recours au référendum d'initiative populaire pour en gros arriver à un usage de cet appel à l'ensemble des citoyens semblable à celui qui en est fait en Suisse où je le rappelle le peuple (dont on se méfie beaucoup trop en France, legs de la monarchie où celui-ci était vu comme une plèbe au mieux ou comme une populace ayant besoin d'une aristocratie nobiliaire puis sous la république d'une aristocratie des plus compétents, sorte de despotes éclairés collectifs pour le guider) montre non seulement son bon sens mais encore un courage que nos hommes politiques n'ont guère montré, rejetant ainsi par référendum le passage de 3 semaines de congés payés annuels à 5 semaines et plus proche de nous la limitation des écarts de salaire, mesure qui dans notre beau pays de la haine sociale va de soi, même si sa contre-productivité économique est prouvé. Il n'y a qu'à voir l'approbation à l'adoption de ces fameux 75 % de taxation au-dessus d'un revenu de un million d'euros qui découragerait n'importe quel Bill Gates, Jeff Bezos, Steve Jobs ou Mark Zuckerberg.

Vous voyez l'avantage d'un tel référendum d'initiative populaire, redonner aux citoyens le sentiment que la politique de leur pays ne se fait pas au-dessus de leur tête, en dépit de leurs intérêts, donc leur permettre de se réinvestir dans la politique et ainsi renforcer l' imparfait système de la démocratie représentative et finalement contrairement à aujourd'hui où ils ont perdu le sentiment d'appartenir à une même communauté, retrouver ce sentiment.

Le mauvais pli qui a été donné par le général De Gaulle, qu'il me pardonne, à l'usage du référendum comme moyen de renouer la confiance entre le président et ses concitoyens doit absolument être effacé parce qu'il a rendu son usage quasiment impossible.

Certes au début, mauvais pli pris, les Français continueront de ne pas répondre à la question posée, pour s'amuser à ce jeu de massacre qui consiste à dire non systématiquement, à contrecarrer systématiquement la politique du gouvernement en qui ils n'ont plus confiance à juste titre. C'est pourquoi il n'y aura pas trop de tout un septennat pour qu'ils finissent par comprendre, averti par leur président

1) que s' il tiendra compte du résultat pour faire voter ou pas telle ou telle loi

2) en aucun cas il ne se considérera comme désavoué si au lieu de répondre oui à la question sur le projet proposé ils répondent non.

Je ne doute pas que les Français finissent par se conduire comme les citoyens suisses, c'est-à-dire en citoyens compétents étudiant soigneusement les arguments des pour et des contre en se prononçant en toute connaissance de cause ensuite, avec courage, sans démagogie en tous les cas j'en suis sûr avec plus de courage et moins de démagogie que leurs représentants dont le but prépondérant pour ne pas dire unique est de conserver leur mandat comme vous le soulignez dans votre fameux « modeste traité politique » dans le théorème 5 de l'axiome 3:

 

« Théorème 5) L' homme politique est tout entier tourné vers son succès électoral.

Corollaire 1) L'homme politique n'a que faire du bien commun. »

Récapitulons, si nous voulons une VI ° République qui nous réconcilie avec la démocratie et refasse du peuple français une communauté, il nous faut :

1) Un président élu pour un seul mandat de 7 ans au suffrage universel

2) Un mode de scrutin à la proportionnelle, d'autant plus facile à instaurer que le mode de scrutin n'est pas inclus dans la constitution, voir le retour à ce mode en 1985 sous la première présidence de Mitterrand qui a abouti à la cohabitation,

3) L' adoption du référendum à initiative populaire, au contraire du référendum à initiative partagée prévu par les alinéas 3 à 6 introduits en 2008 dans l'article 11 de la constitution sous la présidence de Nicolas Sarkozy qui indiquent notamment qu’« un référendum portant sur un objet mentionné au premier alinéa peut être organisé à l'initiative d'un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales ». Dans notre cas l'initiative reviendrait aux électeurs, par exemple 500000, soutenue par 50 députés sans ce que ce soutien soit impératif.

Tout le monde a le droit de rêver... moi y compris ?!

Si l'on ne veut pas que le peuple devienne une bête féroce... (article du 23/12/2013)
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Tag(s) : #Politique, #Traité politique, #Démocratie