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Et d'abord une anodine nouvelle à mettre sous le manteau : Des milliers de personnes ont manifesté à Montréal contre le projet du gouvernement du Québec de "Charte des valeurs" laïques qui veut promouvoir dans la "belle province" une laïcité à la française.

Bien entendu qui trouve-t-on en pointe contre ce projet de « charte des valeurs » laïques qui prévoit d'interdire le port de signes religieux ostentatoires comme le hijab, la kippa ou le turban dans la fonction publique ? En majorité des musulmans qui refusent d'accoster et de s'installer dans l'île de la félicité de la laïcité dans laquelle ils ont tendance à voir une île où régnerait l'islamophobie.

Décidément l'islam tel que proclamé par ses soi-disant porte-parole ne semble guère soluble dans la laïcité..

Dans le contre-jour des souffrances sans signification
Dans le contre-jour des souffrances sans signification
Dans le contre-jour des souffrances sans signification
Dans le contre-jour des souffrances sans signification

 

*

A présent pour esquiver les accusations d'islamophobie, revenons si vous le voulez bien en sifflotant, mine de rien, à mon modeste récit policier inachevé Nice city

Voici les principaux personnages :

Nice city, une ville qui s'alanguit autour d'une baie, éventrée par une voie ferrée et une voie rapide qui ne réussissent pas la nuit à lui ôter toute sa séduction.

Blaise Pascal, dont les « Pensées » surplombent un grand nombre des personnages de ce récit.

Myriam, une rom en rupture avec sa communauté et la société qui s'est décidée à vivre avec Chaval qui l'a séduite par sa désespérance narquoise.

Chaval, médecin légiste abandonné par sa femme Marthe qu'il aimait à cause de sa profession de médecin légiste. Connu pour ses talents de profileur.

Bouchard, capitaine de police aspire à devenir le compagnon de Sarah Rouihi.

Sarah Rouihi, juge d'instruction très attirée par Bouchard mais perturbée par la tentative d'assassinat perpétrée contre elle par son ancienne compagne Marcia Nogueira.

Mohand Rouihi, ancien officier de l'armée Française vit seul depuis la mort de sa femme. Il est le réconfort de sa fille, Sarah.

Monsieur Avrahamsky, lit le passé et l'avenir dans les nombres, mort mystérieusement en apprenant la mort de son frère.

Madame Avrahamsky, son épouse aux requêtes de laquelle il ne pouvait résister.

Marie Toulouse, une jeune femme, dont la police finit par conclure qu'elle ne s'est pas suicidée mais qu'elle a été assassinée ainsi que d'autres jeunes femmes par un tueur en série.

Madame et monsieur Toulouse, parents de Marie et Mireille Toulouse.

Madame Espérandieu, la concierge qui apporte du réconfort à Marie Toulouse enceinte et abandonnée par son ami.

Le docteur Jean-Dominique Merveille, qui accepte de pratiquer une IVG sur Marie Toulouse. Un temps l'amant de celle-ci.

Gorf, un cracheur de feu, un temps soupçonné et arrêté pour le meurtre de Marie Toulouse.

Ulisse Del Valle, un peintre de la Renaissance, auteur notamment du chef d'œuvre qui représente l'intérieur de la bibliothèque de la tour de Babel à Babylone, qui possédait, affirmait Plotin de Carthage au VIème siècle de notre ère, la multitude des livres qui rassemblaient le savoir non seulement de l'époque mais de toutes les époques où grâce à son génie de la perspective il réussit à donner une image grandiose de ce que pourrait être l'infini.

Marcia Nogueira, croit avoir tué Sarah Rouihi, son ex-compagne et veut mourir. Elle croise la route de Marc Colondriand qui la «tue».

Marc Colondriand, pdg d'une entreprise d'informatique vit avec Claire Marfaly. Il est devenu par «ennui» un tueur en série.

Claire Marfaly, conseillère financière dans une agence bancaire, était la victime potentielle choisie par Marc Colondriand, responsable de la mort de Marie Toulouse et des meurtres d'Amanda Estébez, alias Alejandro Estébez, de Juliette Tancrédi une jeune serveuse d'un bar sur le port de Nice, ainsi que de celui de Marcia Nogueira.

Hèmery, capitaine de police sorte de Don Juan perpétuel est tombé sous le charme d' Esther Landin.

Esther Landin, alias Esther Karsky, vient de se séparer de Borme alias Pierre Karsky. Elle tente de « retenir » Hèmery.

Pierre Karsky, alias Borme professeur de lettres, spécialiste de Pascal vit à présent avec Hélène Santiago, ne peut s'empêcher de se sentir responsable de la mort de Marie Toulouse.

Hélène Santiago, professeure de sports, vit avec Borme, elle est une victime potentielle de Marc Colandriand qui a planifié son assassinat.

Gorbes, un ami de Borme a accepté d'aider sa femme, atteinte de myopathie à mourir.

Le juge Etienne Serbais, vit avec Bernard Danglois. Il est responsable de la rétrogradation des capitaines Bouchard et Hèmery au grade de lieutenant et d'une erreur judiciaire qui l'a profondément atteint.

Bernard Danglois, journaliste au quotidien Nice Soir, en charge des affaires de grande délinquance.

Le procureur Le Cairn, ami de Chaval, Hèmery et Bouchard a obtenu la réintégration dans leur grade de capitaine de Hèmery et Bouchard, première condition pour ensuite se suicider, la deuxième étant l'élucidation des meurtres mystérieux de jeunes femmes dont nous savons à présent qu'ils ont été commis par Marc Colandriand.

Mireille Toulouse, la sœur de Marie Toulouse, vient d' obtenir de Charles Trossimo le bras droit du chef du gang de «l'Atlandide » la possibilité de le quitter en l' aidant à s'évader.

Charles Trossimo, fiché au grand banditisme bras droit du chef du gang de « l' Atlantide » André Barcelmas

André Barcelmas, chef du gang de « l' Atlantide » ami d'enfance de Pierre Noglarimo que Charles trossimo n'hésite pas à exécuter quand il le sent tenté par une vie rangée.

Pierre Noglarimo, inamovible maire de Nice city

André Lornois, le nouveau patron du quotidien NICE SOIR

*

Et voici le nouveau fragment de ce récit qui concerne plus particulièrement, le procureur Le Cairn, la juge d'instruction Sarah Rouihi, les capitaines de police Bouchard et Hèmery ainsi que le médecin légiste et profileur Chaval

*

Dans le contre-jour des souffrances sans significations

Le procureur Le Cairn n'a pas pris la précaution de ranger son arme dans le premier tiroir à droite de son bureau. Elle gît à côté d'une pile de dossier tournée vers la porte. Son canon de 6 pouces luit à la lumière de la lampe. C'est un revolver Smith et Wesson de calibre 38 avec une poignée à plaquettes en bois de noyer que le procureur a utilisé pendant la seconde guerre mondiale et qui lui a sauvé la vie en plusieurs occasions grâce à sa précision, qui lui a servi aussi à abréger les souffrances d'un de ses lieutenants pendant la campagne de France.

Ils s'étaient réfugiés dans une grange pour se mettre à l'abri de la pluie incessante qui les baignait de sa paume ruisselante depuis la nuit précédente. Ils avaient retirés leurs uniformes trempés et ils tentaient de se réchauffer au feu qu'ils avaient réussi à allumer.

- Vous croyez que c'est fini mon commandant ?

- Oui, nous ne sommes plus en 1914... Une nouvelle bataille de la Marne n'est plus possible... Notre infériorité en engins blindés est trop grande.

- Et en avions.

- Oui et en avions. Nous avons soigneusement préparé une nouvelle guerre de 1914, tandis que les allemands à cause de leur défaite se sont posés la bonne question de son pourquoi et ont trouvé les bonnes solutions.

Ils pouvaient entendre au loin le hennissement des bombardiers en piqué allemands et le rugissement des bombes qui explosaient. Cela faisait à présent six jours que leur unité se repliait pour échapper à l'étau d'acier des escadrons blindés allemands. Au fur et à mesure, le nombre de soldats harassés, désespérés augmentaient et les désertions. C'était le sauve qui peut d'une armée et d'un pays vaincu, assommé par une défaite soudaine et d'autant plus inconcevable.

- Notre légèreté une fois de plus nous plonge dans la débâcle, remarque Le Cairn.

- Notre armée était pourtant considérée comme la plus forte...

- En tous cas pas par nos généraux ni nos hommes politiques. Sinon comment expliquer notre non-intervention lors de la remilitarisation de la Rhénanie en 1936 alors que nous n'avions pas hésité en 1923 à occuper la Ruhr pour faire rendre gorge aux boches qui refusaient de payer les dommages par eux causés...

- Nous n'avons pas reçu de la part des nos alliés anglo-saxons le soutien pour ce faire...

- Nos alliés ! Dès la fin des hostilités, ils n'ont eu de cesse par un soi-disant souci d'équilibre des forces en Europe de nous isoler et de protéger l' Allemagne. Un pays doit d'abord compter sur ses seules forces et ensuite par une diplomatie active se doter d'alliés sans se faire d'illusion sur la fermeté de leur engagement.

Pendant leur échange de propos, la pluie avait refermé sa paume. Ils avaient alors entendu l'arrivée du camion allemand. Ils n'avaient eu que le temps de bondir sur leur armes. Ils s'étaient engouffrés dans une bourrasque de tirs où ils avaient perdu tous repères. Le camion allemand avait était frappé de plein fouet par un obus. Il avait explosé en une pluie de ferrailles et de membres. Leur groupe lui-même avait été décimé par plusieurs grenades.

Le Cairn avait senti un liquide chaud qui coulait sur son visage. Il n'avait su que c'était son sang qu'en regardant ses mains qu'il avait portées à sa tête. A côté de lui, d'un tas informe de gravas sortait une voix qui criait :

- Achevez-moi, achevez-moi.

Il avait dégagé les gravas pour découvrir un homme défiguré qu'il n'avait pas tout de suite identifié. Du trou déchiqueté de ce qui avait été sa bouche sortait le cri qui finissait en gargouillis :

- Achevez-moi achevez-moi.

- Lieutenant, lieutenant, tenez bon ! Regardez-moi. Les secours vont arriver.

- Achevez-moi mon commandant, achevez-moi, s'il vous plaît.

Le cairn avait découvert que du lieutenant il ne restait que le tronc et la tête.

- Achevez- moi mon commandant, s'il vous plaît, s'il vous plaît, je souffre trop. C'est fini...

Il avait eu un râle et avait perdu conscience un instant qui avait permis à Le Cairn avec soulagement de comprendre qu'il n'y en avait que pour quelques minutes. Puis il avait rouvert les yeux. Il n'avait plus la force de parler, mais Le Cairn avait compris qu'il ne pouvait plus se dérober, qu'il devait faire face. Il avait pris son son revolver et avait tiré. Il avait cru percevoir juste au moment de la mort du lieutenant comme un contre-jour à ses souffrances. Cela ne l'avait pas rassuré.

- Belle arme, fait Hèmery entrant dans le bureau du procureur.

- C'est un Smith et Wesson, le modèle de l'armée américaine...

Hèmery saisit l'arme et la pointe vers la fenêtre par où s'éfaufile une lumière fuligineuse.

- En effet, un bel engin pour couper court à ses problèmes...

- Plutôt de manière un peu trop définitive...

Bouchard qui vient d'arriver lui demande :

- C'est ta nouvelle arme ?

- Non, elle appartient à Le Cairn...

- Depuis un grand nombre d' années... pour tout dire depuis la débâcle de 40... Je n'ai jamais voulu m'en séparer... On ne sait jamais...

- Oui, avec les armes on ne sait jamais, acquiesce Hèmery.

- On sait toujours plutôt ,rétorque Bouchard. Leur vocation est de tirer un trait définitif sur la vie pour peu que l'on ne soit pas trop maladroit,...sur la vie de ceux qu'on proclame aimer et que l'on hait... sur soi....

- Oui, sur soi approuve le procureur songeur.

- Sarah n'est pas encore là, ni Chaval, constate Bouchard.

- En effet, ils ne vont pas tarder. On peut commencer sans eux. Nous leur ferons un rapide compte-rendu, dit Le Cairn. Qui commence ?

- Moi, répond Hèmery. En fait nous sommes dans une impasse. Le dernier événement a fait s'écrouler notre château de cartes...

- Vous voulez parler de l'enlèvement de mademoiselle Santiago, demande le procureur.

- Oui, si nous sommes en présence de notre tueur en série. Pourquoi l'a-t-il finalement libérée ? Cela ne cadre pas avec son précédent cérémonial...

- Je vois. On peut émettre l'hypothèse que nous sommes en présence de deux individus différents. Qu'en pensent mademoiselle Rouihi qui instruit l'affaire et surtout Chaval. ? Vous savez, s'enquiert Le Cairn ?

- La juge d'instruction est comme nous un peu perdue, avance Bouchard. Quant à Chaval, nous ne savons pas trop, occupé qu'il a été par sa nouvelle compagne et son accident....

Sarah Rouihi arrive impromptue.

- Excusez mon retard messieurs, fait-elle en serrant la main du procureur et d'Hèmery et en embrassant Bouchard pour lui glisser à l'oreille :

- Est-ce que tu continues à m'aimer depuis hier soir ?

Bouchard hoche la tête en signe d'impuissance à lui fournir une réponse.

- Si je te disais que je suis enceinte …

- Et si tu constatais que mon corps se modifiait, que par exemple, mon ventre s'arrondissait...

Mais il est déjà arrondi !

- Tu penses que cela changerait quelque chose entre nous, si j'attendais un bébé...

Sarah Rouihi semble un instant suspendue à une scène qu'elle est la seule à voir avant de s'installer sur le fauteuil que Hèmery lui a présenté.

- Je vous ai interrompu, fait-elle, continuez s'il vous plaît....

- Il est question du problème que pose l'enlèvement de mademoiselle Santiago...

- Comme si nous n'avions plus à faire à notre tueur en série...mais à un autre individu, précise Bouchard qui a la surprise de déceler dans le regard de Sarah un point aveugle qu'il ne comprend pas parce qu'il n'a rien à voir avec ce qui les rassemble dans ce bureau du palais de justice.

- Si je te disais que je suis enceinte...

- Cela te plairait de savoir que tu vas de nouveau être père …

- Je crois que je suis enceinte de toi...

- Enceinte ?

- Oui...

- Tu es sûre ?

- Oui...

- Mais je croyais que tu continuais de prendre ta pilule !

- J'ai arrêté...

- Arrêté !

Chaval entre à son tour dans le bureau de Le Cairn, de manière un peu théâtrale. Il leur lance :

- Messieurs, bien le bonjour même s'il se montre un peu terreux.

- Comment va Myriam, pieux dépeceur de chair et d'os ? S'enquiert Le Cairn.

- On ne peut mieux. Elle se rétablit, pourfendeur du crime, lui répond Chaval. Et vous chevaliers à la poursuite du vice et du stupre vous supportez vos vies parmi toutes ces ignominies, ces impudicités, ces crapuleries ?

- On ne peut mieux, le singe Hèmery. Il y a beau temps que nous n'ignorons plus que l'homme est un loup pour l'homme !

- Hobbesien une fois, hobbesien toujours je vois, cher ami !

- Si je puis m'immiscer dans ces débats de haute granulosité philosophique, je reste totalement rousseauiste, l'homme naît bon, c'est la société qui le corrompt.

- Amen belle rousseauiste de mon cœur, tu permets Bouchard, fait Chaval en se tournant vers lui, qui hausse les épaules pour faire connaître qu'il n'en peut mais.

Chaval se laisse glisser dans le dernier fauteuil libre où il semble abandonner sa dépouille corporelle sous le regard de ses interlocuteurs interloqués par le contraste entre le Chaval plein de vie à son entrée et son ombre affalée dans le fauteuil.

- Je ne te quitterai pas Chaval... Excuse-moi...

- Tu n'as pas à t'excuser.

- Je ne voulais pas te quitter...

- Je sais.

- Je ne voulais pas mourir...

- Je sais.

- Je voulais que tu me redonnes la vie...

- Je sais. C'est fini à présent.

- Je ne voulais pas te faire de mal... Je ne savais plus comment m'y prendre...

- C'est fini à présent.

- Je voulais que tu me tiennes dans la paume de ta main...

- Oui.

- Si tu veux tu peux la serrer plus fort...

- Alors, Chaval qu'est-ce que vous en pensez, répète plus haute voix le Cairn pour attirer son attention. Nous sommes vraiment devant un problème ?

- Oui. Mais essentiellement à cause de la personnalité plus complexe que je ne pensais de notre tueur en série.

- Vous pensez donc que c'est lui qui a enlevé mademoiselle Santiago avant de la libérer ?

- Oui, d'où notre problème. Nous sommes en présence d'une personnalité complexe pour qui le meurtre n'est pas l'unique fin... Ce qui lui importe, c'est l'action dans laquelle il trouve un moyen de donner du sens à sa vie ,qui ne le satisfait pas ou plus assez. Au fond c'est un chasseur de sens. Pourvu qu'il puisse sortir des sentiers battus, pourvu qu'il puisse donner satisfaction à son désir de puissance, il est rasséréné. Il a besoin de défier cette société dans laquelle il se morfond. Peut-être que ce défi il le lance à son père pour lui prouver qu'il a eu tort de le juger comme il l'a jugé ?

- Il faut s'attendre donc à d'autres meurtres ou à d'autres enlèvements, remarque Sarah Rouihi.

- Oui. Il ne faut absolument pas lâcher notre proie pour cette ombre d'un individu autre.

- Il faut nous appuyer sur le témoignage de Karsky pour avancer dans notre enquête fait Hèmery.

- Nous devons raisonner comme si Karsky avait vu juste, ressenti juste, comme si le conducteur du 4X4 venu à sa rescousse lors de ce fait divers survenu à cette vieille dame et notre tueur en série et notre kidnappeur était le même homme. Nous n'avons pas d'autre choix de toutes façons.

Je pense que c'est une bonne hypothèse de travail, conclut le procureur. Madame la juge, messieurs je souhaite que vous puissiez aller jusqu'au de cette enquête... Pour moi, c'est comme une question de vie ou de mort.

- Mon commandant, mon commandant, achevez-moi, achevez-moi, Je n'en peux plus...

d- Mon commandant, je n'en peux plus, je souffre trop.... pour rien... Achevez-moi.

Il hurle avant de perdre connaissance. Au bout d'un moment comme infini il rouvre les yeux, Le Cairn sait qu'il ne pourra plus échapper à cette obligation qu'il a d' éteindre ce feu monstrueux de souffrances sans signification qui dévore le lieutenant.

Quand il tire, il croit percevoir ou désire percevoir juste avant qu'il meurt dans le regard du lieutenant comme un contre-jour à ses souffrance sans signification. Cela ne le rassure pas.

Arrivée avec Bouchard devant son bureau, Sarah Rouihi ouvre la porte, se retourne, s'accote au chambranle et lui dit :

- On se voit sans faute ce soir, Bouchard.

- Oui, je passe te prendre et on pourrait aller au cinéma...

- Mais avant, j'aurais quelque chose d'important à te dire...

- D'important ?

- Oui, je crois.

- Rien de grave, j'espère...

- Non, rien de grave mais important...

- Si je te disais que je suis enceinte...

- Tu penses que cela changerait quelque chose entre nous si j'attendais un enfant...

- Si tu constatais que mon corps se modifiait, que mon ventre, par exemple, s'arrondissait...

Bouchard plonge son regard dans celui de Sarah. Il y découvre ce point aveugle qu'il a déjà perçu dans le bureau du procureur et qui le met mal à l'aise. Il lui demande dérouté :

- Cela nous concerne ?

- Oui. Mais te t'inquiète pas, ce n'est pas grave...

- Tu ne peux pas me le dire maintenant ?

- Je, je ne sais pas...Je ne préfère pas... ce soir... ce sera mieux...

- Bon... Mais je ne vais pas vivre de toute la journée...

- Excuse-moi lui dit-elle en mettant sa main sur son cœur, ce n'est pas ce que je voulais... A ce soir.

- A ce soir.

Elle entre dans son bureau dont elle ferme la porte comme à regret. Il reste planté incertain dans le couloir. Va-t-il la relancer pour qu'elle lui dise ce qu'elle a dit qu'elle avait à lui dire et qu'elle n'arrive pas à lui dire ? Il décide de n'en rien faire parce qu'il craint de la mettre à mal.

Il quitte le palais de justice avec Sarah qui ne cesse de lui dire : " J' aurais quelque chose d' important à te dire...", comme un brouillard froid qui l' enserrerait.

 

Hèmery en sortant du bureau du procureur, une fois seul se décide à appeler la jeune femme qu'il a rencontrée la veille dans un pub et de qui il a obtenu le numéro de téléphone.

- Allo ! Soléna, c'est moi, Hèmery, vous vous rappelez ?

- J'ai pensé que nous pourrions nous revoir ce midi...

- Oui, on pourrait se retrouver à « La table enchantée »...

- A tout à l'heure donc.

Il est soulagé. Il a franchi le pas. Il ne pouvait plus y tenir. Il fallait qu'il revoit cette jeune femme en dépit d' Esther. Il fallait qu'il obtienne ce rendez-vous avec elle, de qui il sent encore le parfum vanillé qui mettait en valeur sa sensualité à fleur de peau hier soir, qui lui a fait oublier Esther envers qui il croit ne pas ressentir le moindre sentiment de culpabilité.

*

Voici le lien pour lire tous les fragments dans leur continuité :

http://fr.calameo.com/read/000195935a0b14aa2b402

Tag(s) : #Islam, #Nice city

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