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Voici un nouvel épisode de mon modeste récit policier. cette fois-ci il concerne Borme, alias Pierre Karsky et Hélène Santiago dont nous avons vu qu'elle avait été enlevée par Marc Colondriand.

*

"Et si on m'aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m' aime-t-on moi ? Non, car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi."...  "On n'aime donc jamais personne, mais seulement des qualités." Pascal "Pensées".  Mais songe Borme si je perds ma mémoire, je me perds moi et celui qui m' aime ne cessera pas de m' aimer.

"Et si on m'aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m' aime-t-on moi ? Non, car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi."... "On n'aime donc jamais personne, mais seulement des qualités." Pascal "Pensées". Mais songe Borme si je perds ma mémoire, je me perds moi et celui qui m' aime ne cessera pas de m' aimer.

*

Voyage dans la nuit noire vers une vie en lambeaux.

Elle est dans un hall immense d'un aéroport ou d'une gare avec un bruit énorme de forge. Elle ne sait pas ce qu'elle doit faire. Si elle tente de s'adresser à l'une quelconque des personnes qui se pressent dans cette immensité, elle n'y arrive pas. C'est comme si on ne la voyait pas, comme si elle était transparente ou plutôt qu'elle n'était qu'une ombre.

Elle voudrait hurler. Elle n'y arrive pas. Elle se met à courir. Plus elle court vite moins elle semble exister aux yeux des innombrables personnes qui se bousculent dans ce hall immense avec son bruit de forge énorme, assourdissant.

C'est Borme qui l' a entendue crier qui la sort de son cauchemar.

- Hélène, réveille-toi. C'est moi. Tu as fais un cauchemar...

Elle semble perdue. Elle ne comprend pas où elle est, qui elle est. Elle tremble de tout son corps. Il la prend dans ses bras et essaie d'arrêter son tremblement.

- Réveille-toi... Tu as fait un cauchemar... Tu comprends. Nous sommes à la maison.... Tu n'as rien à craindre... C'est fini...

Elle pleure.

- Hélène, calme-toi... Tu es avec moi.... C'est fini... Le cauchemar est fini...

- C'est toi Pierre ?

- Oui, c'est moi. Tu es avec moi. C'est fini. Le cauchemar est fini.

- Tu restes avec moi ?

- Oui. Je reste avec toi !

- J'ai froid.

- Ce n'est rien. Cela va passer... Rendors-toi... je ne te quitte pas. Tu peux essayer de dormir...

Elle se détend, ferme les yeux et laisse son corps prendre la forme de son corps.

Plus tard, il sent qu'elle s'est endormie. Il essaie de chasser son impuissance à éteindre les flammes de ses peurs. Il sait que cela lui sera difficile.

Pascal essaie de suspendre son manteau sur la patère du mur jaune, il n' y arrive pas, il s'affale sur le parquet d'où Il ne peut le ramasser. La douleur est trop forte qui le plie puis le froisse comme ce papier épais où il fait courir sa plume qui crisse et s'accroche rendant encore moins lisible ses phrases. Il est tout feu et souffrance.

« Mais celui qui aime quelqu'un à cause de sa beauté, l'aime-t-il ? Non, car la petite vérole, qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu'il ne l'aimera plus.

Et si on m'aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m' aime-t-on moi ? Non, car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi. Où est donc ce moi, s'il n'est ni dans le corps, ni dans l'âme ? Et comment aimer le corps ou l'âme sinon pour ses qualités, qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu'elles sont périssables ? Car aimerait-on la substance de l'âme d'une personne abstraitement, et quelques qualités qui y fussent ? Cela ne se peut et serait injuste. On n'aime donc jamais personne, mais seulement des qualités. »

Mais songe Borme si je perds ma mémoire, je me perds moi et celui qui m' aime ne cessera pas de m' aimer.

Elle est emprisonnée dans une caisse, un cube. Elle est recroquevillée. Il fait sombre. Tout est silencieux. Elle voudrait bouger mais elle est entravée, ses mains sont liées dans son dos. Elle ne peut pas tourner la tête à cause du collier qui enserre son cou. Elle a soif. Elle a du mal à respirer. Elle suffoque. Elle appelle au secours. Le silence absorbe ses cris.

Borme entend Hélène qui gémit. Il la voit s'agiter, trembler. Il la réveille doucement. Elle le regarde comme si elle ne le connaissait pas. Elle a l'air égaré.

- C'est moi, Hélène... C'est moi... Réveille-toi...

Elle semble ne pas comprendre. Elle est perdue.

- Tu as fait un cauchemar... Réveille-toi...

Elle frissonne.

- Réveille-toi... Tu as encore fait un cauchemar... Tu comprends. Nous sommes à la maison.... Tu n'as rien à craindre... C'est fini...

Elle pleure.

- Hélène, calme-toi... Tu es avec moi.... C'est fini... Le cauchemar est fini...

- C'est toi Pierre ?

- Oui, c'est moi. Tu es avec moi. C'est fini. Le cauchemar est fini.

- Tu restes avec moi ?

- Oui. Je reste avec toi !

- Prends-moi dans tes bras. J'ai froid.

Il la prend dans ses bras. Elle tremble. Il la serre un peu plus fort.

- Tu peux essayer de te rendormir, ou tu veux que nous nous levions ? lui demande-t-il.

- J'ai trop peur de me rendormir... Je préférerais que nous nous levions... j'ai peur de mes cauchemars... Quelle heure est-il ?

- 4 Heures du matin.

- C'est trop tôt ?

- Non.

Dans la cuisine il prépare du café.

Hélène s'est pelotonnée sur une chaise. Il la regarde. C'est comme si elle avait abandonné son corps comme une dépouille entassée.

- Tu veux du lait avec le café ?

Elle ne répond pas absente.

Puis elle dit :

- J'ai peur Pierre. Sortons.

Sur le boulevard, ils marchent lentement. Elle s'appuie contre lui. Il la sent angoissée.

- Ne me quitte pas. J'ai peur...

- Je ne te quitte pas.

- On peut s'asseoir ?

- Oui.

Elle a posé sa tête sur son épaule. Elle s'endort.

Elle se regarde dans la glace. Oui c'est bien elle, pense-t-elle. Mais elle a un doute. Elle prend son rouge à lèvres, elle enduit ses lèvres et largement leur pourtour comme si elle était un clown qui se maquillerait avant d'entrer en piste. Oui pense-t-elle à présent c'est bien moi.

Elle sort de la salle de bains ainsi grimée. Elle s'adresse à Borme :

- Comment tu me trouves ?

Il lève la tête. Il en hurlerait de rage, de son impuissance à la calmer, à éteindre en elle l'incendie de frayeurs qui la consume.

- Ce n'est pas un peu trop, fait-il.

- Tu crois ?

Il acquiesce de la tête.

- Ce n'est pas plutôt le contraire ?

Il ajoute devant son incertitude :

- Non, C'est bien comme ça.

Elle ne semble pas convaincue. Elle regagne la salle de bain. Elle scrute son visage dans la glace. Elle prend son rouge à lèvres , enduit ses pommettes, le bout de son nez, agrandit son sourire de clown et revient se planter devant Borme.

- Comment tu me trouves ?

Il hurlerait de rage de son impuissance à éteindre en elle l'incendie de frayeurs qui la consume.

- Hélène tu n'as pas besoin de ça...

- Comment tu me trouves Pierre, réponds.

- Je t'aime Hélène... Tu n'as pas besoin de ça...

- Tu veux me quitter ?

- Jamais de la vie.

- Ne me quitte pas, Pierre...

Il la prend dans ses bras.

- Je ne te quitterai pas Hélène... Tu n'as pas besoin de ça... de ce maquillage...

- C'est comme ça que je suis moi...

- Oui, je sais...

Il la conduit vers la salle de bains. Devant le miroir, ils sont côte à côte. Il prend son rouge à lèvres et s'enduit les lèvres, les pommettes le bout de son nez.

- Ce n'est pas mieux comme ça.

Son sourire de clown s'élargit.

- Oui, acquiesce-t-elle

C'est la première fois qu'elle reprend son footing. Elle n'a rien dit à Borme. Elle sait qu'il ne veut pas pour le moment qu'elle courre seule. Mais elle n'en a cure. Elle est une fille libre. Le soir a commencé à s'installer. Elle se dirige vers l'usine d'épuration. Au fur et à mesure qu'elle s'en approche, une sorte d'excitation se saisit d'elle. Est-ce qu'il sera là à l'attendre ? Est-ce que de nouveau il la saisira et la fera basculer à l'arrière de son 4X4 ? Est-ce que de nouveau il l'enfermera dans ce réduit sans lumières, entravée ? Est-ce que de nouveau il la laissera sans manger, sans boire pendant toutes ces heures ?

Elle arrive à l'endroit exact où elle a été kidnappée. Il n'y a personne. Elle est un peu déçue. Elle s'arrête, scrute les alentours. Elle entend le moteur d'une voiture proche. Est-ce que c'est lui ? Non, la voiture s'éloigne.

Elle reprend son footing. Peut-être qu'au retours il sera là ? De nouveau une certaine excitation mêlée d'angoisse occupe ses pensées. Elle courre comme si ce n'était pas elle mais une autre et qu'elle se voyait courir.

Au retour, en approchant, elle voit une voiture garée devant l'usine d'épuration presque à l'endroit où elle a été enlevée. Son cœur bondit. C'est lui ! Cette fois-ci elle ne se laissera pas faire ! Elle le démasquera ! Elle lui fera subir ce qu'il lui a fait subir. Elle frissonne de colère tandis qu'elle accélère sa course. Lorsqu'elle arrive à hauteur de la voiture, elle constate qu'elle est vide. Elle est déçue. Elle observe autour d'elle. Peut-être n'est-il pas loin ? Elle espère qu'il surgira de la pénombre. Elle attend avec fièvre. Personne ne vient. Elle est déçue. Elle reprend son jogging.

Elle reviendra demain. Peut-être sera-t-il là ? S'il l'espionne, il s'est rendu compte que jusqu'à présent elle n'était jamais seule. Maintenant, il doit savoir qu'elle a repris son jogging seule. Demain, il sera peut-être là... Elle a hâte d'y être...

Une fois rentrée, toute son excitation retombe. L'angoisse qui l'enveloppe comme une seconde peau depuis ce jour où elle a été agressée resserre son étreinte. Elle étouffe. Elle arrache ses vêtements et fait couler un bain. Pendant que l'eau emplit la baignoire, elle décide de se couper les cheveux. Au fur et à mesure que le mèches s'accumulent dans le lavabo, elle se reconnaît de mieux en mieux. Pour finir elle saisit le rasoir de Borme et se rase entièrement la tête. Oui, c'est bien elle ainsi, sans ces cheveux qui la déguisaient.

Elle se plonge dans l'eau chaude. Son angoisse se dilate et desserre son étreinte. Elle se sent mieux. Pour la première fois depuis sa libération le désir perdu de faire l'amour lui revient. Elle se caresse doucement, étonnée par cette sensation perdue de désir sexuel. Puis elle se masturbe jouant avec son clitoris qu'elle titille ou presse avec ses doigts. Au moment où elle va jouir, elle s'enfonce violemment la main entière dans la vulve. La douleur remplace la jouissance. Elle serre la main en poing qu'elle fait pivoter dans son vagin, accentuant la douleur qu'elle rend encore plus aiguë en s'arrachant de la vulve ce poing fermé.

Dans la nuit qui commence, blottie contre le corps de Borme dont elle sent le désir, elle se résout à prendre avec sa main sa verge et commence à le masturber. Il lui caresse les seins. Elle se cambre tout en continuant son mouvement de va et vient le long de la verge. Il descend vers son pubis et lui effleure le clitoris avant de le saisir entre ses doigts et de le cajoler. Elle se raidit. Il enfonce son index dans sa vulve. Il se rend compte qu'elle se force pour accepter cette intrusion. Il arrête, se dresse sur un coude et scrute son visage aux yeux clos. Son crâne fraîchement rasé luit dans la pénombre. Elle a abandonné sa verge et s'est légèrement écartée de lui.

Il lui diemande:

- Cela ne va pas ?

Elle répond :

- Non, excuse-moi...

Il dit :

- Non quoi , Tu n'as pas envie ?

Elle dit :

- Non, oui. Je ne sais pas... Je croyais...

Il dit :

- Ce n'est pas grave.

Elle dit :

- Oui... Non... Je ne sais pas...

Il dit :

- On va dormir. Ne t'inquiète pas...

Elle dit :

- Excuse-moi...

Il dit :

- De quoi...

Elle dit :

- De tout ça... de m'être rasée la tête...

Il dit :

- Ce la ne me choque pas... Si tu en as eu envie...

Elle dit :

- De ne plus pouvoir faire l'amour avec toi...

Il étouffe de rage de ne pouvoir éteindre en elle les flammes de ses angoisses.

Il dit :

- Je t'aime quand même...

Elle dit :

- Tu ne m'en veux pas ?

Elle tremble. Il sait que ce n'est pas une question de température.

- Approche-toi, viens dans mes bras.

Il dit :

- Tu veux que l'on essaye de dormir ?

Elle dit :

- J'ai peur de faire ces cauchemars.

Il dit :

- Ne t'inquiètes pas. Je te réveillerai...

Elle dit :

- Ne me quittes pas...

Il dit en essayant de contenir cette fureur de ne pouvoir éteindre l'incendie de ses angoisses :

- je ne te quitte pas. Tu peux essayer de dormir...

Elle se détend, ferme les yeux et laisse son corps prendre la forme de son corps.

Il sent qu'elle s'est endormie. Il essaie de chasser son impuissance à éteindre les flammes de ses peurs. Il n'y arrive pas.

- Pierre, I can't stand it any longer ! Je n'en peux plus !

- Viens à mon secours !

- Tu courais derrière moi. Pourquoi tu n'étais pas à mes côtés ?

- Pierre, aide-moi !

- Pierre , je suis là ! Viens à mon secours ! Je n'en peux plus ! Je crois qu'il va me tuer !

- Pierre, j'ai besoin de toi ! I can't stand it any longer ! Help me !

- Pierre, au secours ! Je crois qu'il va me tuer ! Viens à mon secours !

- Je suis là ! Je suis là !

- And now ?

- I'm crying...

- How stupid I was ?

- Qu'espérais-tu ?

- I don't know... Pas ça...

- And now ?

- I can't stand it any longer!

- Je n'en peux plus !

- What did you hope ?

- I don't know...

- My husband accuses me of not having been virgin...

- I can't stand it any longer !

- Je n'en peux plus !

- Tu courais derrière moi. Pourquoi tu n'étais pas à mes côtés ?

- Pierre, aide-moi !

- Pierre , je suis là ! Viens à mon secours ! Je n'en peux plus ! Je crois qu'il va me tuer !

- It's a monstrous lie...

- He threw on my sari petrol and he set it on fire... I was burning... burning like some newspaper...

- Like some newspaper ?

- Yes.

- Digame !

- Me gusta mucho !

- It please me a lot !

- I was burning...

- Me gusta mucho !

- Estaba quemando...

- It please me a lot !

- I was burning ..

- Me gusta mucho...

- Y después ?

- I don't konw.. I was burning and nobody was aiding me...

- I was burning like some newspaper.. I was shouting for help... My husband struck me... I got out from the kitchen... In the street, I was shouting for help... but everybody was afraid...

- And your husband ?

- He was running after me.. He was calling on me... Sélima, Sélima...

- Te gusta ? Digame ! Como ? Digame !

- Me gusta mucho !

- It please me a lot !

- La feuille Absence quitta l'arbre Crépuscule dans l' automne qui advenait...

- Pierre, j'ai besoin de toi ! I can't stand it any longer ! Help me !

- Perre, au secours ! Je crois qu'il va me tuer ! Viens à mon secours !

- Je suis là ! Je suis là !

- I was burning like some newspaper...

- La brise Blessure la portait dans ses doigts d'air subtil...

- I was shouting for help...

- L'arbre Crépuscule lui dit de ne pas se raidir...

- My husband was running after me...?

- And now ?

- Pierre, viens à mon secours !

- Tu courais derrière moi. Pourquoi tu n'étais pas à mes côtés ?

- Pierre, aide-moi !

- I can't stand it any longer ! Je n'en peux plus...

- Je n'en peux plus...

- Je n'en peux plus...

- je n'en peux plus...

Ad libitum.

*

Le récit dans sa continuité :

http://fr.calameo.com/read/000195935a0b14aa2b402

*

Tag(s) : #Nice city

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