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J'ai passé hier soir au théâtre de Nice, dans la petite salle Michel Simon une grande heure ( de 80 minutes) délicieuse en compagnie d'un homme délicieux, Bernard Pivot.

Pour l' entendre je vous engage vivement, grandement, expressément, ardemment, chaudement, énergiquement, fortement, profondément, vigoureusement à suivre le lien ci-dessous :

http://www.franceculture.fr/emission-fiction-une-chaise-une-voix-un-texte-souvenirs-d-un-gratteur-de-tete-de-bernard-pivot-2012-

Et sans plus attendre voici une des dictées de Bernard Pivot qui fait partie de son spectacle :

La ronde des mots

" Dans toutes les langues, jouer avec les mots est un passe-temps fort agréable, à la portée de tout le monde, des blancs-becs, des rimailleurs, des étudiants, comme des linguistes chevronnés et des académiciens tout de vert vêtus. Les mots sont des amis fidèles, des serviteurs zélés, qui se sont toujours prêtés à nos fantaisies, à nos manigances, à nos acrobaties intellectuelles. Les mots sont des cailloux, des bijoux, des cachous, des joujoux.

Sauf homonymie, chaque mot a un son qui n'appartient qu'à lui. Il y a des mots moelleux et des mots âpres. Des mots bien-aimés et des mots dont la réputation est détestable. Des mots vifs comme des libellules et des mots lourds comme des hippopotames. Des mots discrets comme des violettes et des mots m'as-tu-vu. Mais, quels qu'ils soient, tous les mots, même ceux qui désignent les maux les plus effroyables de l'humanité, méritent d'être connus. À nous de faire prospérer ceux qui nous font honneur."

*

" La libellule ayant quatre « L » pour voler, comment se fait-il que l’hippopotame n’ait que trois « P »(attes) ? "

Y aviez-vous pensé ?

C'est ce qui permet à notre charmante libellule avec ses 4 "L" et ses 4 ailes de voler si gracieusement au-dessus des ruisseaux, au contraire de ce bahut d'hippopotame qui ne dispose que de 3 "P"attes, qui ne peut donc orthographiquement que marcher sur 3 "P"pattes d'où sa balourdise et cette démarche titubante d'ivrogne pour se rendre à son marigot préféré. Rendons lui donc service à la demande de Bernard Pivot et donnons lui ce/cette quatrième "P"attes, il nous en sera reconnaissant. d'autant que voyez-vous une si grande différence entre hippopotame et hippoppotame ?

*

"Vieillir c'est chiant ! " Cri du coeur de Bernard Pivot et du choeur de tous ceux qui prostatiquement ont atteint un âge blet"tement" supérieur à de nombreux lustres qu'il est inutile de préciser.

C'est pourquoi Bernard Pivot de grand journaliste littéraire est devenu un écrivain, mais pas seulement puisqu'il se donne en spectacle sur scène, lui qui avait rêvé de devenir gratteur de têtes dans le train fantôme de nos foires pour gratter les chevelures des jeunes filles afin de les effrayer et profiter de leur frayeur pour les consoler et s'adonner aux joies des bagatelles de la porte ( préliminaires amoureux et plus si affinités).

*

Bien entendu nous eûmes droit à notre dictée où il fut question d'air, d'aire, d'hère, d'erre, d'ers qui me donnèrent le fameux tournis et me firent perdre mon français sinon mon latin perdu depuis belle lurette !

Auparavant Bernard Pivot m' avait fait découvrir le mot "affiquet" qui signifie : petit bijou ou petit objet de parure agrafé aux vêtements.

« Non, le très modeste petit bijou que je lui ai offert, ce n'était pas une babiole, ni un colifichet, ni un brimborion, ni une breloque, ni une pacotille, ni un de ces affûtiaux qui sont proposés sur les trottoirs, ni un fifrelin, ni une bagatelle, quoique ce mot soit assez gracieux, et encore moins de la camelote ou du toc, non, c'était un affiquet, mot qui a ajouté de la rareté, du chic et de la valeur à cette broche de rien du tout qu'elle a accrochée à sa veste. »

*

Et voici encore quelques perles de ce spectacle, ( excusez-moi, je ne m'en lasse pas, comment cela serait-il possible ? )

Jean d’Ormesson à qui il demandait pourquoi le dictionnaire de l’Académie ne retenait pas l’acception sexuelle des « bagatelles de la porte » (les préliminaires avant l'amour), ce dernier lui répondit : « À l’ Académie française, il n’y a plus marqué sexe, mais prostate ! ».

« Les guillemets sont toujours au pluriel car ils vont par deux. En animant l’émission « ouvrez les guillemets », je vivais déjà aux crochets de la littérature ! ».

Voici une définition des mots croisés de Robert Scipion dans Le Nouvel Observateur qu' il aimait à pratiquer et qui le ravit : « pour honorer les lettres ou pour les supprimer ». Réponse : « Apostrophes » !

« Ego » est un nom masculin qui est forcément invariable et qui n’a forcément pas d’accent sur le « e » car il est dans la nature de l’ego de mettre l’accent sur lui !

Pourquoi mettre un trait d’union à « ex-femme » et à « ex-mari » puisqu’ ils sont séparés ?

E+a+u = o : ça ne coule pas de source pour les étrangers ! D’accord, il y a « bateau », mais il y a aussi « cargo » ! Décidément, le français va à vau-l’eau !

*

Merci de votre compréhension...


Merci, merci bien, un grand merci, un grand grand merci, et encore merci mille fois M. Bernard Pivot
Merci, merci bien, un grand merci, un grand grand merci, et encore merci mille fois M. Bernard Pivot
Merci, merci bien, un grand merci, un grand grand merci, et encore merci mille fois M. Bernard Pivot
Tag(s) : #Théâtre, #Littérature

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