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Aujourd'hui retour à Nice city avec un nouvel épisode.

Pour mieux le comprendre il faut vous rappeler ce qui est arrivé à Myriam, déchirée entre son attachement pour Chaval et son désir irrépressible de partir :

http://fablehaikus.over-blog.com/chacun-a-sa-musique-propre-qui-ne-peut-%C3%AAtre-entendue-que-par-celui-ou-celle-de-qui-il-entend-la-musique

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 Il a un regard qui redonne la vie, qui vous réchauffe le cœur, qui redonne la vie à votre corps sans vie, qui vous rassure, qui vous prouve que vous êtes aimée, que cela vaut la peine de vivre puisque vous n'êtes plus seule, puisque vous êtes le tout d' un autre, la vie pour un autre qui vous donne la vie parce que vous la lui donnez en retour.

Il a un regard qui redonne la vie, qui vous réchauffe le cœur, qui redonne la vie à votre corps sans vie, qui vous rassure, qui vous prouve que vous êtes aimée, que cela vaut la peine de vivre puisque vous n'êtes plus seule, puisque vous êtes le tout d' un autre, la vie pour un autre qui vous donne la vie parce que vous la lui donnez en retour.

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Voyage dans la nuit noire vers la mort

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Voilà elle est arrivée. Il y a un immense ciel d'un bleu profond sans étoiles. Dans cet immense ciel vertigineux de profondeur, se meuvent des flocons de nuages d'un blanc d'une blancheur qu'elle ne connaît pas, différente de celle d'avant, d'avant ce voyage qu'elle a entrepris. Il y règne

un silence lui aussi qu'elle ne connaît pas, mais qui n'a rien d'inquiétant et qui l'enveloppe comme une main tandis qu'elle s'y glisse.

Elle peut apercevoir au loin, très loin au-dessus des nuages, dans la profondeur du ciel bleu des êtres lumineux comme des flammes qu'elle perçoit comme des anges qui l'observent et qui lui parlent sans qu'ils prononcent le moindre mot audible mais qu'elle entend en elle et qui la rassurent.

Même si elle n'était pas inquiète, ces mots qu'elle n'entend pas résonnent en elle comme une berceuse de son enfance que lui chantait sa mère pour qu'elle oublie les cris de son père et qu'elle puisse entrer dans la nuit et dormir d' un sommeil sans cauchemars. Elle sait que les anges lui demandent de venir.

Dans le silence bruit la mélodie de ce que faute de mieux elle pense être des anges qu'elle n'entend pas mais qu'elle voit. C'est comme si elle était devenue un de ces anges, comme si elle participait à ce chant arachnéen dont elle ressentait sur sa peau et en elle le souffle et la douceur.

Au fur et à mesure de ce voyage dans ce monde de nuages d'une blancheur limpide qui a pénétré en elle, au milieu de ces êtres lumineux, comme des anges ou des papillons scintillants qui tissent entre eux cette toile de notes en quoi elle s'est métamorphosée, elle est de plus en plus apaisée.

Au-dessous, très loin, elle peut voir dans une chambre faiblement éclairée un lit. Sur ce lit un corps sans vie relié à tout un appareillage d'écrans où courre une ligne bleue rectiligne. Elle sait que c'est son corps qu'elle vient de quitter pour entreprendre ce voyage sans lui.

A côté du lit, dans un fauteuil, un homme lui parle. Elle reconnaît Chaval. Elle ne peut entendre ce qu'il lui dit. Il a l'air apaisé, comme s'il était sûr qu'elle entendait ce qu'il lui murmure. Mais elle ne l'entend pas. Elle en serait presque inquiète, s'il n'y avait pas autour d'elle maintenant ces anges, ces papillons dont elle fait partie dont elle ressent ce chant d'amour pour elle.

Elle est plus loin encore dans la profondeur de ce ciel d'un bleu presque noir maintenant. Les nuages se sont dissipés. Un à un les êtres de lumière, ces anges ou ces papillons scintillants se sont éteints, leur toile mélodieuse s'est envolée.

Au loin, très loin, elle peut voir une chambre faiblement éclairée. Dans un lit, son corps sans vie qui n'a pas bougé, toujours relié à tout cet appareillage d'écrans ou courre une ligne bleu rectiligne.

A côté du lit, Chaval qui s'est levé de son fauteuil, qui a pris une de ses mains, qui a approché son visage du sien et qui dépose sur ses lèvres un baiser dont elle ressent la douceur de manière incorporelle mais évidente dans tout son être, puisqu'elle a quitté son corps, puisqu'elle est devenue ce papillon, cet ange scintillant qui glisse dans le silence du ciel immense sans étoiles.

A une distance incommensurable elle a commencé à voir une lumière qui l'attire parce qu'elle sait qu'elle y trouvera la mort douce qui l'attend. Elle n'a pas peur. C'est comme si elle plongeait déjà dans cette lueur annonciatrice de sa nouvelle vie.

Elle est encore plus loin dans ce ciel devenu d'un noir profond qui a perdu sa nuance de bleu. Elle s'est rapprochée de la lueur chatoyante dont elle ressent la douceur à l'intérieur d'elle-même comme une bruine qui adoucirait sa soif.

A côté d'elle est apparu un visage, celui d'un homme au regard lumineux d'empathie qui lui parle, non pas seulement un regard d'empathie se rend-elle compte, mais d'amour, mais d'un amour au-delà de l'amour qu'elle ne peut décrire mais qu'elle comprend et qui la rassure parce qu'elle est cet amour.

Elle peut deviner très loin au-dessous d'eux, la chambre toujours faiblement éclairée. Dans le lit, elle ne voit plus son corps. Elle ne s'en inquiète pas. Elle vit dans un monde de certitude rassurante qui éloigne d'elle toute inquiétude. A côté du lit il y a toujours ce fauteuil où est assis Chaval et qui lui parle comme s'il ne s'était pas rendu compte qu'elle n'était plus là, comme si d'avoir laissé son corps pour ce voyage l'entretenait dans cette illusion qu'elle allait revenir, qu'elle allait lui redonner vie.

Son corps elle peut l'apercevoir, il marche de long en large dans l'espace de la chambre comme une sentinelle qui monterait la garde pour veiller à ce qu'elle ne s'en aille pas définitivement, à ce que son âme ne s'en aille pas définitivement.

Elle est de plus en plus loin dans ce ciel qui est devenu comme un tunnel, un trou noir avec toujours au loin cette lumière au-delà de la lumière, qui est sa certitude.

Elle demande à l'homme qui est à ses côtés :

- Où suis-je ?

- Qu'est-ce qui m'est arrivée ?

- Je suis vivante ou morte ?

Il répond avec cette voix au-delà de la voix qu'elle n'entend pas mais qu'elle sent en elle :

- Tu n'as pas à avoir peur ?

- Tu es ici.

- Je t'aime.

- Je ne te laisserai pas.

- Tu ne me laisseras pas répète-t-elle avec toute sa certitude.

- Je ne te laisserai pas répète-t-il avec toute sa certitude.

Tout en bas au loin, elle peut voir la chambre faiblement éclairée. Dans un lit, il y a un corps. A coté du lit, un fauteuil. Un homme est assis qu'elle connaît, dont elle connaît le visage avec ce regard d'empathie, plus encore d'amour, non ce n'est pas le mot exact. Elle cherche le mot exact. Elle ne le trouve pas.

L'homme qui est à ses côté dans ce tunnel, ce trou noir dans lequel ils glissent vers cette lumière au-delà de la lumière dit :

- Je t'aime.

- Je ne te laisserai pas.

Elle répète avec toute sa certitude à lui qui est la sienne aussi :

- Tu ne me laisseras pas.

En bas, l'homme qui lui parle dont elle n'entend pas les mots qui pourtant lui caressent le cœur lui dit :

- Je t'aime.

- Je ne te laisserai pas.

- Je n'abandonnerai pas ce cadeau inouï que tu m'as fait.

- Tu m'as transformé de dépeceur en donneur de vie.

- Je te donne la vie.

- Je t'aime.

- Je sais que tu ne peux m'abandonner.

Il doit la regarder avec ce regard qui redonne la vie. Oui c'est cela. Elle est heureuse. Elle a trouvé. Il a un regard qui redonne la vie, qui vous réchauffe le cœur, qui redonne la vie à votre corps sans vie, qui vous rassure, qui vous prouve que vous êtes aimée, que cela vaut la peine de vivre puisque vous n'êtes plus seule, puisque vous êtes le tout d' un autre, la vie pour un autre qui vous donne la vie parce que vous la lui donnez en retour.

Voilà, ils ont atteint la lumière au fond du trou noir. Une explosion de sensations, de bonheur, et de plénitude la traverse.

En bas, la ligne rectiligne bleue a commencé à se briser. Myriam ouvre les yeux. Grâce à la faible lumière, elle n'est pas obligée de cligner des yeux, d'autant qu'elle a encore dans son regard cette explosion de certitude de vivre, de bonheur de vivre qu'elle vient de ressentir.

Chaval tient sa main. Elle exerce une pression pour lui dire qu'elle est de retour. Il la regarde avec ce regard qui redonne la vie, qui lui a redonné la vie. Elle doit avoir, pense-t-elle ce même regard qui redonne la vie qui lui a permis de lui redonner la vie, sa vie en retour.

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Pour lire le récit dans sa continuité :

http://fr.calameo.com/read/000195935a0b14aa2b402

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Tag(s) : #Nice city

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